Le Dr Louis Destouches en mission à La Havane

mercredi 11 février 2015
par  Posté par Michel Porcheron

Ses études achevées, le Dr Louis Destouches (27 mai 1894) est embauché par la Société des Nations, en tant que médecin hygiéniste. Etabli à Genève, il effectue de nombreuses missions à l’étranger, Cuba, les États-Unis, le Canada, puis à son retour en mai 1925, différents pays d’Europe puis l’Afrique.

Ce voyage en Amérique, à la tête d’une délégation de médecins latino-américains, dont un est cubain, le marquera profondément comme médecin, mais pas seulement. « Figurez-vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New-York c’est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux même. Mais chez nous, n’est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s’allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur » »

Il ne trouvera un travail fixe qu’au dispensaire de Clichy, où il exercera jusqu’en 1937. « J’avais la vocation de médecin et puis dans le cours de la médecine, j’avais des ennuis économiques que tout le monde, qui est né pauvre, doit avoir et alors pour résoudre ces problèmes-là, je me suis dit rien de mieux que de faire un petit livre », confiera-t-il à la journaliste Francine Bloch en 1959. Quelques années auparavant, il disait aussi à R. Sadoul : « « J’avais uniquement une vocation médicale, et je regrette l’avoir un peu négligée. Je me serais livré entièrement à la médecine, je n’aurais pas eu tant d’ennuis et alors je me suis livré...je me suis livré à la littérature et il m’en a coûté très cher » (mp)

Le Dr Louis Destouches en mission à La Havane

Par Michel Porcheron
(source principale : Matthias Gadret)

  • En 1924, Louis Destouches (1894, Courbevoie) a soutenu sa thèse de médecine, avec la mention « très bien », « La vie et l’œuvre de Philippe Ignace Semmelweis », chirurgien hongrois du XIX e siècle et le 10 août le Docteur Destouches est nommé « responsable des échanges de médecins spécialistes » au sein de la Société des Nations (SdN), l’ancêtre de l’ONU, dont la « Section Hygiène » est dirigé par le Dr Ludwig Rajchman (1881-1965), basé à Genève, qui n’ignore pas les intérêts du jeune médecin français pour les problèmes d’hygiène et de santé publique de terrain. Mais c’est la Rockefeller Foundation qui paiera le « technical officer » Destouches.

Après une première mission aux Pays- Bas et à Paris, il se voit confier la direction d’une délégation de médecins sud-américains qui le conduira durant quatre mois aux Etats Unis, à Cuba et au Canada. Ce voyage a pour but de créer un réseau mondial d’échanges visant à l’amélioration du niveau de santé publique.

Il précise sa pensée dans une correspondance au Dr Rajchman du 17 mars 1925 : « Je fais une étude qui m’intéresse sur un point tout à fait précis : l’amélioration des conditions sanitaires de l’ouvrier. Correspond-elle à un meilleur rendement industriel de celui-ci ? ».

Le 14 février 1925, le Dr Destouches s’embarque à Cherbourg à bord du Minnetonka pour New York où il y arrive le 24 février après « toutes sortes de délais et de contremarches, brouillard, mauvais temps, etc... ». Le même jour, les premiers contacts avec la Fondation Rockefeller, qui finance une partie de ces activités, sont pris. Le 27 février, il est à Washington pour y rencontrer le Surgeon-General Cumming, chef du Service de la santé publique aux États-Unis, d’un premier abord « très amical ».
Le programme que suivra désormais le groupe sera trop chargé. Destouches s’en plaint auprès de L. Rajchman.

Le Dr Destouches au centre, la tête légèrement penchée

Après un séjour d’une semaine à La Havane, il gagne la Louisiane avec le groupe le 10 mars, Puis c’est Jackson, Etat du Mississipi, le 22 mars, New York et Washington (6-11 avril) où Destouches et sa délégation de médecins sont reçus à la Maison-Blanche par le président des Etats Unis, Calvin Coolidge le 10 avril. Dans une lettre confidentielle au Dr Rajchman, le médecin français fera remarquer l’attitude des autorités à nier absolument le rôle de la S.D.N. dans l’organisation de cette mission. 
Les derniers jours d’avril (du 18 au 28) sont consacrés à la visite de New York et les villes de la région (le 27 c’est Ellis Island et son service d’inspection des immigrants). Détroit et Pittsburg sont les prochaines étapes (5-8 mai)

Niagara est la dernière étape du groupe aux Etats Unis avant son arrivée le 10 mai en territoire canadien. A Toronto, Ottawa, Montréal, Trois-Rivières, Grand’ Mère et Québec, conférences, banquets et visites rythmeront les quelques jours de leur présence. La presse locale fera largement échos au passage de la délégation internationale. Le 22 mai 1925, c’est le départ pour l’Angleterre du Dr Louis Destouches, à bord du Mont-Royal qui accostera à Liverpool le 30 mai. La délégation de médecins latino-américains est toujours présente et sous la direction de Destouches elle poursuivra ses travaux en Grande Bretagne, Hollande, Belgique, Italie et France.

C’est par les lettres et les différents rapports qu’adresse le docteur Destouches au Dr Rajchman, à Genève, que le détail des étapes et des pérégrinations du voyage nous seront connues. Dans quatre de ces lettres (du 2 mars au 6 mars 25) il est question de son séjour à La Havane.

Cuba (2-9 mars 1925) 

Le 2 mars 1925 il est à Cuba, protectorat nord-américain, La Havane avec pour but principal de rassembler le groupe de médecins latino-américains. Avant l’arrivée de tous les participants, le médecin français de la SDN est accueilli à la Dirección de la Sanidad « grand et magnifique palais », un ministère qui « possède par ailleurs des moyens financiers qui surpassent ce qu’on pourrait imaginer quand on a vécu en Europe ». La qualité des infrastructures médicales et le faste de la ville frappe le Dr Destouches dès son arrivée : « L’or en effet ruisselle à Cuba. [...] J’ai visité un hôpital Mercedes où sont réunis pour le bien de 200 malades à peine tout ce que la science moderne peut offrir de plus coûteux y compris 500 milligrammes de radium. L’aspect de la ville et de ses environs a quelque chose d’invraisemblable par le luxe et la beauté réelle de l’ensemble » mais il remarquera quelques jours plus tard que « les prix de toutes choses sont terrifiants » et notera « aucune réception officielle, aucune auto, rien. L’accueil est charmant mais réservé. »

Tous les médecins invités étant réunis, le départ de La Havane pour les États-Unis est organisé pour le 7 mars 1925. Dans un échange avec sa hiérarchie daté du 6 mars, le Dr Destouches brosse un rapide portrait de ses collègues sud-américains. « Ils s’appellent Alba, Alvarez, Garira, Gubetich, Lerdes, Mattos, Schiaffino et Valega. Ils viennent du Mexique, du Brésil, de l’Uruguay, de Cuba, du Venezuela, du Paraguay, du Salvador et du Pérou » (Philippe Alméras)

A son retour en France, mais plus tard, après un échec dans la médecine libérale, il est engagé au dispensaire de Clichy, où il exercera jusqu’en décembre 37, etc, etc,

Entretemps, on ne connait de lui que des textes de médecine sociale, comme cet article sur « La santé publique en France » que publie en mars 1930 Monde, hebdomadaire de gauche. Le 26 mai 1928, il avait prononcé une communication devant ses confrères sur le service sanitaire des usines Ford de Détroit.

Le 15 octobre 1932, parait chez Denoël Voyage au bout de la nuit. Pour protéger sa vie privée, le Dr Destouches s’efface. Le livre porte la signature Louis- Ferdinand Céline. Céline, en souvenir de sa grand-mère.

« Ca a commencé comme ça »

Lire : http://www.lepetitcelinien.com/search?q=un+m%C3%A9decin+aux+am%C3%A9riques
En décembre 2011, pour célébrer le 60ème anniversaire de l’Alliance Française, l’AF de Cuba avait organisé de nombreuses manifestations, dont une conférence sur Louis-Ferdinand Céline par Géneviève Guth-Kitts (maitre de conférence à Paris 4 La Sorbonne, et professeur d’anglais et de français à la Faculté de Langues Etrangères de l’Université de La Havane) « Louis Ferdinand Céline est un écrivain polémique qui a ouvert la littérature à un autre langage littéraire : le français parlé pour rendre toutes les sensations de la vie. Mais sa vision du monde et ses écrits pamphlétaires lui ont valu des haines opiniâtres »
(mp)


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