Carlos J. Finlay, un scientifique en avance sur son temps

lundi 7 septembre 2015
par  RG

Le médecin cubain Carlos J. Finlay Barrés (1833-1915) était en avance de plusieurs décennies sur le développement scientifique de son temps lorsqu’il avança, en 1881, la théorie de la transmission de la fièvre jaune par un insecte piqueur.

D’une mère française, étudiant au Lycée de Rouen, officier de la Légion d’Honneur de notre pays, c’est une des figures importantes qui marquent les liens entre Cuba et la France.

Découvreur, entre autres, de l’agent de transmission de la fièvre jaune...

Le découvreur des conséquences de la piqûre du moustique femelle Aedes aegypti, responsable de la transmission du virus de la fièvre jaune, élabora un plan anti-vecteur, la seule solution pour éradiquer cette terrible maladie du 19e siècle.

Pour avoir contribué à débarrasser le monde de cette maladie également appelée « vomito negro » (vomissement noir), et aidé à éradiquer d’autres maladies, cet éminent savant cubain fut considéré comme un bienfaiteur de l’humanité. Cent ans après sa mort, et alors qu’il figure parmi les six microbiologistes les plus célèbres de l’histoire, l’on ignore encore avec exactitude les raisons pour lesquelles jamais le prix Nobel de médecine ne lui fut attribué, bien qu’il fût proposé à sept reprises, entre 1905 et 1915.

L’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (Unesco) l’a inclus parmi les six microbiologistes les plus importants de l’Histoire et a institué le Prix « Carlos J. Finlay », à l’initiative de Cuba, afin d’encourager les recherches en microbiologie (y compris en immunologie, biologie moléculaire, génétique) et leur application.

Le nom de Finlay figure sur la liste de l’Unesco, avec ceux du savant néerlandais Anton van Leeuwenhoek (1632-1723), surtout connu pour ses améliorations du microscope ; le chimiste et biologiste français Louis Pasteur (1822-1895), inventeur de la pasteurisation, et le médecin et bactériologue Heinrich Hermann Robert Koch (1843-1910), connu pour sa découverte de la bactérie responsable de la tuberculose qui porte son nom : « bacille de Koch ».

On trouve également parmi ce groupe, Ilya Ilich Mechnikov (Ukraine, 1845-1916) qui formula la théorie sur la capacité du corps humain à résister et vaincre les maladies infectieuses et des études sur la syphilis, ainsi qu’Alexander Fleming (Écosse, 1881-1955), découvreur des effets antibiotiques de la pénicilline. Avec sa théorie révolutionnaire, qui a expliqué scientifiquement le mode de transmission des maladies infectieuses, ainsi que le mode d’éradication, le savant cubain apporta une contribution précieuse à la connaissance mondiale.

Avec ses résultats fondés sur un nouveau mode de contagion à travers un agent biologique intermédiaire qui propage une affection à une personne malade à une personne saine, Finlay en finit avec les conceptions épidémiologiques de son époque qui prétendaient que les pathologies se disséminaient par le contact direct entre les personnes ou l’influence d’un facteur environnemental.

En août 1881, il présenta devant la Royale Académie des sciences médicales, physiques et naturelles de La Havane, premier nom de l’Académie des Sciences de Cuba, un exposé qu’il avait modestement intitulé « Le moustique considéré hypothétiquement comme responsable de la transmission de la fièvre jaune », œuvre avalisée par des inoculations satisfaisantes sur des êtres humains.

Il décrivit les trois conditions nécessaires à la propagation de cette maladie : la présence d’un cas de fièvre jaune, un sujet apte à contracter la maladie et un vecteur, un moustique antérieurement classifié comme Aedes aegypti, ou encore la transmission de la fièvre jaune par un insecte piqueur.

Après avoir exposé sa théorie du vecteur biologique dans la transmission des maladies infectieuses, le brillant académicien cubain ouvrit les portes à l’explication de maladies comme le paludisme, la dengue, les filarioses, leishmanioses, trypanosomiases et autres maladies inconnues de l’époque, marquant ainsi le début des études d’entomologie dans le monde.

Entre 1881 et 1900, Finlay mit au point des expériences afin de vérifier la transmission par les moustiques et il découvrit qu’un individu piqué une fois par un insecte infecté était immunisé contre de futures maladies. C’est ainsi que le sérum contre la fièvre jaune vit le jour.

Entre 1893 et 1898, il formula et divulgua les principales mesures afin d’éviter les épidémies de fièvre jaune, comme de la destruction des larves de moustiques vecteurs qui vivent dans des flaques d’eau. Depuis 1901, ces mesures furent appliquées avec succès à Cuba, au Panama et dans d’autres pays où la maladie était considérée comme endémique.

Les mesures anti-vectorielles proposées par Finlay ont aidé à construire le canal de Panama. Une plaque commémorative est exposée près du canal en reconnaissance de sa contribution.

En 1902, Finlay a été nommé chef supérieur de la santé. Il structura ce système dans le pays sur des bases nouvelles. À ce poste, il fit face à la dernière épidémie de fièvre jaune, en 1905, à La Havane, qui fut éradiquée en trois mois.

Parmi d’autres découvertes importantes pour la science mondiale, Finlay réalisa des études importantes sur la propagation du choléra à La Havane. Parallèlement à ses recherches sur l’étiologie de la fièvre jaune, il étudia la morve (une maladie hautement contagieuse qui affecte les équidés) et il décrivit le premier cas de filariose dans le sang observé en Amérique (1882).

Il fit occasionnellement des incursions dans des questions scientifiques de caractère théorique, et il exerça l’ophtalmologie. En représentation de l’Académie des Sciences, il conseilla la première commission de recherche sur la fièvre jaune dépêchée à Cuba par le gouvernement des États-Unis, en 1879.

On lui doit aussi d’importantes contributions à l’entomologie, la virologie et l’ophtalmologie, dans le traitement de la lèpre, de la filariose, du cancer, du tétanos, de la malaria et de la tuberculose. Il contribua à jeter les bases de l’éradication des maladies contagieuses au moyen de l’immunologie provoquée, la vaccination et la lutte anti-vectorielle.

Finlay, dont le prénom était Juan Carlos, mais il signait « Carlos J. », est né à Puerto Principe, province cubaine actuelle de Camagüey, le 3 décembre 1833. Il est décédé à La Havane le 19 août 1915. Son père, Edward Finlay, était écossais et chirurgien ophtalmologiste, et sa mère, Marie Elizabeth de Barrés, était issue de la noblesse française.

Il suivit ses études primaires et secondaires en France et en Allemagne. Il commença la médecine au lycée à Rouen, mais, atteint gravement par la fièvre typhoïde, il dû rentrer à La Havane.

Après sa guérison, les autorités académiques lui interdirent de poursuivre ses études. Il partit pour Philadelphie au Jefferson Medical College où il obtint son diplôme en 1855. En 1857, il fit homologuer son diplôme à l’Université de La Havane. Il fut élu membre titulaire de la Royale académie des Sciences médicales, physiques et naturelles de La Havane en 1872, et en 1895 il fut nommé membre d’honneur. Il occupa le poste de secrétaire de correspondance aux Relations internationales de cette institution pendant environ 14 ans.

Lorsque Finlay annonça au monde sa théorie, les autorités sanitaires et gouvernementales des États-Unis prétendirent s’approprier sa découverte. Le débat débuta avec les études controversées réalisées à Cuba en 1900 par la Seconde commission sanitaire de l’armée des États-Unis, présidée par le docteur Walter Reed, qui suivit les postulats de Finlay afin de vérifier ses résultats.

Cependant, aujourd’hui la communauté scientifique mondiale reconnaît Carlos J. Finlay comme l’auteur de la découverte. En 1954, le 12e Congrès d’Histoire de la médecine, à Rome, approuva une motion attribuant au Cubain la paternité de la découverte de l’agent de transmission de la fièvre jaune.

Finlay reçut beaucoup d’hommages et de reconnaissances, comme la médaille Mary Kingsley de l’Institut de médecine tropicale de Liverpool, en Grande-Bretagne, le prix Bréant de l’Académie des sciences de Paris et fut promu au rang d’officier de la légion d’honneur par la France.

La date de sa naissance, le 3 décembre, a été désignée comme la Journée de la médecine latino-américaine, et l’État cubain a institué l’Ordre de Carlos J. Finlay pour récompenser les travaux scientifiques les plus remarquables au service du bien-être humain.

Source : Granma International


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