PAS DE « MIRACLE OBAMA » À CUBA

mardi 1er décembre 2009

Même s’il a très légèrement assoupli l’embargo appliqué à l’île depuis 1961, le président Obama ne fait pas rêver les Cubains, confrontés à une nouvelle crise majeure

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Le gouvernement et les entreprises fournissent à chaque Cubain une base alimentaire. Pour le reste, Cuba a son propre « système D » Reproduction interdite.Impossible de passer à côté. Cuba vit, cette année, le cinquantenaire de sa révolution de 1959. Le quotidien Granma, l’organe officiel du comité central du Parti communiste cubain le répète tous les jours à sa Une. Le « triunfo de la revolucion » supporte allégrement le bégaiement médiatique. Dans les rues, les petits drapeaux tricolores à l’étoile unique, bien que de papier, ont résisté ça et là dans les quartiers de La Havane. Lutte militaire et idéologique sans doute et, au quotidien pour les Cubains, lutte pour trouver, chaque jour, une solution aux pénuries récurrentes.

Car, presque aussi vieux que la révolution, l’embargo qu’imposent les Etats-Unis à Cuba plombe la vie des Cubains. « Ils n’en parlent pas tous les jours, mais ça se ressent dans leur quotidien », rapporte André De Ubeda, directeur de l’Alliance française de Cuba, un lieu d’enseignement - gratuit par la volonté de Cuba - du français. Là, les échanges de bons plans, d’endroits où il faut aller pour récupérer tel matériel, l’échoppe où se trouveront les légumes qui manquent, résonnent, comme partout ailleurs. Car, en pratiquement cinquante années d’embargo, les Cubains ont été habitués à se débrouiller. La « luchar » et « resolver », lutter et résoudre, désignent les activités quotidiennes des Cubains

« Il fallait bien écouter Obama »

Et ce n’est pas l’arrivée d’Obama qui a changé quoi que ce soit. « Obama, il fallait bien l’écouter, bien lire ce qu’il a écrit », rappelle, en forme de douche froide, un économiste français avisé, qui jette sur l’île le regard froid du financier. « Les gens ont beaucoup extrapolé. Il a bien dit lors de sa campagne qu’il maintiendrait l’embargo, mais qu’il assouplirait des mesures, comme, par exemple, permettre aux familles de s’entraider, améliorer le courrier, faciliter l’accès des familles. Tout ça ne va que dans le sens de ce que demande la communauté cubaine des USA, toujours opposée à la levée de l’embargo. »

Des mesures qui attendent encore d’être appliquées par l’administration américaine. Dans les jours prochains, des fonctionnaires Étasuniens sont attendus à Cuba pour parler courrier. Encore aujourd’hui, pour arriver à Cuba depuis les États Unis, une lettre est obligée de transiter par l’Europe, ou bien le Mexique. Quant aux rapprochements des familles, les mesures annoncées par Obama permettraient aux Américains d’origine cubaine, ayant encore de la famille sur l’île, de pouvoir lui rendre visite aussi souvent qu’ils le veulent, contre, auparavant, 14 jours tous les trois ans. Et la limite d’envoi de devises à Cuba, fixée jusqu’alors à 100 dollars par mois, a été levée. Une porte entrouverte, mais pas suffisante. De l’avis des Cubains bien entendu, mais pas seulement.

« Les voix sont nombreuses, même aux États-Unis, pour reconnaître que l’embargo ne fonctionne pas », poursuit ce même économiste.

Il y a mieux. Le 28 octobre dernier l’ONU, pour la dix-huitième fois consécutive, a voté contre l’embargo américain. Jamais les nations n’avaient été aussi nombreuses à s’opposer à cette mesure (187). Seuls trois pays (USA, Israël et Palau) ont voté pour.

Comme avant chaque vote, tout ce que Cuba compte de responsables audibles a été mobilisé. Sur l’île, les ministres ont répété les conséquences néfastes de l’embargo pour Cuba. Les Cubains lui préfèrent d’ailleurs le mot de « blocus », terme militaire, qui insiste bien sur le caractère agressif et nuisible pour sa population de ces mesures unilatérales. Selon Orlando Requeijo Gual, nouvel ambassadeur de Cuba en France, le blocus aurait, jusqu’en décembre 2008, coûté plus de 96 milliards de dollars à Cuba. L’étau est maintenu bien serré par les États-Unis. Un bateau étranger qui mouille en eau cubaine est interdit de port américain durant trois ans. Tout produit comportant plus de 10% d’éléments cubains ne peut entrer aux États-Unis, qui interdisent à l’île tout accès aux institutions financières internationales, mais aussi aux câbles internet qui passent au large de Cuba.

En revanche, certaines firmes américaines, notamment dans le domaine de la santé, ont trouvé le moyen de fournir à Cuba du matériel médical haut de gamme. Mais avec interdiction, par la suite, de livrer les pièces détachées. Des paradoxes comme tant d’autres.

Les États-Unis par exemple sont le premier importateur de produits agro-alimentaires dans l’île… tant que Cuba paie cash chacune de ses livraisons. Il n’y a pas de petits profits.

Un article de Philippe ANDRÉOULIS publié dans le quotidien CHARENTE LIBRE le 1er décembre 2009


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