Le mystère d’Ernest Hemingway…

dimanche 7 juillet 2013
par  RG

De nombreuses années après sa mort, Ernest Hemingway démontre avoir raison. Ceux qui ne l’ont pas cru le regrettent, il fut nécessaire qu’une partie des archives du FBI soient déclassifier pour lui donner crédit. C’est en ce moment que, pour certains, sa mort a eu un sens et sa vie s’est révélée fascinante dans toute son ampleur. On a aussi constaté que d’autres aspects pourraient sortir à la lumière ou que ceux-ci pourraient être vérifiés. Mais où pourraient être les solutions des énigmes toujours sous-jacentes ? Peut-être dans sa correspondance ? Alors, où se trouve ce qui pourrait nous révéler les mystères qui entourent l’écrivain ?

Un article d’Ivette Fernández Traduit par Alain de Cullant

Pour la revue numérique LETTRES DE CUBA

Pourquoi Mary Welsh a-t-elle brûlé une partie de documents de son mari après sa mort ?

Depuis 48 ans, des milliers de documents, entre lettres, cartes postales, manuscrits et écrits tapés à la machine, gardant la vie quotidienne du Dieu de bronze de la littérature étasunienne : Ernest Hemingway, ont été maintenus loin des yeux des curieux. Dans sa maison Finca Vigia, située à la périphérie de La Havane, se trouvent les écrits où il y a peut-être les réponses aux questions qui sont encore controversées et qui survivent à presque un demi-siècle de sa mort.

Célèbre pour sa témérité, il était beaucoup plus qu’un romancier. Correspondant de guerre, amateur des corridas et de la boxe, chasseur, victime de plusieurs accidents, Ernest Hemingway a écrit un bon nombre d’aventures desquelles il a été le protagoniste. Ses actions pourraient susciter la méfiance de certains. Et cela fut ainsi. Ce qui semblait être un délire à la fin de sa vie, exprimé comme une suspicion d’être assiégé – selon les dires de certains – a été consommée un peu plus tard.

En 1983, on a trouvé les archives que le FBI avait ouvertes contre l’un des créateurs de la génération perdue, comme l’avait baptisée l’écrivaine Gertrude Stein. Les dossiers, comportant même des références privées, ont révélé que l’investigation, couvrant la période de 1942 à 1974, était encore ouverte 22 ans après sa mort.

Dans un câble émit par l’agence Prensa Latina et publié dans le journal cubain Granma, le 8 avril 1983, on éclaire que «  Même si une grande partie de la documentation sur Hemingway traite de ses activités antifascistes pendant la Seconde Guerre Mondiale, elle montre de nombreux rapports en relation à son soutien à la Révolution Cubaine, après le renversement du dictateur Batista.

 »

Certains attribuent la cause de la mort du célèbre écrivain à la persécution du FBI. Même si l’on sait qu’il souffrait de troubles psychiatriques à la fin de sa vie, des spécialistes de la vie d’Hemingway croient que cette circonstance l’a poussé au suicide en juillet 1961, dans l’Idaho, aux États-Unis. D’autres disent que des doses excessives du médicament prescrit contre la dépression, la réserpine, était le véritable motif.

Après la mort de l’auteur de "Pour qui sonne le glas", sa veuve, Mary Welsh, a récupéré certains des biens de son mari dans la Fínca Vigía. Elle en a emporté un grand nombre, dont des documents, aux États-Unis et elle en a cédé d’autres à l’Etat cubain. Bien qu’un tiers des documents ait été brûlé, comme si une partie de la vie de l’écrivain doivent être occultée, certains que Mary avait emportés ont été connus quelques années plus tard.

Dans le journal The New York Times daté du 31 janvier 1975, se trouve la nouvelle « Aujourd’hui, 13 ans après avoir mis fin à sa vie d’un coup de fusil, une première partie des documents d’Ernest Hemingway a été mise à la disposition des chercheurs dans la bibliothèque John F. Kennedy (…) mais tout ne se trouve pas ici. Une omission notable est Garden of Eden (Le jardin d’Eden), un roman inédit. Des milliers de lettres personnelles et les manuscrits de ses récits et de ses articles publiés dans les journaux et les revues ne seront pas à la disposition des chercheurs  ».

Hemingway, dont on dit qu’il gardait tout le matériel imprimé et dont la correspondance était abondante, a laissé, dans la maison cubaine où il a vécu 22 ans, plus de 9 000 livres et un nombre considérable de manuscrits, d’écrits tapés à la machine, de revues et de lettres. Des pièces conservées dans le musée qui porte son nom (Finca Vigia) et qui ont été récemment restaurées, numérisées et finalement partagées avec la bibliothèque John F. Kennedy, aux États-Unis.

Le projet de numérisation des documents, commencé depuis 2003, s’est matérialisé grâce à un accord entre le Conseil des Investigations des Sciences Sociales des États-Unis et le Conseil National du Patrimoine (CNP) de Cuba. Ayant comme témoins le Commandant en Chef Fidel Castro et le Sénateur James McGovern, la convention a été signée le 12 novembre 2002. Alors que la partie étasunienne assurait l’équipement, les experts cubains étaient en charge de la restauration. Des spécialistes du Musée Hemingway et du Centre National de Restauration, de Conservation et de Muséologie (CENCREM) ont été chargés de ce travail à Cuba, laissant les textes prêts pour être apportés au format numérique par le Conseil National du Patrimoine.

Grâce à ces documents, entre lesquels se trouvent les épreuves corrigées du "Vieil homme et la mer", du scénario de cinéma basé sur le roman, d’un final alternatif de Pour qui sonne le glas et des milliers de lettres, y compris sa correspondance avec les écrivains Sinclair Lewis et John Dos Passos et l’actrice Ingrid Bergman, on a pu reconstruire une partie de la vie du romancier mais, jusqu’à ce jour, on a rien trouvé de significatif en ce qui concerne les mystères qui entourent sa personnalité.

S’il est vrai que la correspondance puisse clarifier certains aspects maintenant il faut attendre que les spécialistes de l’œuvre du Prix Nobel aient accès à ceux-ci, en préalable coordination avec la Finca Vigía. Bien que ces documents, tous en bon état, soient restés toutes ces années dans son domicile havanais, peu de personnes ont eu connaissance de leur contenu. Ada Rosa Alfonso, la directrice de la Maison Musée Ernest Hemingway où a vécu l’écrivain depuis 1939 jusqu’à l’année de sa mort, a expliqué que les documents n’étaient pas cachés, mais que leur conservation nécessitait de les maintenir confinés.

Toutefois, un mystère presque aussi grand que les précédents surgit.

Un mois après la mort d’Hemingway, sa veuve revient à Cuba. Apparemment elle avait déjà décidé de donner une partie des possessions de son mari au peuple cubain, dont la détermination a été communiquée au premier ministre, Fidel Castro. Elle s’est réservée le droit d’emporter une partie de l’héritage, mais aussi, et c’est le plus troublant, elle a fait brûler une autre partie suivant, d’après ce que l’on croit, les indications de son mari.

Actuellement il est impossible de déterminer s’il est vrai que l’auteur de "L’Adieu aux armes" ait marqué une partie de sa correspondance avec l’ordre de la brûler, car les déclarations ont été contradictoires. Mais quel motif aurait-il pour donner un tel ordre ?

Les documents conservés dans la Finca Vigía, à Cuba, et ceux de la Bibliothèque John F. Kennedy, aux États-Unis, font partie du legs de l’un des plus grands écrivains de l’univers. Les informations qu’ils contiennent révèlent le monde de l’écrivain, éclairant des petites choses, mais laissant les mêmes doutes qui existent depuis des décennies. Il a peut-être quelqu’un de vivant pouvant faire la lumière sur l’affaire, mais il est vrai que de nombreuses réponses que nous avons cru pouvoir trouver, semblent avoir été réduites en cendres par son épouse.


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