Agro-écologie - édition du livre de Luis Vasquez Moreno

dimanche 19 janvier 2014
par  Comité Hérault, Henri Sierra

Créé en 2010 le comité Hérault de Cuba Coopération France a initié un programme d’échanges entre agriculteurs Cubains et héraultais autour de l’agriculture biologique. Il est basé sur le rôle prépondérant des producteurs et s’inscrit dans la durée (2011-2012 : accueils réciproques d’agriculteurs, 2013 : concrétisation d’actions). L’objectif est de développer des outils de réflexion et d’action entre agriculteurs, afin d’anticiper les défis techniques et commerciaux à Cuba comme en France.

Élément de cette coopération, ce document synthétise les expériences Cubaines en pratique d’agro-écologie, pour les partager avec les agriculteurs Héraultais.

  • Henri SIERRA, secrétaire général du Comité Hérault de Cuba Coopération France. Adresse email : cuba34coop@gmail.com

Introduction

Ce que l’on identifie traditionnellement comme ravageurs, maladies et mauvaises herbes sont des organismes qui sont devenus des facteurs limitant la production Agro pastorale, parce qu’ils provoquent des dégâts d’une certaine ampleur sur les plantes cultivées, ce qui se traduit par des frais pour réaliser des contrôles curatifs ou préventifs, une diminution des rendements, une réduction de la qualité influant sur l’accès aux marchés.

De nos jours le concept d’ennemis des cultures est socio-économique. Il concerne tous les organismes qui se manifestent de manière nocive, que ce soit des acariens, des insectes, des nématodes, des mollusques, des rongeurs, des oiseaux, des phytonomes, des champignons, des bactéries, des virus, des mycoplasmes, des mauvaises herbes et parasites, entre autres, qui ont évolué avec ces mêmes plantes, mais dont les populations ont augmenté en raison de mauvaises pratiques agricoles. C’est pourquoi ils se sont transformés en ce que l’on connaît au niveau international comme ennemis des cultures.

C’est la raison pour laquelle la lutte contre ces organismes nocifs constitue l’une des principales préoccupations de la plupart des agriculteurs, surtout au cours des dernières années. Dans le même temps, et se sont renforcées les critiques scientifiques et sociales sur les erreurs d’une approche qui veut contrôler les ennemis des cultures avec des produits insecticides, internationalement connus comme “protection“ et “défense“ des cultures, approche qui a été développée depuis la IIe Guerre mondiale et qui a caractérisé la période dite de la “Révolution Verte”, qui a été très critiquée, surtout parce qu’elle contribue à ce que l’on appelle le “cercle vicieux” des pesticides car ils créent chez les agriculteurs une forte dépendance à ces produits (Vázquez, 2004).

C’est ainsi qu’a surgi et s’est développée la gestion intégrée des ennemis des cultures (GIEC), dont le principal avantage est l’intégration du contrôle biologique, de la gestion phytogénétique et des pratiques culturales, parmi les composants qui sont associées au comptage de populations pour prendre les décisions d’application d’insecticides, qu’ils soient chimiques ou biologiques, tout cela contribuant à la réduction de l’utilisation des insecticides synthétiques (Andrews et Quesada, 1989) ; c’est pourquoi il a été démontré que la gestion intégrée des ennemis des cultures est plus propice pour des systèmes de production de monocultures à grande échelle, connus comme intensifs, où les problèmes des ennemis des cultures sont plus grands et l’intégration des insecticides synthétiques avec d’autres méthodes est réalisée sur la base de comptage ou par une signalisation par des techniciens spécialisés (Vázquez, 2010).

L’expérience a démontré que pour des systèmes de production diversifiés, comme le sont les systèmes paysans, la gestion agro-écologique des ennemis des cultures (GAEC) est plus avantageuse, l’étape supérieure étant la gestion agro-écologique de la ferme (GAF), dans laquelle les rotations de cultures et le reste des plantes utilisées dans la ferme, ainsi que d’autres pratiques agro-écologiques, ont des effets sur l’apparition des ennemis des cultures et favorisent l’activité des régulateurs naturels, avantages qui contribuent à l’augmentation de la production et à la diminution des effets négatifs du changement climatique, entre autres facteurs (Vázquez, 2010).

Précisément, l’orientation et les principes suivis dans la gestion agro-écologique de la ferme, comme système de production, sont maintenus dans l’agro-écologie comme science de la complexité, qui offre les bases et les processus appropriés pour transformer les systèmes agricoles (Altieri, 1991, 1994, 1996 a, b ; Altieri et Nichools, 2007 ; Waage, 1991), par le fait que la gestion des ennemis des cultures consiste à agir sur les causes et non sur l’attaque directe des ennemis des cultures (Vázquez, 2004). Elle considère que la production agricole est contextuelle, que le rôle des agriculteurs n’est pas seulement de produire selon des normes et des recommandations nationales, mais d’innover pour adopter les technologies appropriées aux caractéristiques de leurs fermes et pour concevoir des pratiques au moyen de processus d’expérimentation d’agriculteurs, où les techniciens ne sont pas de simples émetteurs de technologies ou capteurs d’informations, mais des facilitateurs de processus d’éducation et d’innovation locale (Vázquez, 2010 ; Vázquez et Fernández, 2007).

C’est pourquoi, dans le présent document, nous avons synthétisé nos expériences en pratiques agro-écologiques dans la gestion du sol, des cultures et de tout le système de production, pour permettre que les agriculteurs évoluent vers de nouvelles formes de la lutte contre les ennemis des cultures : agir sur les causes et non directement sur ces organismes nocifs, ce que l’on connait comme Gestion Agro-écologique du Système de Production (GASP).

Pour l’élaboration de ce document, nous avons utilisé comme base des publications antérieures réalisées à Cuba dans ce but (Vázquez, 2004 ; Vázquez et Fernández, 2007 ; Vázquez, 2011), avec quelques adaptations pour permettre une meilleure compréhension des agriculteurs français, tant pour ceux qui pratiquent l’agriculture conventionnelle que ceux qui cultivent en agriculture biologique et qui désirent s’orienter vers des systèmes agro-écologiques.

Cette idée a surgi à partir de l’échange que nous avons eu avec des agriculteurs de production biologique de Montpellier en novembre 2011, au cours d’une journée de rencontres dans des fermes organisées par Cuba Coopération, dans le but de partager nos expériences dans la transition de la production agricole vers des systèmes agro-écologiques.

Je remercie les amis de Cuba Coopération pour avoir eu la gentillesse de nous inviter à partager nos expériences avec les agriculteurs français, ce que nous faisons avec beaucoup de plaisir et le sens de la coopération.


Luis Vasquez Moreno.
Ingénieur agronome, Docteur en Sciences Agronomiques.
Professeur et Chercheur Titulaire Agro-écologue, Institut de Recherches en Santé Végétale (INISAV) La Havane CUBA.


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