20e anniversaire de la Fondation Alejo Carpentier

vendredi 29 mars 2013

LA Fondation Alejo Carpentier a 20 ans. Ses principaux objectifs : promouvoir l’étude et la diffusion de l’œuvre d’Alejo et contribuer au développement de la culture cubaine, se sont réalisés et le projet ne cesse de grandir.

• Un projet culturel qui ne cesse de s’enrichir

MARTA ROJAS

Cette Fondation est née de la générosité de Lilia Esteban de Carpentier. Quand fut célébré le centenaire de celui qui fut le premier prix Cervantes de langue espagnole en Amérique latine, Lilia, sa veuve, reçut une lettre qu’elle a pu apprécier jusqu’à son dernier souffle ; son auteur en était le commandant en chef Fidel Castro, qui, dans l’un des paragraphes, déclarait :

« Chère Lilia, à l’occasion du centenaire d’Alejo Carpentier, je voudrais vous témoigner la gratitude, l’affection et l’admiration que continuent d’éveiller en nous, la création et la conduite de celui qui fut votre inoubliable compagnon, auteur d’une œuvre monumentale, que vous vous attachez à préserver et à défendre avec une loyauté exemplaire. (…) Il y a maintenant un quart de siècle de cela, en le remerciant pour ce geste noble et magnifique d’avoir remis à notre gouvernement l’intégralité du montant du prix Cervantes, j’avais affirmé que son œuvre et sa conduite perdurerait plus que tout autre symbole  ».

En 1993, Lilia, héritière universelle de ce grand des Lettres, a fait débloquer tous les biens hérités, en y intégrant les droits d’auteur d’Alejo Carpentier, à Cuba et à l’étranger, afin de créer la Fondation qui porte le nom du plus universel des écrivains cubains.

Cette Fondation fut le prolongement du Centre Carpentier dans les années 80. Un espace qui, d’une certaine manière, est né avec la création d’une bibliothèque ambulante contemporaine, spécialisée dans la meilleure littérature mondiale, assurant des activités communautaires et aussi la publication de la revue Iman. La Fondation Alejo Carpentier a promu avec force ces activités et bien d’autres projets du Centre, tels que la création des bourses Razon de ser, qui octroient une aide économique aux écrivains pour la réalisation de leurs œuvres.

En tant qu’organisation non gouvernementale (ONG), la Fondation, durant ces vingt années, aux prises avec le blocus imposé par le gouvernement des États-Unis, a été quelquefois limitée, mais Lilian Esteban n’a pas renoncé à maintenir et développer les objectifs pour lesquels la Fondation fut créée. Par ailleurs, elle a inauguré un fonds orienté vers les enfants et les jeunes, avec l’appui du centre de documentation du comité cubain de l’Ibby ; elle a aussi décidé d’organiser le programme culturel communautaire, Hoy vamos a leer (Aujourd’hui, nous allons lire).

L’impression de textes fondamentaux de Carpentier, financée par la Fondation, tels que Vision de América, et l’édition en fac similé du Royaume de ce monde (El reino de este mundo), entre autres, se distinguent sur le terrain des publications, tout comme la publication de dix volumes de Letra y Solfa, ainsi que, en partenariat avec l’Institut cubain du livre, la publication de quelques textes épuisés de l’écrivain comme Tristan e Isolda en tierra firme et La ciudad de las columnas, pour ne citer que ces deux titres.

La Fondation s’est également engagée dans diverses collaborations et échanges avec l’Université de La Havane, notamment dans sa politique préprofessionnelle pour la formation de bibliothécaires et des étudiants de la Faculté de Communications. Elle s’est aussi rapprochée étroitement du projet Ruta y Andares, dirigé par le Bureau de l’Historien de La Havane. De même, elle intervient dans de nombreux événements internationaux et diverses présentations de livres d’auteurs cubains.

À la disparition de Lilia, Graziella Pogolotti, très étroitement liée avec Alejo Carpentier depuis l’enfance, puis avec Lilia, a su poursuivre, non sans difficultés, – conséquence quasi exclusive du blocus et des banques –, cette mission, avec l’imagination et l’énergie qui la caractérisent. Deux sièges de la Fondation ont été créés : le premier, à La Vieille Havane, dans l’ancienne maison de la comtesse de la Réunion, qu’Alejo Carpentier avait choisie comme l’une des scènes de son roman Le siècle des lumières, et l’autre, lieu de résidence de Carpentier et Lilia, dans la rue E du Vedado, entre 11 et 13, désigné comme le siège de la présidence de la Fondation et le bureau de spécialisation.

En accord avec l’Institut du livre, la Fondation a publié et poursuit la publication d’œuvres de Carpentier : l’une d’entre elles, a été récemment présentée, l’édition commentée d’Ecué-Yamba-O. L’une des nouveautés les plus remarquables pour les lecteurs, a été certainement, Les Lettres de Toutuche, une correspondance inhabituelle entre l’auteur et sa mère. La Dr Gaziella Pogolotti signale à Granma que Le journal du Venezuela (1951-1957) est prêt à être remis à l’Institut du Livre.

D’autres maisons d’édition, comme Boloña ont pris en charge Los pintores escriben (Les peintres écrivent) ; l’UNEAC aura pour mission de publier le cycle de conférences parrainé par la Fondation : Los olvidados de la Republica (Les oubliés de la République), et Arte cubano a imprimé Color de Cuba : Portocarrero (Couleur de Cuba, Portocarrero). La Fondation n’exclut donc aucun courant culturel ; elle participe ainsi à l’éducation culturelle de la population, à travers la littérature, la peinture, la musique et les travaux journalistiques d’Alejo Carpentier, ainsi que par des diffusions sur sa vie et son œuvre. Elle a aussi pu compter sur la presse, à laquelle elle exprime toute sa reconnaissance : Granma, Juventud Rebelde, Revolucion y Cultura, Cine Cubano, Casa, La Jiribilla, Cubadebate, Siempreviva, ainsi qu’à la radio et la télévision et bien d’autres médias provinciaux.

Ce 20e anniversaire de la Fondation est l’occasion de souligner la diversité et la profondeur du travail de cette institution. Malgré le nombre réduit de son personnel, son efficacité n’est plus à prouver. À ses deux sièges d’Empedrado et de la rue E, elle reçoit toute l’année des milliers d’intellectuels du monde entier. Il est d’ailleurs intéressant de souligner qu’une majorité de ces étrangers, selon Graziella Pogolotti, sont des Nord-américains, suivis d’Européens et d’Asiatiques.

Pour elle, un seul point fondamental reste en suspens, le rêve caressé par Lilia Esteban : la question de la publication de l’œuvre de Carpentier dans la collection de La Pléïade, chez la maison d’édition Gallimard, réservée aux écrivains classiques universels. Graziella précise que ce ne fut pas le fait de la Fondation ni de Gallimard directement, mais du retard apporté dans la remise du précieux matériel par la maison d’édition engagée pour ce faire il y a des années, ce qui certainement entraînera le remplacement de celle-ci.

C’est ainsi que la Fondation a concrétisé ce que Fidel exprimait dans sa lettre à Lilia Esteban, le 26 décembre 2004 :

« J’ai en moi la conviction que la prouesse pour atteindre une culture générale complète, processus dans lequel notre pays est engagé corps et âme, assure pour l’avenir, à l’œuvre d’Alejo Carpentier, des lecteurs chaque jour plus cultivés et des citoyens solidaires qui honoreront éternellement sa mémoire ».


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