CARNET DE VOYAGE DE JACQUES BURLAUD

vendredi 18 juillet 2014
par  Jacques Burlaud

Ci-après, les deux premières chroniques du Carnet de Voyage de notre ami, secrétaire général de notre comité du Loir-et-Cher. Il associe,pendant plusieurs semaines qu’il consacre chaque année à ce pays qu’il aime bien, découvertes, rencontres, expositions de son travail de photographe et actions de coopération. Comme toujours dans de pareils cas, nous lui laissons la paternité de ses remarques, observations... Nous poursuivrons avec lui, son périple en terre cubaine.

A l’heure où les crabes vont boire

A l’heure où les crabes vont boire

Il ne faisait pas bon être crabe, ce soir entre 18 et 19 heures sur la route qui relie Cienfuegos à Trinidad. Beaucoup des petits et grands crustacés qui avaient entrepris la traversée de la chaussée dans le sens terre-mer - ou inversement -, comme le font - ou tentent de le faire - chaque jour des milliers de leurs congénères à l’heure où le chien le dispute au loup, en ont fait l’amer et définitif constat, confrontés qu’ils se sont soudainement retrouvés à l’implacable trajectoire des pneus de ma Geely, elle-même catapultée à vive allure sur la route littorale et mue par l’obsessionnelle volonté du chauffeur (moi !) d’arriver au port avant que le loup n’en ait définitivement chassé le chien, à moins que ce ne soit l’inverse. Les plus petits - des crabes, car malgré les apparences, c’est bien de crabes que je vous entretiens - étaient souvent assez lestes pour se dégager d’un coup de queue, de patte ou de pince, mais les plus gros,  beaucoup moins agiles - mais heureusement aussi nettement moins nombreux - ont payé un lourd tribut à ce titanesque affrontement et le craquement accompagné d’une légère secousse qui marquait la victoire implacable de la gomme sur la coquille, n’en finit pas de résonner au plus profond de ma boite crânienne, pourtant déjà bien malmenée par la récente actualité domestique.

 

Me re-voilà donc à Trinidad, et, fidélité et plaisir obligent, de nouveau hôte de la « casa azul » de mes très chères Nestoraisis et Yudit, dont j’assure d’ailleurs ce soir la surveillance intégrale - de la casa pas de mes très chères amies - puisque les princesses du lieu - et, le cas échéant, quelques amies, amis ou conjoints - n’ont pas résisté un seul instant à l’appel de la comparsa de ce premier jour du carnaval local (comparsa = défilé des groupes et des chars) qui vient tout juste de se mettre en mouvement après un assez long temps de préparation, de scénographie et d’habillage des actrices et acteurs embarqués sur les chars.

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Et moi, je me retrouve, quasiment pour la première fois à ne pas suivre ou devancer la foule en liesse, ce qui en dit long sur l’état général de fatigue - réel ou prévisionnel - de la bête !

Les « filles » - sapées pour sortir comme des déesses en goguette - ont tout de même réussi à m’entrainer jusqu’à la place voisine, point de départ du cortège où je me suis « laissé aller » à prendre quelques photos, mais j’ai finalement choisi la fermeté et ne les ai pas accompagnées pour la suite, sachant très bien qu’une défaillance sur ce point risquerait d’avoir, en ce moment, des conséquences redoutables !

 

SIGNES DES TEMPS, EN VRAC, JALONS A GEOMETRIES VARIABLES

(Les prénoms ont été modifiés)

 

Ce matin, activité fébrile chez Sandra, loueuse à Camagüey, engagée dans une nouvelle phase d’extension de son parc locatif qui va ajouter aux deux chambres existantes une nouvelle aile… Il faut faire vite, le business presse, Sandra s’affaire au service  du petit déjeuner pour ses hôtes hollando-danois pendant que le gentil fiston - qui ne s’exprime quasiment plus que dans son anglais de loueur de chambre d’hôte -, s’est mis au boulot, casquette vissée à l’envers, à manier la pelle et le seau aux côtés d’une équipe de jeunes costauds. Une, voire deux, voire trois chambres d’hôte en devenir ne constituent pas forcément un signe de luxe, mais elles sont des jalons…

 

La maison de Tatiana et de Miriam, déjà totalement redistribuée - voilà à peine un an - pour donner place à une première expérience de location, vient de subir un nouveau lifting à grand renfort de parpaings afin d’en doubler la capacité d’accueil. Même si les hôtesses - mère et fille - du lieu disent et répètent que la saison est bien médiocre et que la concurrence fait rage entre les centaines de loueurs installés sur la cité, le changement est en cours, à marche rapide… et les bicyclettes new look nouvellement hébergées dans le patio couvert en témoignent… Une, voire deux bicyclettes, ne constituent évidemment pas un signe de confort, mais elles sont des jalons…

 

Chez l’ami Eduardo qui pratique à l’occasion, et en supplément de son activité professionnelle de mécanicien - aussi patenté qu’indépendant -, une politique d’accueil, chaleureuse et bienveillante, pour des touristes recommandés par d’autres touristes recommandables (?) - c’est l’équipement en air conditionné ancien, ronronnant et vorace, qui a été remplacé par une installation discrète, extrêmement efficace et  peu gourmande. Bien sûr, le remplacement d’une clim par une autre plus moderne ne saurait signifier quoi que ce soit.

 

Miguel, jadis ouvrier avancé dans une entreprise de production de pâtisseries, complète désormais l’unique journée de travail que lui garantit sa boite, par un « petit » (?) boulot de vendeur de pain, essentiellement à destination des loueurs de chambres d’hôtes qui fleurissent à Trinidad et de quelques maisons de couples mixtes ou de Cubains multicartes… Cela, ajouté au salaire d’infirmière de son épouse, les aidera à assumer les frais de la fête des quinze ans de leur fille - frais énormes - même si ces amis-là ont accepté et choisi l’option d’une réunion moins tentaculaire et ostentatoire que ce qui se pratique habituellement. Ils ont emprunté à un couple d’amis dont les parents travaillent dans… le tourisme et à une tante dont le fils vit aux USA

 

Yadira s’est « retrouvée » enceinte au lendemain d’une rencontre de misère avec un mec dont elle ne saura vraisemblablement  plus jamais rien, en même temps - à une semaine près - que sa sœur, elle dûment « mariée » pour l’instant, et tout ce petit monde en espérances vit du très maigre salaire de la maman qui travaille dans une charcuterie industrielle dont elle ramène parfois quelques packs de viande hachée déclassée… La « maison » de parpaings bruts n’a toujours ni fenêtres ni sol…

 

Aujourd’hui Yaime avait prévu de rendre visite à sa fille qui vit au bout du bout du monde - mais surtout à sa petite fille qu’elle adore éperdument et dont chaque petit souci de santé infantile (même hyper-suivi et accompagné)- lui déclenche de nouvelles poussées de préoccupations - afin de lui apporter les doses mensuelles des produits garanties par la « libretta ». Au programme prévisible, lever à 3 heures du mat, guagua (= bus) brinquebalante, jusqu’à un arrêt où son gendre viendrait la chercher en carriole (= remorque à cheval !). Raté pour aujourd’hui : la distribution des denrées de base accessibles grâce au livret ne peut commencer que le 1er du mois, en tout cas c’est la règle dans cette  bodega-la, d’autres sont, semble-t-il, plus compréhensives…

Chez Yaime, peu de changements, le sol est toujours de terre battue, les « toilettes » toujours aussi rudimentaires, les demandes d’aide à la construction sont restées vaines. Elle continue à vivre et à faire vivre en combinant quelques petits travaux de couture et de ménage lorsque l’occasion de présente, un peu de préparation de pâtisseries de cacahuètes quand les prix d’achat baissent, et des petits bouts d’aide que lui apporte son fils, joli mec-gay, assumé, déterminé à vaincre les obstacles pour impulser ses choix et ses plaisirs, et qui tire de son activité de « coiffeur » quelques premiers revenus.

 

Arrancha est rentrée voilà quelques mois d’une mission au Venezuela où elle aura passé finalement 14 mois comme éducatrice culturelle, un secteur dans lequel elle aura certainement su mettre ses compétences au service du public qui lui aura été assigné. Elle a demandé et assumé cette mission dans l’espoir de garantir à sa fille de 8 ans une vie moins dure que celle qu’elle aura connue elle-même. (Celles et ceux qui suivent attentivement mes bavardages reconnaitront peut être celle que j’ai évoquée sous le nom de mon « hirondelle de Cienfuegos »). Bousculée par la vie, violemment malmenée par une belle-famille (trait d’union indispensable si l’on veut conserver l’adjectif !), elle aura connu les pires conditions d’une vie misérable, celles-là mêmes qu’on souhaiterait épargner à ses enfants. Au prix d’un exil de 14 mois qui l’a privée se sa fille de façon terriblement douloureuse, et qui l’a confrontée là-bas à une réalité politique et sociale d’une violence dont elle n’avait pas idée, elle est arrivée aujourd’hui à offrir à sa princesse le minimum de confort dont elle aura tant rêvé pour elle-même (un téléviseur pour qu’elle ne soit pas déconnectée et un frigo pour qu’elle puisse trouver des boissons et des aliments frais). La vie est devenue un peu moins pénible, mais les économies ont vite fondu…

 

La petite Yuliet, 21 ans, ne travaille pas, mais « fait du commerce ». En fait, elle achète à bas prix des produits divers, en ce moment principalement cosmétiques ou ménagers, qu’elle revend avec bénéfice dans d’autres parties du pays. Au cours de la conversation et en réponse à mes demandes insistantes, elle m’explique tout tranquillement que les produits qu’elle va chercher sont simplement « sortis » de l’usine qui les fabrique par des travailleurs de l’entreprise, une pratique, connue de tous, combattue par le gouvernement dans le cadre de sa lutte contre la petite et grande corruption, mais néanmoins très répandue et bien ancrée dans les habitudes.

 

AIDER, COOPERER… ???

La réflexion n’est pas nouvelle.

La conclusion ne le sera certainement pas non plus !

Toutes ces situations, les différences, voire les inégalités qu’elles révèlent, interpellent fortement. Le fait d’avoir dans son entourage immédiat un parent qui vit à l’extérieur du pays, ou de travailler dans le secteur touristique génère des opportunités évidentes d’amélioration des conditions de vie. La possibilité de travailler en mission à l’étranger y contribue également, mais de manière beaucoup moins durable. Ainsi, les disparités se creusent de façon quasi mécanique et malgré les options choisies par le gouvernement cubain pour ne laisser personne à l’écart.

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Au-delà des actions de coopération telles que nous les menons en direction d’institutions et dans le cadre bien précis de besoins et de priorités définis conjointement avec nos interlocuteurs cubains, je m’interroge, au plan personnel, sur la meilleure façon d’aider, individuellement, telle personne ou telle famille amie en situation difficile.

Aider les déjà nantis à l’être plus encore est exclu pour moi. Ceux-là ont déjà tellement d’avantages et n’ont aucun mal à faire grossir la boule de neige, même s’ils ont parfois l’impression que cela ne va pas assez vite ! Ils ont, pour la plupart, déjà bazardé les valeurs de solidarité qui sont encore un pilier important de la société cubaine et ne pensent plus guère qu’à leurs affaires.

Quant aux plus pauvres, les besoins sont tels qu’une petite aide ponctuelle ne règle rien durablement.

Reste à enseigner l’art de là pêche plutôt que de fournir le poisson, fournir la canne et l’épuisette qui pourront donner réalité au rêve du pêcheur, jusqu’alors inaccessible, et permettre le décollage d’une activité qui, à court ou moyen terme, apportera à la fois les conditions d’une vie meilleure et les moyens de rembourser l’investissement avancé ? Une sorte de micro-crédit personnel en quelque sorte.

 

Le Festival des Caraïbes s’achèvera demain par le « Desfile de la Serpiente » qui aboutira à la mise à feu du Diable de bois et de paille érigé sur l’Avenue de l’Alameda qui longe la baie et le port de Santiago

Le Festival des Caraïbes s’achèvera demain par le « Desfile de la Serpiente », avec en apothéose libératrice, la mise à feu du Diable de bois et de paille érigé sur l’Avenue de l’Alameda qui longe la baie et le port de Santiago. Le lendemain, les quelque 350 invités du Surinam et les centaines de représentants des autres nations caribéennes ou impliquées dans la culture de cette partie du monde quitteront les luxueux hôtels, copieusement climatisés avec piscine paysagée où ils auront été hébergés pendant la manifestation et reprendront les avions qui les ramèneront dans leur pays. Pour la plupart des groupes cubains, venus des quatre coins de l’ile, le retour se fera dans une guagua brinquebalante et surchauffée aux couleurs des « Transportes Escolares » de la Province de Santiago. Les hommes et les femmes qui composent ces ensembles de danseurs et de musiciens traditionnels, porteurs des héritages culturels haitiano-cubains, retrouveront leur communauté villageoise après huit jours passés dans des conditions d’hébergement très précaires dans les dortoirs de l’IUFM local : chambres de 40 à 50 personnes avec lits superposés, dotés d’un matelas de mousse étroit et malmené par les années, toilettes et douches collectives à la propreté douteuse et à l’approvisionnement en eau aléatoire, promiscuité totale, chaleur écrasante, et partage obligé des conversations, délires plus ou moins imbibés, chants et percus de toutes celles et ceux qui n’ont pas sommeil. Je n’ai, bien évidemment, pas partagé ces conditions d’hébergement avec mes ami(e)s des groupes fondateurs, mais j’ai vécu avec eux beaucoup de moments forts de cette édition du festival, comme je le fais chaque année, et j’ai bien entendu leurs doléances dont ils m’ont largement fait part. La situation de l’une des troupes a même failli déboucher sur un blocage le jour où les membres ont appris qu’ils ne toucheraient pas leur paye à la date prévue, la trésorerie de la coopérative dont ils font partie ne pouvant en assurer le paiement à temps. Une bonne partie des gars et des filles - tous âges confondus - se retrouvait sans un sou (au sens le plus strict de l’expression), et n’avait même pas de quoi acheter un sandwich, un « refresco », un verre de bière, une bouteille de rhum ou un paquet de cigarettes « Popular ». Après l’irritation perçue lorsqu’ils (plus exactement elles !) s’étaient trouvé(e)s la veille dans l’obligation de commencer leur installation par le nettoyage des sanitaires et l’agacement face au flou organisationnel total, la coupe était pleine et la menace de quitter le festival avait été clairement prononcée. Pour désamorcer la colère qui montait, le directeur artistique s’était donc fendu d’un aller et retour express dans la nuit pour tenter de régler au moins le problème des salaires non versés. En apportant, le lendemain matin, à une partie des membres du groupe la paye qu’ils attendaient, il avait réussi à éviter la rupture brutale… sans pour autant relancer tout à fait la dynamique frénétique et joyeuse dont ce groupe-là faisait preuve les autres années.

 

La vie des danseuses, danseurs, musiciennes et musiciens - évidemment totalement amateurs - de ces troupes traditionnelles est rude. Les communautés d’origine et de religion sur lesquelles ils reposent regroupent essentiellement des négresses et des nègres pauvres auxquels s’ajoutent parfois, grâce à l’entremise métissante des « casas de la cultura » quelques blancs. La houe et la machette sont très présentes dans les « numéros » qu’ils donnent à voir, tout comme l’âpre réalité des travaux agricoles. Les prestations sont physiques, comme le sont les jeux de force d’autres régions paysannes du monde, les femmes dansent à un rythme éperdu, les hommes défient la douleur et le risque ; le diable qu’il faut anéantir rôde derrière chaque figure jusqu’à ce qu’il soit mis à mort à grands renforts de flammes ou de coups ; l’amour, lorsqu’il est évoqué, est d’une extrême sensualité et  bien loin de tous les romantismes ; parfois, l’histoire et son héritage s’invitent à travers une parabole bouleversante de l’esclavage ou de la guerre tribale ; les dieux, tous les dieux, sont invoqués, remerciés, célébrés à travers toute une série de pratiques rituelles publiques ou secrètes…

 

C’est, une nouvelle fois, avec ces femmes et ces hommes-là que j’ai partagé l’essentiel de cette semaine qui s’achève, accueilli avec chaleur, associé aux grands et petits moments et, en même temps, toujours un peu en marge, observateur bienveillant et passionné mais extérieur, à une foule de pratiques qui m’interpellent : dernier exemple en date, lorsque la belle Yaime s’est retrouvée quasiment sans connaissance - mais pas en transe, cela n’a rien à voir - après deux heures d’attente sous un soleil implacable et une phase de danse endiablée sur un terrain de caillasses, elle a refusé toute aide de nature médicale en attendant que l’époux de sa tante puisse lui prodiguer des soins dont il a le secret (en fait, enduire d’une huile sans doute concoctée sous les commandements et selon les enseignements divins son estomac, le pli du coude et l’arrière du genou). A mon avis, le traitement a dû être mal administré car la danseuse ne va pas beaucoup mieux aujourd’hui qu’hier… Peut être faudrait-il aussi qu’elle s’alimente un peu plus régulièrement et qu’elle corrige un peu le régime rhum-clopes dont elle se nourrit essentiellement… Mais cela est une toute autre affaire ! De toutes manières, les conditions matérielles d’hébergement et de nourriture favorisent fatigues et malaises pendant ces journées menées à rythmes d’enfer et pèsent nettement sur le dynamisme des prestations.

 

J’ai eu globalement l’impression cette année, alors même que je n’étais pas venu l’an passé, que le Festival avait un peu perdu de sa fraîcheur. Cette remarque est sans doute surtout valable pour moi, qui combine aujourd’hui quelques préoccupations personnelles de santé, la gestion de deux expositions concomitantes, et l’impression d’avoir déjà tout vu et tout photographié de ce qui pouvait l’être… Il est vrai que, même si le pays invité change chaque année, le programme et les lieux ne varient guère et que j’ai retrouvé une sensation de « déjà vu » à de multiples reprises. Mais il y a certainement aussi une ambiance générale un peu plus pesante, peut-être directement liée (mais c’est une impression toute personnelle) à la crise et aux difficultés économiques auxquelles est confronté le peuple cubain. Beaucoup de gens ici évoquent une sorte de repli sur soi généralisé, comportement de défense face aux problèmes du quotidien et à la détérioration de la situation sanitaire, en particulier à travers le développement de l’épidémie de dengue qui sévit en ce moment. On dit aussi que les manifestations culturelles ne recueillent plus le même écho qu’avant (quel avant ? avant quoi ?). C’est sans doute (!!!) ce qui explique la très modeste fréquentation des vernissages des expos du festival, noyés dans une suraccumulation de centaines de rendez-vous divers et variés.

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Font exception à cette règle-là quelques très grandes manifestations comme l’incontournable vernissage de l’exposition de Lescay, maestro-manitou génial et rusé de la vie culturelle santiaguera ou la présentation de l’exposition temporaire du salon de l’UNEAC (Union des Ecrivains et Artistes Cubains) à laquelle j’ai eu l’honneur de participer avec une de mes planches photos, aux côtés de 70 artistes, dont les grands noms de la peinture, de la sculpture et de la création céramiste de l’Oriente cubain... ce qui m’a valu de me retrouver premier des trois artistes primés. A la clef, un diplôme que peu de non-Cubains possèdent, une grande fierté et beaucoup d’émotion et un bien joli paquet enrubanné contenant deux bouteilles de rhum et deux de refresco au citron, histoire de réinventer la recette du mojito !

 

Ce matin, jeudi 10 juillet, j’ai assisté au départ matinal des guaguas jaunes qui remmenaient artistes, bagages et matériel vers leurs communautés, moment émouvant pour tous ces gens qui se connaissent, se rencontrent à de multiples reprises, s’entraident souvent et se jalousent à l’occasion, mais qui ont comme élément éminemment fédérateur une culture puissante et rugueuse qui mêle jusqu’à l’extrême la danse et le rythme, la nature et les divinités. Hier, pendant l’ultime défilé dans les rues du centre de la ville, au bout d’un quart d’heure de percussions effrénées, une jeune femme est entrée en transe, mue par une énergie telle que les trois ou quatre gaillard(e)s qui l’accompagnaient ont eu un mal fou à la maitriser. Elle ne s’est apaisée que lorsque la matrone qui la maintenait a réussi à expulser le malin du corps de la petite, en projetant les deux bras vers le ciel sur un fond d’incantations rauques, puissamment reprises en chœur par la foule, pas plus interloquée que ça.

 

Ce sont des scènes auxquelles j’ai déjà assisté plusieurs fois, qui m’interpellent fortement et me ramènent sans ménagement à ma situation d’observateur extérieur…

 

Toujours est-il que j’étais, moi aussi, très ému et un rien triste de voir partir celles et ceux qui sont pour moi - au-delà des colloques, conférences et autres commémorations certainement très passionnants mais que je ne fréquente guère - la véritable âme de ce festival intense. La ville ma parait un peu vide ce matin et le quartier ou je loge - à quelques dizaines de mètres de trois des lieux essentiels des activités traditionnelles - semble étrangement tranquille.

 

Santiago de Cuba

10 juillet 2014

 


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