Biennale de La Havane : horizon 2015

dimanche 14 septembre 2014
par  RG

La Biennale de La Havane, un espace de confluence et d’échange, de confrontation et de réflexion, qui occupe une place d’une importance singulière sur la scène internationale des arts plastiques, fête son 30e anniversaire.

Cet événement culturel a ouvert la voie à la recherche et à la diffusion de la richesse de l’art contemporain d’Amérique latine et de la Caraïbe, puis de l’Asie et de l’Afrique. Plus tard, elle a élargi sa programmation à des artistes venus d’Europe, des États-Unis et du Canada.

La Biennale de La Havane parmi les plus importantes au monde

Selon le critique Nelson Herrera Ysla, « le facteur incontestable qui a permis la création et le développement de la Biennale fut la fondation de l’institution qui allait lui donner son impulsion jusqu’à nos jours, le Centre Wifredo Lam ».

Fondé en 1983, le Centre Lam, qui porte le nom de l’un des peintres cubains majeurs du 20e siècle, a été créé, précisément « avec comme objectif essentiel d’effectuer des recherches sur la richesse des expressions artistiques d’Amérique latine, d’Afrique et l’Asie, et d’en faire la promotion ».

Depuis le début, la Biennale a donné l’occasion au public cubain, aux artistes, critiques, directeurs de galeries d’art et collectionneurs d’entrer en contact avec de nombreux créateurs, et elle a été en même temps « une opportunité exceptionnelle pour la promotion des œuvres cubaines », a souligné l’actuel directeur du Centre Lam, Jorge Fernandez.

Il ne fait pas de doute que ce qui caractérise cette grande rencontre de l’art plastique, c’est son ouverture vers de nouveaux espaces, au-delà des galeries, des musées et des centres d’art. Dès ses premières éditions, la ville de La Havane s’est transformée en une immense galerie : l’art s’est installé dans les parcs, les places, sur les murs et les façades des édifices.

Décrite avec raison comme un espace de transgression, d’audace et de communication, la Biennale a offert un très vaste éventail de possibilités, depuis les œuvres les plus traditionnelles des arts visuels, jusqu’aux performances, aux présentations de vidéos, aux contributions des technologies et des langages les plus contemporains.

La Biennale a été une véritable vitrine pour apprécier des œuvres de conceptions esthétiques et formelles variées, qui invitent à confronter les tendances de l’art actuel et à s’arrêter sur les problèmes les plus pressants de notre époque.

Cela pourrait sembler absurde de fêter les 30 ans de la Biennale cette année alors que la prochaine Biennale aura lieu en 2015. La réponse est simple : au début, la Biennale avait lieu tous les deux ans, mais il ne fut pas aisé de maintenir une rencontre de cette envergure durant les périodes économiques difficiles. Les organisateurs y sont parvenus, mais… tous les trois ans, tout en lui conservant le nom de Biennale, qui s’était imposé dès le départ.

Un bref retour en arrière est nécessaire. La 1ère Biennale de La Havane a ouvert ses portes en 1984, et seuls des artistes latino-américains et caribéens avaient été invités. Elle avait alors un caractère compétitif et les œuvres primées furent celles d’Arnold Belkin (Mexique), Carmelo Arden Quin, (Uruguay), Branca de Olivera (Brésil), Alirio Palacios (Venezuela), Fernell Franco (Colombie), Roberto Fabelo et Rogelio Lopez Marin (Cuba).

Outre les œuvres en concours, d’importantes expositions individuelles furent présentées : Jacobo Borges, (Venezuela), Oswaldo Guayasamin (Équateur), Roberto Matta (Chili) et Francisco Toledo (Mexique).

Un Colloque international sur l’œuvre de Wifredo Lam eut lieu au Palais des Conventions, auquel participèrent près de 800 artistes de 22 pays.
En 1986, la 2e Édition s’ouvrit à des pays d’Afrique, du Moyen Orient et d’Asie. Près de 700 artistes de 56 pays y participèrent. Parmi les lauréats figuraient Lani Maestro (Philippines), Antonio Ole (Angola), Marta Palau (Mexique), Jogen Chowdury (Inde), José Tola (Pérou) et José Bedia (Cuba).

On put y voir également des expositions individuelles de l’artiste haïtien résidant en France, Hervé Télémaque, et de l’architecte brésilien Oscar Niemeyer.

À partir de la 3e Biennale, en 1989, il fut décidé de supprimer les prix et de structurer l’événement autour d’axes thématiques. 300 artistes de 41 pays répondirent à l’invitation sur le premier thème Tradition et Contemporanéité.

La 4e Biennale, en 1991, appelait à réfléchir sur Le Défi de l’art. Deux des expositions invitées : les photographies peintes de l’Espagnol Carlos Saura, et les immenses photographies du nord-américain Spencer Tunick, obtinrent un réel succès.

Rappelons également une performance plastique novatrice, Vis et laisse vivre, réalisée sur la Plaza Vieja, dans le centre historique, par un des artistes plasticiens cubains les plus renommés, Alexis Leyva Machado (Kcho), qui entassa 13 000 briques en forme de petite barque, qu’il avait fabriquées à l’Île de la Jeunesse, et que les spectateurs emportèrent durant le temps de la Biennale.

En 1994, la 5e Biennale proposa comme thème : Art, Société et Réflexion ; la 6e, en 1997, eut comme axe central L’individu et sa mémoire. Pour la première fois, des créateurs européens et japonais y furent invités.

L’un plus proche de l’autre fut le thème de la 7e édition, en 2000. Des œuvres de 170 artistes de 44 pays furent exposées. La 8e Biennale, en 2003, approfondissait le thème L’Art et la vie : les artistes envahirent le quartier d’Alamar, à l’est de la capitale, pour y transformer les logements dans le cadre du projet culturel Bouger les choses. Plus de 140 artistes de 48 pays participèrent à cette édition.

La 9e édition, en 2006, eut pour thème Dynamiques de la culture urbaine, avec plus de 130 artistes invités de 50 pays. La 10e, en 2009, accueillit des artistes du Canada et des États-Unis, sur le thème Intégration et résistance à l’ère de la mondialisation.

La 11e Biennale en 2012 réfléchit sur la question Pratiques artistiques et imaginaires sociaux, et étendit le champ de la création aux rues, théâtres et places, en impliquant le spectateur.

On se souviendra du binôme russe-étasunien Ilya et Emilia Kabakov, qui exposèrent Le navire de la tolérance. Un bateau sur les voiles duquel 500 enfants avaient accroché des messages de paix et de réconciliation. Le Navire est toujours installé dans les jardins du Château de la Real Fuerza.

Une installation remarquable également : Les voyageurs silencieux, du Colombien Rafael Gomez, qui fit grimper plus de 600 fourmis sur la façade du Théâtre Fausto, sur la promenade du Prado, qui faisait écho à l’intervention de Roberto Fabelo, prix national d’Arts plastiques 2004, sur la façade du Musée des Beaux-arts, avec ses gigantesques cafards : Les survivants.

La nouveauté de cette Biennale fut le projet Derrière le mur, une série d’installations situées sur le Malecon (boulevard de front de mer), que l’on pouvait voir depuis la Punta jusqu’à la Tour de San Lazaro, auquel participa une dizaine d’artistes.

À l’occasion du 30e anniversaire, une série d’expositions a été organisée aux sièges habituels de la Biennale : le Centre d’Art contemporain Wifredo Lam, le Centre de développement des Arts visuels, la Photothèque de Cuba, ainsi que le hall du Musée national des Beaux-arts.

Jorge Fernandez, le directeur du Centre Lam et le critique Nelson Herrera Ysla, ont expliqué lors d’un point de presse que les diverses expositions proposent une évocation des « biennales antérieures à travers des coupures de presse, des catalogues, des photographies, des documents et des vidéos depuis les débuts de la Biennale ».

Une exposition à ne pas manquer qui occupe trois des vastes salles du Centre Lam : La Biennale de La Havane : un laboratoire vivant, avec plus de 200 œuvres, aux techniques et formats divers, d’artistes qui ont participé à certaines des onze éditions, et faisant partie de la Collection du Centre.

Le 30e anniversaire était accompagné d’une table ronde consacrée à « une réflexion sur les trois décennies de la Biennale qui a le mérite de s’être maintenue tout au long de ces années depuis 1984, malgré toutes les contingences et les crises », a signalé Fernandez.

Depuis sa première édition en 1984, la Biennale est devenue un rendez-vous indispensable des arts visuels de Cuba et du monde. Ce n’est pas par hasard si la célébration de son 30e anniversaire a rassemblé autant d’artistes, de directeurs de galerie et de critiques.

Dès maintenant, le compte à rebours pour l’Édition 2015 a commencé.


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