Plus de 50 ans après sa mort, « Papa » colle toujours à la peau de Ernest Hemingway

samedi 14 juin 2014
par  Michel Porcheron

« Papa », si ce titre est confirmé, sera un film de Bob Yari, dont le tournage à La Havane s’est achevé dans la première quinzaine de mai.
« Papa » c’est Ernest Hemingway (1899-1961) un surnom popularisé par lui-même. Et c’est à Cuba, où il s’installa en 1939 en achetant sa demeure La Finca Vigia, que l’écrivain américain est le plus souvent affublé, encore aujourd’hui, de cette appellation imagée et familière. En attendant de savoir quel Hemingway sera au centre du film, aura choisi le réalisateur dans les 14 dernières années de sa vie, et notamment celles de l’avènement de la Révolution, car diverses versions existent (observateur attentif, voire actif ou réfugié dans son propre monde ?) on s’attardera à chercher ce qui se peut se cacher derrière le paravent « Papa ».

Dans les pas de Papa : visite chez Hemingway  

Par Michel Porcheron

Sur « Papa », surnom majeur de Ernest Hemingway, choisi et popularisé par lui-même, [avec toujours un « P » majuscule et l’accent tonique sur le premier « a », soit  une prononciation anglaise], l’interrogation ne porte pas sur son origine – elle est assez claire-  mais sur l’usage (l’abus ?) qu’il décida d’en faire.

Ce surnom est tombé dans le domaine public. Ne parle-t-on d’un Papa doble ou d’un Special Papa pour désigner …le cocktail Double Daïquiri sans sucre préféré de l’Américain…

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On ne compte plus par ailleurs les articles ayant Papa en titre ou dans les textes, comme autant de clichés journalistiques, comme si cela allait de soi.    

Si l’histoire de papa, prononcé à la française, est simple, une vraie relation d’amour paternel, celle de Papa, avec tenants et aboutissants, resterait à écrire, si l’on considère que l’intéressé ne s’est jamais expliqué là dessus.  Comment et pourquoi papa allait-il devenir Papa ? Que fallait-il voir dans ce nom de scène quelque peu dérisoire ? Un autre très grand écrivain s’est-il affublé sur la place publique d’un sobriquet de la même veine ? 

                            E.H, papa de Bumby à Paris     

Vivant à Paris, au 113 rue Notre-Dame des Champs, depuis janvier 1924 avec Hadley Richardson, qu’il avait épousée le 3 septembre 1921 à Hortons Bay, Hemingway sera en famille tout naturellement papa, prononcé à la française, dès que leur fils John dit Bumby (né le 10 octobre 1923, Toronto, premier fils de E.H) dont la nurse s’appelle Marie, domiciliée au Dix Bis Avenue des Gobelins, commence à prononcer ses premiers mots.  

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[Le couple était arrivé à Paris pour un premier séjour  du 22 décembre 1921 au mois d’août 1923. Descendu provisoirement à l’Hôtel Jacob, il trouva un logement au 74 de la rue Cardinal-Lemoine. Il était alors le correspondant pour l’Europe du Toronto Star, avec rétribution à l’article. Lors du second séjour, Hem se veut apprenti écrivain]

Le même Hemingway adoptera dès 1927 « Papa » (en privé, dans sa correspondance) qui allait être son double, son alter ego, jusqu’à la fin de ses jours. A cette date il a 28 ans, Papa ne renvoie donc pas à l’image habituelle d’un homme avancé en âge et d'aspect débonnaire, comme le dit tout dictionnaire usuel.    

[Ce n’est pas le même Hemingway qu’on retrouve dans  Papa Hemingway, « mis en scène » par l’auteur-confident A.E Hotchner (Mercure de France, 1966) et dans  Papa, A Personal Memoir, de son troisième et dernier fils, Grégory (en français chez Denoël, 1978). Le frère cadet de E.H, Leicester, quant à lui, dans son livre  My Brother, Ernest Hemingway (1961) ne parle jamais de Papa. Son frère est toujours tout naturellement « Ernest »].   

C’est dans une lettre du 3 décembre 1925, adressée de Paris à Isabel Simmons Godolphin (1901-1964), une amie du couple Hemingway, que le jeune Ernest H. est on ne peut plus explicite, quand il parle de son fils, qui a près de deux ans et deux mois : « Bumby a oublié tout son anglais quant il était en Bretagne avec Marie [Rohrbach] pendant que nous étions en Espagne et il parle français tout le temps. Toutes les fois que nous sortons nous promener il dit « Papa ! Cherche une auto ! ». Il appelle sa nurse cocotte. Il fait des phrases d’environ cinq mots ». Il écrit ensuite que Lynt ( ?) est « à peu près son seul mot en anglais », nom (peluche) qu’il donne aux « Lions » qu’il s’amuse à « chasser sous tous les lits ». « Papa voilà le petit lint »

Carlos Baker indique dans une note : « Toutes les phrases en français de Bumby sont, bien entendu, textuelles » 

Bumby, dont les marraines sont Gertrude Stein et sa compagne Alice B.Toklas, vécut principalement à Paris de janvier 1924 à avril 1927, dates de son premier séjour. Hadley et Bumby quittent en effet Paris le 16 avril 1927 pour New York, un mois après le divorce. Mais par la suite le petit Bumby eut l’occasion d’être souvent auprès de son père, autant à Paris et en Europe-- que Hem quittera en mars 1928-- qu’à Key West, Floride, où il s’installa la même année avec sa deuxième épouse, Pauline Pfeiffer. 

Alors qu’il est séparé de Hadley Richardson depuis septembre 1926, de Paris Hem écrit notamment le 24 novembre à Francis S. Fitzgerald : « Un matin, j’ai emmené Bumby au café et lui ai payé une glace et un nouvel harmonica et tout en tenant l’harmonica et en mangeant la glace il a dit : « La vie est beau avec papa ». Il m’aime beaucoup et quand je lui demande ce que fait Papa pour l’entendre dire Papa est un grand écrivain comme le disent les coupures de presse. Il dit : « Papa ne fait rien ». Alors je lui ai appris à dire « Bumby entretiendra Papa », ce qui fait qu’il dit ça tout le temps » (…).

« Bumby écrit maintenant qu’il sait parler anglais comme Papa », écrit encore Hem dans une lettre du 15 août 1927 (adressée de la Coruna, Espagne à Barklie Mc Kee Henry, qui connut également Hem à Paris en 1924). Carlos Baker indique : « Comme Papa », en français dans l’original »).

Dans  Hemingway et l’Espagne  (La Renaissance du Livre, 2001), Pierre Dupuy indique que Bumby qui venait de faire le voyage en avril 1929 La Havane-Boulogne sur Mer, en compagnie de son père [ainsi que de son frère Patrick (né le 27 juin 1928) et de Pauline, deuxième épouse et mère de Patrick ] « rejoignait sa mère qui habitait encore Paris (depuis octobre 1927) et à fréquenter son futur second mari », Paul Scott Mowrer qu’elle épousa à Paris en 1933, où il était correspondant pour l’Europe du Chicago Daily News.    

« Hemingway pour tout un chacun c’est « Papa Hemingway »

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« Hemingway pour tout un chacun c’est « Papa Hemingway », le barbu roublard et costaud (…) Pourtant on peut raconter son histoire autrement », a écrit dans ses  Lettres d’Amérique (2001, Ed. NiL) Philippe Labro qui plus loin vise juste quand il dit : « Hemingway fit d’Hemingway un personnage, n’hésitant pas à parler de lui à la troisième personne : « Papa dit que… », etc.  

[Via notamment l’usage de « Papa », Hemingway commença un jour à se prendre pour « Hemingway ». Il se met en scène jusqu’à se perdre. L’homme va être dépassé par son propre mythe. Une fois en marche, il fut impossible d’arrêter la machine publicitaire. A partir des années 50, « il lui fut impossible de se fondre dans l’anonymat. Aux yeux du public, il était une star qui, entre autres choses, écrivait des livres. Pourtant le rôle de Papa était à présent un véritable fardeau » (Scott Donaldson),     

Certains auteurs, comme Edward F. Stanton, datent ce « tournant » du lendemain de l’accueil triomphal de Pour qui sonne le glas (1940), porté rapidement au grand écran. Pendant dix ans l’écrivain ne va rien publier. Chez Hemingway, il s’agit d’une « combinaison faite d’épuisement créatif, d’un trop grand succès et des diversions d’une nouvelle guerre mondiale. Après « ….le glas », l’auteur ne sera plus jamais le même. Même son apparence physique changea : maintenant il est un homme public à succès chargé de kilos. Après avoir exploré « la terre inconnue » de son roman, il ne lui restait plus grand-chose à découvrir et à dire. Hemingway s’était transformé en « Papa », l’écrivain fameux et sportif suivi d’un cortège de parasites, de profiteurs » (gorrones)

Lorsqu’il se suicida en juillet 1961, « Hemingway était l’écrivain le plus célèbre au monde (…) Dans l’esprit du public, c’était un robuste gaillard barbu, connu sous le nom de Papa, plus célèbre pour ses combats contre les gros animaux que pour ses livres (…) S’il est bien un mot associé à son image publique, c’est celui de macho » (Scott Donaldson).   

Quand Hemingway habitait encore Paris, son ami poète Archibald MacLeish avait écrit un poème dans lequel il se demandait : qu’arrivera-t-il « à ce garçon à l’air souple comme une panthère ensommeillée quand la gloire lui tombera dessus ? »]   

     Papa, à la troisième personne, un autre lui même               

Anthony Burgess évacue la question de Papa en trois lignes : « Pour tout le monde, il deviendra Papa Hemingway relativement tôt dans la vie » (Ce sacré Hemingway, Fayard, 1979), avançant une explication personnelle : « Assez fraternel et paternel, il ne sera jamais vraiment un fils »

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Dans le livre Lettres choisies, présentées et annotées par le biographe Carlos Baker (Gallimard, 1986), c’est en octobre 1927 que l’écrivain signe pour la première fois une lettre « Papa » (adressée de Paris, à Archibald Mac Leish, qui avait fait la connaissance d’E.H, à la Closerie des Lilas, l’été 1924). Dans cette lettre il parle de lui-même à deux reprises à la troisième personne : « Si tu veux faire  le bonheur de Papa… », plus loin « Papa a travaillé comme une brute »…comme s’il s’agissait d’un autre lui-même.   

Au bas d’autres courriers qu’il adressera au même destinataire et ce pendant plusieurs décennies, il va même jusqu’à signer : Pappy.       

Pour A.E.Hotchner, « Mary (Mary Welsh, sa dernière épouse et sa veuve) l’appelait Papa, de même qu’Ava Gardner et Marlène Dietrich. Ingrid Bergman était l’une des rares femmes qu’Ernest appelait « ma fille » [il les appelait toutes en effet « ma fille » (daughter) ou « ma chère fille »] à refuser de l’appeler « Papa » en retour. « Je n’éprouve pour lui aucun sentiment filial », donnait-elle comme raison à cela ».

Dans une lettre bien connue de mars 1928 à Pauline Pfeiffer, qu’il vient d’épouser à Paris, à l’église Sainte-Marie d’Eylau, E.H, qui n’a pas encore 29 ans, signe « Papa »…comme il le fera à l’occasion avec Gary Cooper (Cher Coops), George Plimpton, entre autres destinataires. Le 2 juillet 1948, il signe une lettre à la journaliste Lillian Ross, « Mister Papa », un sommet de l’autodérision ou de l’auto-complaisance, les versions divergent. Quelques jours  plus tard, une autre lettre et signée Mr Pappa.

« Certains de ses vieux copains, comme Toots Shor, l’appelaient « Ernie »,  mais le plus souvent, prononcer Ernest équivalait à lui lancer un anathème. Il montrait aussi beaucoup de dureté à l’égard  des gens qui l’appelaient Papa sans avoir mérité une telle intimité ». Hotchner la mérita puisque son livre a pour titre « Papa Hemingway »…Quand ce dernier l’appelle Papa, soit à chaque page, Hem lui donne du Hotch …   

D’autres auteurs avancent des considérations d’un autre type. Dans On l’appelait Papa, article paru le 28 décembre 1946 dans le New York Post Week End Magazine, Mary Harrington commence en posant la question : « Pourquoi ce sobriquet ? Serait-ce qu’on le considère comme le père de la littérature américaine moderne…ou plus simplement parce qu’il est toujours et partout le plus énergique, le plus fort, le plus chaleureux ? »  

                           Papa en scène sur la place publique

Dans son livre Cuba y Hemingway en el Gran Rio Azul (1981, Union, La Habana) Mary Cruz écrit: « Je ne saurais dire exactement depuis quand, mais il arrive un moment où Hemingway assume sa légende, peut être sans qu’il s’en rende compte ». Selon elle, avec les sources dont elle dispose alors, « la première référence publique que je connaisse, où il s’identifie comme Papa date de 1944 » (1)

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On la trouve en effet dans un travail journalistique pour Collier’s, ajoute-t-elle, « How we came to Paris », « Comment nous arrivâmes à Paris » (texte qu’on peut retrouver en français dans En Ligne, Folio, 1970, sous l’intertitre « Rafraichissements avant la bataille », p. 594. Le Paris en question est celui d’avant la libération par les alliés, Hem étant à la tête de ses irréguliers).  

Hemingway se met en scène mettant le mot Papa dans la bouche du chauffeur de sa jeep, le soldat Archie Red Pelkey, qu’il perdit de vue un moment : « Il n’y avait personne, Papa », dit-il, « c’était seulement un tas de munitions qui brûlait ». Hemingway le morigène. « Très bien Papa. Désolé Papa. Je comprends Papa. Je suis parti parce que je croyais qu’on se battait ».

[Dans une (longue et particulièrement décousue) lettre du 20-22 mars 1953, adressée de La Finca Vigia à un ami, Bernard Berenson, Hem (imbibé ?) revient sans raison sur l’épisode Pelkey. « Son vocabulaire avec moi se réduisait maintenant à dire : « Oui Papa, je n’ai pas vu Papa. Ils sont pas arrivés Papa. Ca gaze bien Papa. Tout le monde content Papa ». Dans les trente lignes qui suivent, toujours consacrées à Pelkey, le mot Papa est écrit à dix autres reprises…]

« A mon avis, ce fut seulement une contribution inconsciente à ce mythe que Hemingway alimenta par son attitude de compétiteur, et sans se fixer ce but au début, et qu’il utilisa ensuite comme un masque ou une cuirasse en public »

« Tout parait indiquer, écrit plus loin Mary Cruz, que depuis son installation à  Key  West (1928), les amis et connaissances commencèrent peu à peu à l’appeler comme l’appelaient ses fils : Papa, au lieu de l’habituel daddy nord-américain. La coutume française d’appeler – comme dans les pays de langue espagnole- Papa le père, fut introduite dans la famille de E. H par son fils aîné John (Bumby). Mais assez vite, la tendance de la langue anglaise de ne pas mettre d’accent tonique à la dernière syllabe fit que Papa [à la française] se transforma en Papa [à l’anglaise] chez les Hemingway »

L’appellation, dit-elle, passa peu à peu du cercle réduit de la famille  au cercle des amis intimes, plus tard aux relations fortuites au bar Sloppy’s Joe (de Joe Russell à Key West) d’où, un beau jour, il fut propulsé dans les journaux.

                                         « poor old Papa »   

Selon James McLendon, auteur d’un « Papa Hemingway in Key West, 1928-1940» (Popular Library, New York, 1972) que cite Mary Cruz, Hemingway signe une lettre de fin décembre 1930, adressée à son ami Charles Thompson, de Key West,  « poor old Papa » (un « pauvre vieux Papa » de 31 ans, qui s’était fracturé le bras droit dans un accident d’auto dans le Montana), « nom que se donnait Hemingway dans une compassion moqueuse »

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« Papa » pour Mary Cruz, fut l’élément (detalle) le plus manifeste,  celui qui a agglutiné tous ceux qui ont formé le mythe. Relié à tous les autres -- la dureté du monde extérieur, l’amour pour l’aventure, pour les femmes, pour l’alcool, l’incroyable capacité à se remettre sur pied après un nombre incroyable d’accidents, le fait d’inspirer (dictar) des modèles avec son œuvre, à toute une époque—il devint inséparable de la figure publique de l’écrivain ».

Trente ans plus tard, l’essayiste cubaine Miryorly Garcia Prieto, actuellement éditrice de la revue Cine Cubano, revient sur le sujet dans son livre « El mito Hemingway en el audiovisual cubano » (Ed.ICAIC, 2011).

Dans le chapitre « Nace Papa Hemingway » (p. 54) elle cite d’abord Valerie Danby-Smith (dans Correr con los toros.Mis anos con los Hemingway, non traduit en français) qui affirme que s’il « s’efforçait d’être un bon père, il demandait à ses (trois) fils de ne pas le traiter comme la classique figure paternelle, qui enseigne constamment et exige obéissance, mis comme un ami avec qui on partage les choses vécues (vivencias). Il leur demandait de l’appeler par son prénom et non pas papa. Ainsi il leur expliquait qu’il ne voulait pas ressembler à la figure autoritaire, imposante et exigeante de leur grand père paternel »…

                                  Mythe machiste 

« Le surnom le plus patriarcal de Hemingway nait justement dans ces années là », ajoute l’auteure, reprenant des indications déjà connues sur les années Bumby. « Et devient justement le nom du mythe machiste : « Papa Hemingway »(…)

« Le rôle patriarcal de Hemingway, au-delà de la famille, fut plutôt une manière d’être, une conduite, un trait distinctif de sa personnalité », conclut-elle, s’appuyant sur les conclusions des auteurs du livre « Hemingway : A Psychological Portrait » (1988) Richard Hardy et John Cull, selon lesquels « Hemingway adopte la conduite d’une figure paternelle, extrêmement critique dans sa relation avec les autres. Dans cette posture, l’aventurier devient le maître : en matière de littérature, de guerres, de toros,  de parties de chasse et de pêche ; il est un modèle, un paradigme. Dans ses relations les plus intimes, il est non seulement le père éducateur de John, Patrick et Grégory, mais il adopte une attitude similaire avec son frère cadet Leicester, qu’il appelait toujours Baron ; ou quand il s’amourache de femmes beaucoup plus jeunes que lui, comme Adriana Ivancich ou Valerie Danby-Smith ». Hem signe ses lettres à la première, Papa ou Mister Papa…

Il est également paternel à Cuba dans son attitude avec les amis et connaissances, surtout les pêcheurs de Cojimar, ses humbles voisins de San Francisco de Paula, les serveurs des cafés qu’il fréquentait ou encore les employés qu’il eut (à Key West et dans sa Finca Vigia de Cuba). Pour la majorité d’entre eux, il était « Papa Hemingway ». Le patron Papa.    

Jusqu’à la fin de sa vie, Hemingway sera Papa au fond de lui-même. Dans la dernière et émouvante lettre de E.H du livre de Carlos Baker, qui a pour date le 15 juin 1961, soit 17 jours avant sa mort, il est encore dans une double signature « (Mister) Papa » et « Papa ». Elle est adressée de Rochester à un enfant de neuf ans, Fritz Saviers, fils aîné du Docteur George Saviers de Sun Valley. L‘enfant était hospitalisé pour une maladie du cœur.

C’est « Papa » qui lui écrit en fin de lettre : « Bien des choses à toute la famille. Me sens très bien et très optimiste et espère vous voir bientôt »

17 jours plus tard, le 2 juillet, vers 7 heures de ce dimanche matin, il choisit parmi les armes de son râtelier un fusil de chasse Boss à deux coups, y introduisit deux cartouches, posa la crosse sur le sol et son front contre les canons. Un coup sec sur la détente plus tard, l’ancien chasseur de fauves faisait d’une pierre deux coups,  envoyant ad patres Papa et Ernest Hemingway.  

NOTE

(1)- Cependant, dès juillet 1934, Esquire publie de E.H « Notes sur le gibier dangereux, la troisième lettre du Tanganyika », relatant son premier safari en Afrique orientale et incluant entre parenthèses et en italiques quelques « remarques adventices », « insérées lorsque j’ai relu le texte sur le navire »,  et notamment adressées à la rédaction de la revue.

Hem parle de lui à la troisième personne, nommée Papa : « (Il y a trop de superbes dans ces deux dernières phrases. Récrivez-les vous-mêmes mes  petits gars et voyez comme il est facile de faire mieux que Papa. Merci. C’est un sentiment exaltant n’est-ce pas ? )».  

(mp).           

                     

           

 

 


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