Mieux vaut prévenir

samedi 9 juillet 2016
par  Ismael Clark Arxer

Les expériences cubaine et universelle confirment qu’en termes de réaction face aux catastrophes, mieux vaut prévenir que guérir. De telles expressions sont utilisées dans un ton familier pour prévenir les enfants d’un possible danger ou d’une menace potentielle.

Au niveau social, la même idée est formulée comme la perception du risque et précisément chez elle- ou dû à son absence- on trouve la source de nombreux événements qui qualifient comme catastrophes et cataclysmes.

Le concept de catastrophe est une construction culturelle, sans équivalent dans la nature. De là vient le fait que l’expression largement utilisée « catastrophe naturelle » soit de plus en plus contestée dans la mesure où, après tout, ce sont des facteurs humains qui font devenir un phénomène naturel plus ou moins intense en « catastrophe » en tant que telle.

Pour les encyclopédies, la catastrophe est le fait de toute origine qu´affecte d’une façon négative la vie, la subsistance ou l’industrie et qui peut conduire à des changements permanents dans les sociétés humaines, les écosystèmes ou l’environnement. Les cas extrêmes de ces faits, selon la gravité des dommages, sont généralement identifiés comme des catastrophes ou des cataclysmes et sont souvent évoqués pendant plusieurs générations.

Dans le cours de l’évolution de la Terre, il y a eu de nombreux phénomènes naturels qui peuvent être considérés comme dangereux, tels que les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, les inondations et les tempêtes. Quand ils ont lieu loin de la présence humaine, de tels événements ne constituent pas particulièrement source d’inquiétude, dans certaines occasions ils ont entraîné des résultats bénéfiques, tels que la création de nouveaux deltas des rivières et la formation d’un sol fertile autour des volcans.

Sans vouloir embrouiller le lecteur dans une digression terminologique - et pour subtile que la différence puisse paraître – il est nécessaire de faire la distinction entre trois termes interdépendants : danger, vulnérabilité et risque. Tous les trois sont utilisés, pour des raisons particulières, afin de décrire les causes qui coïncident dans ce que nous appelons catastrophe, qu’elle soit d’origine « naturelle » ou clairement provoquée par des actions humaines préalables.

Le Réseau Mondial des Académies des Sciences a organisé il y a quelques années un groupe international, sous la direction de l’Académie chinoise des sciences, afin étudier « l’atténuation des catastrophes naturelles », et qu´ a été intégrée par des experts de sept pays –dont Cuba- et qui a été rejoint par la suite par des représentants d’autres pays intéressés.

Depuis plusieurs années, ledit panel a beau travaillé pour dresser un rapport détaillé et pertinent de leur recherche. Par hasard, durant leur travail, ils sont survenus des catastrophes de grande sévérité dans plusieurs pays, ce qu´a mis en évidence l’importance et l’urgence de la mise en application de la science et de la technologie dans l’atténuation (que certains préfèrent appeler « réduction ») des catastrophes d’origine naturelle.

L’histoire de l’humanité c´est l’histoire de la relation troublée entre l’homme et la nature environnante, dans un tel contexte les catastrophes naturelles sont un problème de première importance dans la mesure où elles affectent les vies humaines, la sécurité et le développement de leurs activités. Alors que nous ne sommes pas en mesure d’inverser les forces naturelles lorsque celles-ci se déchaînent, la science et la technologie nous ont fourni d´un ensemble d’outils pour réduire les effets des catastrophes naturelles et d’atténuer les dégâts causés par elles.

Les catastrophes ne sont pas, en fin de compte, une fatalité inévitable et en tout cas, leur ampleur peut être atténuée de façon significative par des actions préalables à mener à partir de la connaissance de leurs facteurs de causalité ou facteurs déclencheurs.

Dans les temps plus récents, un nouveau facteur, le changement climatique, est apparu pour défier les capacités humaines en introduisant des problèmes supplémentaires qui sont capables d’exacerber les contretemps provoqués par les catastrophes naturelles. D’où l’importance de renforcer notre capacité à gérer correctement les situations d’urgence face à la catastrophe, ainsi que d’intensifier la recherche visant leur atténuation.

Après tout, ce que nous appelons une catastrophe naturelle n´est que la conséquence d’un phénomène naturel dangereux quand il affecte les communautés humaines. Par conséquent, pour comprendre et décrire la catastrophe en tant que telle, à la notion de risque naturel on a dû ajouter la notion de vulnérabilité humaine, qui est déterminée par des facteurs physiques, sociaux, économiques et environnementaux chez les communautés concernées.

Dans le rapport sur le Développement Humain 2014 du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), on souligne que la vulnérabilité humaine n’est pas nouvelle, mais augmente en raison de l’instabilité financière et les croissantes pressions environnementales, telles que celles produites par le changement climatique citées précédemment, que dans leur ensemble ont un potentiel de croissance capable de saper les progrès du développement humain.

Nous pourrions ajouter une fois de plus qu´il se produit la combinaison de facteurs d’ordre naturel, capable de déclencher des forces "aveugles" à une échelle impressionnante et apparemment renforcées par d’autres facteurs tout aussi néfastes pour l’homme, mais d’une origine et d’une caractère très différents, provenant des conditions d’organisation sociale qui sont finalement déterminées par l’action des individus et qui peuvent de ce fait être modifiées par eux.

En fait, l’étendue des pertes liées aux catastrophes ne garde pas nécessairement une relation avec l’ampleur du phénomène naturel lui-même. Souvent, les plus grosses pertes sont associées à la succession des événements de petite ou moyenne échelle, qui ont un effet cumulatif sur les populations, surtout les plus pauvres.

Lors de l’examen du ci-dessus mentionné Rapport 2014 du PNUD, nous trouvons l’étonnante affirmation que la plupart des personnes dans le monde est vulnérable à des événements indésirables de tout degré, qu’ils soient des catastrophes naturelles, des crises financières ou des conflits armés, qui sont combinés aux problèmes sociaux, économiques et environnementaux qui ont lieu sur un plus long terme.

Le rapport en question souligne que certaines personnes sont plus vulnérables que d’autres et que les normes sociales discriminatoires et les faiblesses institutionnelles sont des facteurs aggravants de cette vulnérabilité, qui tend à laisser dans un état de quasi-abandon de groupes humains entiers.

Si l’on analyse l’ensemble des éléments de deux rapports, on peut conclure que la maîtrise des aspects scientifiques et techniques est d’une importance primordiale pour la gestion efficace des catastrophes, mais cela ne suffit pas pour atteindre une possible protection optimale de la population à risque. Les facteurs sociaux, tels que l’équité, l’éducation, la protection de la santé, parmi d’autres, jouent un rôle d’une importance égale.

Les facteurs mentionnés sont davantage évidents si l’on tient compte du fait que la préparation théorique et pratique des communautés est cruciale, à la fois pour parvenir à une réponse adéquate aux événements indésirables, et pour accélérer la réparation de dommages qui pourraient survenir. Probablement, le changement climatique actuel et ses impacts sont les plus grands défis actuels et pour le futur en matière de préparation en amont et d’intervention contre les catastrophes possibles de cette origine.

Des rapports précis du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) montrent que la fréquence et l’intensité des catastrophes imputables à des phénomènes naturels est en hausse. Entre 2003 et 2012 ils ont enregistré plus de 4000 cas particulièrement préoccupants. Pendant cette période, plus de 200 millions de personnes ont été touchées par des catastrophes chaque année, principalement dans les pays en développement et chez les populations les plus vulnérables, en particulier à cause des inondations intenses, des sécheresses et des événements hydrométéorologiques extrêmes.

Pour relever ces défis il est essentiel d’accroître le niveau des connaissances dans chaque pays en ce qui concerne les impacts possibles du changement climatique et les mesures d’adaptation possibles. L’étude de ces aspects peut donner lieu à des actions visant à obtenir la réduction maximale possible des dommages qui lui sont associés. Parmi ces mesures et d’une valeur inestimable, se trouve la création et l’amélioration continue des systèmes d’alerte précoce et l’éducation conséquente de la population dans la préparation avant un phénomène aléatoire. La Défense civile de Cuba résume avec éloquence l’essence de la préparation en ce qui concerne les mesures nécessaires pour savoir répondre aux questions quoi, comment, où, quand et pourquoi.

Cuba a une bonne longueur d’avance en ce qui concerne la réduction des dommages grâce aux études scientifiques menées depuis de nombreuses années, qui sont mises à jour et décrites en fonction des besoins et d’une organisation sociale qui a démontré son efficacité dans des situations vraiment critiques. Il convient de rappeler les trois événements climatiques majeurs qui ont frappé en 2008, ce qui a généré des centaines de morts dans les pays voisins, alors que dans notre cas les dégâts humains combinés n’ont pas dépassé pas la dizaine de décès y liés.

Enfin, les divers facteurs naturels sont renforcés de manière négative lorsqu’ils sont combinés avec un manque de préparation ou la gestion incompétente des situations d’urgence. Dans d’autres termes, les risques naturels deviennent des catastrophes uniquement lorsqu’ils sont combinés avec les vulnérabilités humaines et sont d’autant plus nuisibles quand la préparation pour y faire face est faible. Mieux vaut donc prévenir.


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