La loi d’ajustement cubain soumet les migrants cubains à un chemin de croix semé de dangers

lundi 14 décembre 2015
par  Traduit par Chantal Costeroussse

par René Vasquez diaz
pour Santamambisa le 2 décembre 2015 - Traduit par Chantal Costerousse

Afin d’aider à mieux comprendre ce que signifie cette "loi d’ajustement "et la politique "pieds secs - pieds mouillés" vous trouverez à la suite de la traduction, un excellent article de notre ami Sébastien Madau, journaliste au quotidien "La Marseillaise" et publié dans l’Humanité.

"Comme un poinçon aiguisé par l’Histoire, le cas des migrants cubains regroupés au Costa Rica a dégonflé, d’une piqûre tragique, le ballon de l’exception des Cubains qui émigrent.

Poussés par la crainte (fondée) que le dialogue d’égal à égal que soutiennent Cuba et les États-Unis enfouisse un défi formidable à la Loi d’Ajustement cubain, environ 4000 compatriotes se sont lancés à travers l’Amérique centrale pour arriver à temps aux États-Unis...

Beaucoup d’illusions, créées par les mensonges ...

En ce moment, quand l’Équateur décide d’exiger des visas aux Cubains, on peut constater ce qui suit :


⁃ Bien que la crise soit résolue, s’évanouit l’idée selon laquelle certains cubains croient, honnêtement, que pour arriver aux États-Unis et pour bénéficier de la Loi d’Ajustement, il leur est donné un droit spécial, presque mystique ou divin, de balayer n’importe quel type d’obstacle légal qui les empêche de réaliser leurs rêves dans le grand pays du Nord.

⁃ Qu’à partir de maintenant les Cubains seront considérés migrants “pieds secs “et ils auront à se soumettre à la légalité des pays pour ceux qui essaient de traverser dans un climat de requins sans scrupules, des jungles avec des dangers inimaginables dans la montagne de naïveté cubaine et les centaines de migrants d’un tas de pays frères.

- Que si ne se discute pas l’aspect psychologique , on ne peut pas comprendre les Cubains qui sont profondément convaincus, comme s’ils évoluaient à l’intérieur d’un mirage, que la raison et le droit sont de leur côté, bien qu’ils agissent sans raison et sans droit. Au contraire de tout autre migrant salvadorien , mexicain ou hondurien, le Cubain espère trouver de la compréhension et de l’aide des gouvernements, de la presse et dans les villages où ils passent. C’est pour cela qu’on les voit consternés, incrédules ou en colère “comment ? ils osent nous arrêter !”. Quand le mirage se dissipe, ils se heurtent aux autorités qui appliquent leurs propres lois et ne les laissent pas continuer.

- Que les cubains qui sont au Costa Rica sont sortis légalement de Cuba et sont entrés légalement en Equateur ; après, ils sont entrés illégalement en Colombie, ils ont traversé illégalement ce pays avec l’aide de passeurs et sont également entrés illégalement au Panama. A la frontière du Costa Rica les autorités migratoires leur ont octroyé des visas de transit en sachant pertinement que l’objectif des migrants était de pénétrer massivement au Nicaragua et de continuer leur voyage illégal jusqu’au Nord ;

- Que sans une consultation préalable ou une négociation avec le Gouvernement nicaraguayen, ni avec aucun autre gouvernement de l’Amérique centrale, le Costa Rica a unilatéralement permis que 1917 Cubains pénétrent sans visa au Nicaragua le 15 novembre. Le Nicaragua a exercé alors son droit légitime de défendre ses lois et son territoire, en expulsant par la force les migrants cubains.

- Qu’accuser le Nicaragua d’abuser de la force, après avoir repoussé une multitude disposée à traverser le cordon policier déployé dans la station frontalière de Rochers Blancs le 15 novembre, est un argument formidable pour exciter la propagande contre le Gouvernement de Daniel Ortega. Mais que cette allégation n’a eu aucune valeur sur la table des négociations de la Commission de Sécurité du Système d’Intégration De l’Amérique centrale (SICA). Pour se rendre compte de la gravité du moment, il suffit d’étudier les vidéos dans lesquelles les migrants cubains, en avançant résolument et en masse contre les policiers qui leur barrent le passage crient qu "ils ont forcé la barrière de la frontière avec le Nicaragua et qu "ils ont enfoncé la porte" de la Douane nicaraguayenne.

- Qu’ accuser Cuba, comme l’ont fait quelques médias, de “n’avoir rien fait" pour aider ses ressortissants enfermés dans un labyrinthe de lois migratoires étrangères, est aussi un argument parfait dans la propagande contre le gouvernement de Raúl Castro. Mais cette accusation de propagande manque de pertinence à l’heure de négocier une solution digne qui aide, avec efficacité, les victimes. Cuba, comme tout autre pays dans la même situation, n’a aucun droit pour obliger l’Équateur, la Colombie, le Panama, le Costa Rica, le Honduras, le Salvador, le Guatemala et le Mexique à violer leurs propres lois au bénéfice de ses propres citoyens.

- Que les migrants cubains ne sont pas des réfugiés mais des hommes, des femmes et des enfants qui ont volontairement choisi de se rendre aux États-Unis, où une loi qui n’est ni cubaine ni d’Amérique centrale, les accueillera bénévolement, à l’inverse de tous les autres migrants de la planète. Le pays de réception final, les États-Unis, confirme solennellement à travers son ambassadrice à Managua, Laura Dogu, que son pays accueillera les Cubains qui réussissent à entrer sur son territoire "tel que les lois en vigueur l’établissent depuis 50 ans” 
-Que, par conséquent, cette misérable générosité des États-Unis doit être discutée, puisqu’elle exclut, au nom de ses propres lois, la possibilité d’octroyer des visas à ces Cubains qui vivent dans des conditions dramatiques au Costa Rica, et qu’ils puissent arriver légalement aux États-Unis en les sauvant de l’incertitude et de l’humiliation.

- Qu’il reste démontré que la Loi d’Ajustement cubain soumet les migrants cubains à un chemin de croix parsemé de dangers et elle leur dit, avec une lenteur insupportable : quand ils arriveront sur un territoire américain, “si toutefois ils arrivent”, ils seront bien reçus. Pendant ce temps, là-bas vous, violez les lois d’un tas de pays concernés et que ces pays résolvent la tragédie provoquée par une loi nord-américaine.

- Que, finalement, la prétention du Costa Rica dont la crise se résoudrait si le Nicaragua laissait le passage à ces 4000 Cubains, est teintée d’un curieux cynisme. Après avoir encouragé la pénétration illégale des migrants au Nicaragua, les autorités costariciennes encourageaient aussi leur passage illégal par d’autres pays de l’Amérique centrale et le Mexique, en invitant des migrants d’autres nationalités à faire de même. Cela aurait signifié les livrer aux groupes de trafiquants ou autres , pires, comme ceux qui récemment ont été démantelés par des méthodes policières.

Et si un "couloir humanitaire" arrivait à s’ouvrir pour les Cubains, surveillé et protégé par les autorités de ce vaste territoire de Notre Amérique : pourquoi ne serait il pas aussi ouvert à d’autres migrants qui fuient la misère et le manque d’opportunités et marchent vers les Etats Unis avec l’espérance fondée de réaliser leurs rêves ?


Ils est temps d’en finir avec la discrimination et la loi "pieds secs , pieds mouillés"

Mardi 16 octobre 2012, le quotidien Granma, organe du Parti communiste de Cuba, annonce une réforme de la loi migratoire très attendue. À partir du 14 janvier 2013, les Cubains n’auront plus besoin de permis de sortie pour se rendre à l’étranger. Un passeport suffira. Fini aussi la lettre d’invitation que devait payer l’invitant. La réforme s’inscrit dans le cadre des mesures impulsées par le président Raul Castro depuis son élection, en 2008.

La mesure fait partie de l’actualisation du socialisme cubain. Après vingt ans de crise, depuis la chute de l’URSS, on peut légitimement parler de nouvel acquis. Cuba fait le pari de considérer son immigration comme un acteur potentiel de son développement. Cuba a souvent été montré du doigt par les pays occidentaux pour sa politique migratoire, jusqu’à qualifier l’île de prison tropicale. Mais jamais ceux qui avaient été si prompts à diffuser la critique n’ont voulu avoir une vision objective du phénomène.

En effet, au début de la révolution, Cuba a formé du capital humain et réglementé les flux migratoires afin de limiter la fuite des cerveaux, dans la santé, l’éducation ou la recherche. En 1960, l’île avait perdu un grand nombre de ses médecins. «  Les dispositions pour réguler les flux migratoires du pays ont été adoptées dans des circonstances imposées par les agressions qui, dans ce domaine, ont été appliquées par les différentes 
administrations nord-américaines  », lisait-on dans l’éditorial de Granma.

Bon nombre d’observateurs des relations cubano-américaines estiment que la réforme cubaine permettra de mettre à jour la réalité des conditions d’obtention de visas. Ainsi, la mesure cubaine n’enlève pas l’obligation d’obtenir un visa du pays étranger qui continuera d’avoir le dernier mot. Les nations occidentales seront-elles disposées à délivrer demain des visas à tous ceux qu’elles considéraient hier comme prisonniers dans leur propre pays ?

Et les États-Unis mettront-ils fin à leur politique discriminatoire vis-à-vis de Cuba ? En effet, depuis 1966, existe la «  loi d’ajustement cubain  » également appelée «  pieds secs, pieds mouillés  ». Alors que Washington pratique une politique migratoire stricte envers les autres migrants – notamment mexicains –, les Cubains reçoivent, eux, un véritable appel à l’immigration clandestine : ceux qui réussissent à atteindre le sol américain se voient remettre, dans l’année, des papiers, la possibilité d’obtenir la citoyenneté américaine ainsi qu’un numéro de Sécurité sociale, des facilités en termes d’accès au logement et aux denrées alimentaires. L’appel d’air a poussé les Cubains à se lancer littéralement à l’eau (on se souvient de la crise des balseros de l’été 1994) plutôt que de s’engager dans des démarches administratives légales.

Plus que jamais, la réforme migratoire cubaine rend obsolètes toutes les tentatives de déstabilisation mises en place par les États-Unis contre Cuba. Il faut non seulement en finir avec la «  loi d’ajustement cubain  », mais que les États-Unis s’engagent enfin à respecter les accords migratoires existant entre les deux pays. Par exemple, entre 1985 et 1994, alors que les accords de 1984 auraient dû permettre à 100 000 Cubains d’obtenir un visa, seulement 11 222 en ont effectivement obtenu ; Washington refusant jusqu’à 80 % des demandes légales de visas. Les derniers accords en vigueur datent de 1995. Les États-Unis s’engageaient à octroyer au minimum 20 000 visas par an. Or, ce seuil n’a jamais été respecté non plus (une moyenne d’à peine 14 000 visas annuels entre 1995 et 2008). Le non-respect des accords de 1994-1995 a ainsi favorisé l’immigration illégale de Cuba vers les États-Unis et la mise en danger des candidats au départ.

Plus que jamais, les États-Unis doivent en finir avec cette arme législative directement héritée de la guerre froide. Ce serait enfin un acte concret en vue d’une éventuelle amélioration des relations entre ces deux pays distants d’à peine 145 kilomètres.


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