Lire le Che en des temps nouveaux

samedi 7 novembre 2015
par  Isabelle Mejia

Par José Armando Fernández Salazar pour le journal Cubahora et traduit par Isabelle Meija

Stimuler le développement des forces productives avec l’intention de construire un socialisme prospère et soutenable...

Le travail indépendant a ses histoires. Depuis la famille qui a totalement renoncé à sa vie professionnelle pour vendre des pizzas à l’oiseau de malheur qui en est à sa quatorzième faillite. Celle de ce groupe de loueurs qui a aidé à la réhabilitation d’une salle d’oncologie pédiatrique, en réunissant une partie de leurs bénéfices ou celle de vendeurs sans âme qui s’enrichissent sur les besoins de leurs concitoyens.

Le travail indépendant est à la mode. Je rencontre toujours quelqu’un qui a une affaire en tête, qui espère un crédit ou quelques sous d’un lointain cousin. Ils sont plus de 500 000 les cubains qui, sur la table familiale posent des haricots ou quelque chose de meilleur, grâce à un travail non étatique.

La modernisation du modèle économique et social, sans renoncer à la proprièté sociale des moyens de production, l’a accentué ainsi que les autres formes de gestion, telles les coopératives et l’inversion étrangère. Il s’agit de mécanismes dont le but est de stimuler le développement des forces productives avec l’intention de construire un socialisme prospère et soutenable, c’est à dire le socialisme à la cubaine.

Ainsi que l’a reconnu le Président des Conseil d’Etat et des Ministres, Raoul Castro lui-même, il s’agit de la dernière opportunité historique pour sauver le projet alternatif cubain, dont l’idée n’existe dans aucun manuel et qui nous apparaît chaque jour comme quelque chose d’entièrement nouveau.

Dans ces aventures ne manquent pas d’apparaitre des phénomènes contraires aux principes de la société cubaine. Corruption, égoïsme, aliénation et perte des valeurs sont les manifestations du coût social provoqué par la récurrence des pratiques du mode de production capitaliste pour stimuler les forces productives.

Pour beaucoup, l’Etat devrait céder davantage de secteurs de l’économie et se contenter d’encaisser les impôts et de répartir les richesses.D’autres considèrent que les propositions qui mettent l’accent sur l’éducation, l’éthique et la morale, comme solution aux problèmes économiques sont naïves.

Ces soi-disants économistes prétendent trouver dans le déterminisme des chiffres et des pourcentages l’explication de la complexité humaine et malgré leurs bonnes intentions, on sait que le chemin de l’enfer en est pavé.

Ce n’est pas la première fois que la société cubaine se trouve à un tel carrefour. Dans les années 1960, nous avons vécu de telles polémiques quoique dans un contexte différend : l’expérience du vrai socialisme en Europe de l’Est et en Union Soviétique avait alors une grande influence.

A cette époque, une voix s’est jointe au débat.Une voix et un bras : chaque lettre écrite sur la feuille blanche était le résultat d’une profonde analyse de la théorie marxiste-léniniste et l’application pratique de ces conclusions depuis son poste de ministre de l’industrie et de la banque centrale de Cuba.

Cette union théorie et pratique a nuancé la pensée économique de Ernesto Che Guevara, souvent cité, mais fort peu imité. Conçue depuis et pour le Tiers Monde, cette pensée fut originale et hérétique, mais est toujours d’actualité. Elle est une mise en garde sur les dangers « de construire le socialisme avec les armes ébréchées du capitalisme. »

Une des principales remarques des écrits et discours du Che était le risque de voir prospérer des positions de défense d’un socialisme mercantile ou l’usage intelligent de la loi de la valeur, qui reproduisaient des concepts capitalistes, mais dans une société où n’existait pas l’exploitation de l’homme par l’homme. Ce qui menait à une contradiction qui freinait le développement économique.

En ce sens, par exemple, l’explication sur les prix et les salaires qui dérivent des formules capitalistes ou le danger de convertir les attraits matériels en leviers pour le développement ou celui d’abandonner la stimulation morale et le travail politique, sont dénoncés.

Précisément,un des axes fondamental de la pensée du Che était la subordination de l’économie à la politique et l’importance de la conscience pour la résolution des problèmes de la réalité.

C ’est pourquoi, l’encouragement moral est plus important que le matériel. Ce qui ne signifie pas, évidemment, que les gens ne doivent pas satisfaire les nécessités basiques comme la nourriture,mais que si la société ne se contentait que de cela, elle entrait dans le cercle vicieux de la consommation, d’où l’importance de nourrir les faims spirituelles des êtres humains.

Ces articles parmi ceux qui se trouvent dans le paradigmatique « le socialisme et l’homme à Cuba » sont un précieux testament de celui qui est mort à la Higuera. Y revenir dans les circonstances actuelles est une expérience totalement nouvelle.Elle nous permettrait comme synthèse de dire que la modernisation du modèle économique et social ne doit pas nous conduire uniquement à la prospérité et au développement des forces productives, mais aussi et peut-être surtout à la formation d’un Homme Nouveau.


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