Kola Loka, salut les Cubains

dimanche 3 mars 2013

Né à Panama au début des années 90, le Regueton, mélange original de hip-hop, Dancehall et musique latine est rapidement devenu une tendance mondiale très en vogue.

À Cuba, les jeunes musiciens de l’île avaient déjà inventé leur propre version de ce genre musical : le Cubaton. Ils y ont ajouté toute l’opulence mélodieuse caractéristique de la musique cubaine.

Grâce à son premier tube, « El Calentico », le groupe Kola Loka a vite gagné en popularité. « Au début, beaucoup de gens pensaient que nous étions originaires de Porto Rico ou de Panama », se souviennent-ils. Kola Loka a tourné en Europe et aux États-Unis en plus de collaborer avec de nombreux artistes célèbres de la scène Regueton, tels que El Micha ou encore Marvin Freddy.

Kola Loka, salut les Cubains


Par François-Xavier Gomez (Libération, 24/02/2013)

Fort de ses trois albums, le groupe de Santiago exporte son reggaeton impertinent en France.

Le nom du groupe n’est pas un jeu de mots sur une boisson gazeuse, mais sur une colle extraforte fabriquée au Mexique. Parce qu’à Cuba, quand un titre marche à la radio, on dit qu’il est pegao (« collé »).

Mercredi au New Morning, Kola Loka donnait son premier concert parisien, après des prestations à Toulouse et à Lyon en 2010. Accompagné d’un DJ, le trio a balancé les refrains cocasses qui ont fait de lui la sensation reggaeton (rap-ragga en espagnol) à Cuba.

Yasser Robinson, directeur du groupe, a formé Kola Loka en 2001, avec son frère Yair et Angel Torres, à Santiago de Cuba, la deuxième ville de l’île. « Angel et moi, pendant notre service militaire en rase campagne, nous amusions à parodier les chansons à la mode », explique le leader. A l’époque, le reggaeton cubain (rebaptisé depuis cubaton) faisait ses premiers pas, avec le chanteur Candyman. « Le genre est né à Santiago, précise Yasser Robinson, grâce à l’influence de la base américaine de Guantánamo, toute proche. Il y a aussi les radios jamaïcaines que l’on capte par la proximité, et des influences africaines apportées par les étudiants en médecine : les Angolais ont fait découvrir le kuduro et le kizomba, inconnus à La Havane. »

Allusion. Après le succès d’un premier concert, le trio se met sérieusement à travailler, sans lâcher les études. « Pendant longtemps, nous n’avons disposé ni d’instruments ni d’ordinateur, poursuit Yasser Robinson. J’imaginais une mélodie, je la chantonnais à un ami équipé en informatique, qui nous faisait une piste son. D’ailleurs nous travaillons toujours comme cela. »

En 2009, avec plusieurs tubes à son actif, Kola Loka émigre vers La Havane, à 1 000 kilomètres de Santiago. « Nous nous sommes soumis à une évaluation officielle qui nous a permis de passer professionnels », ajoute Yasser. A partir de là, la radio et la télévision commencent à diffuser les chansons du groupe, proches par l’esprit ironique et impertinent, le goût de l’allusion coquine et du double sens, des vieux chanteurs traditionnels, tels Ñico Saquito ou Compay Segundo. Sont ainsi tournés en dérision les babalawos (prêtres de la santeria, une religion africaine) qui combattent le mauvais œil en plumant les adeptes trop crédules.

Au New Morning, le groupe proposait un nouveau refrain, inspiré de l’actualité : « Dieu fasse qu’on m’accorde le visa, pour que je puisse m’acheter un pantalon et une chemise. » Allusion à la levée des restrictions pour les voyages à l’étranger, synonyme pour les Cubains d’accès non pas à la démocratie, mais à l’univers de la consommation, eux qui vivent dans une société de pénurie.
« Polémique ».

Les deux premiers CD de Kola Loka ont circulé à Cuba, comme presque toute la musique, de façon pirate. Seul le dernier, Hay Kola Loka para rato, a été édité par une compagnie d’Etat, Bis Music, pour la vente aux touristes. « Quand j’ai un nouveau disque, je le distribue aux vendeurs des rues, explique Yasser Robinson, pour qu’ils le copient. Je ne gagne rien, mais ça diffuse notre musique. »

A l’automne, les autorités ont lancé une offensive contre le reggaeton, accusé de vulgarité et de sexisme. « Certains vont beaucoup trop loin, admet le directeur de Kola Loka. Il y a des mots tels que kimba (« la baise ») ou toto (« la chatte ») qu’on ne peut pas employer dans des chansons qu’écoutent des enfants. Hélas, la polémique rejaillit sur les artistes qui n’ont jamais versé dans la grossièreté, comme Gente D’Zona, El Micha, ou nous. »

Présentation du New Morning :

http://www.newmorning.com/20130220-2655-Kola-Loka.html

Posté par Michel Porcheron


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