Adolescence et jeunesse à Cuba : les urgences et les défis

mercredi 24 août 2016
par  Lisandra Fariñas Acosta (Granma)

Une étape difficile, polémique, aux changements continus. C’est ainsi que la définissent à juste titre de nombreux spécialistes.

Mais nous devons aussi apprendre à regarder cette période de la vie comme une étape d’opportunités, rappelait un enseignant il y a quelque temps à propos des défis que représente l’entrée dans l’adolescence.

Urgence d’investir dans ceux qui construisent déjà non pas l’avenir, mais le présent du pays.

C’est précisément à cette réflexion que nous convoquait, le 11 juillet dernier, Journée mondiale de la population, la rencontre réservée aux adolescentes : L’avenir commence aujourd’hui, organisée par le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) et le Centre d’études sur la jeunesse (CESJ). Il s’agissait de porter notre regard sur les adolescentes (sans perdre de vue que cela implique d’investir sur les adolescents également), afin de concevoir et mettre en œuvre des politiques visant à les autonomiser dans leur environnement quotidien aussi bien dans l’espace privé que public.

« On n’est pas vulnérable parce qu’on est adolescent », estimait alors la Dr Natividad Guerrero, responsable du Département des recherches du Centre national d’éducation sexuelle, mais ce sont les possibilités que nous leur offrirons qui permettront, aussi bien aux filles qu’aux garçons, de construire leur avenir, ce qui est leur droit, tout en évitant qu’ils ne tombent dans des situations de vulnérabilité.

Des réflexions qui – en partant du fait que des adolescents d’aujourd’hui dépendent notre jeunesse de demain –, nous amènent à discerner les succès obtenus, mais aussi les lacunes et les défis qui se présentent à nous, à savoir l’urgence d’investir dans ceux qui construisent déjà non pas l’avenir, mais le présent du pays.

Pour la master Maria Josefa Luis Luis, directrice scientifique adjointe du CESJ, l’investissement dans cette tranche d’âge ne saurait être focalisée sur un seul aspect, du fait des exigences spécifiques de ce groupe.

À Cuba, « on pourrait penser qu’il n’y a pas de politiques tournées spécifiquement vers cette population, car il n’existe pas de ministère de la jeunesse, mais en fait ces politiques existent. Elles sont incluses dans les politiques générales du pays, qui ne concernent pas uniquement l’adolescence ou la jeunesse », a-t-elle dit au journal Granma.

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Photo : Anabel Díaz

C’est dans ce sens, par exemple, que la politique éducative a fixé l’enseignement obligatoire jusqu’à la classe de troisième pour tous les enfants, sans distinction de sexe, tandis que le gouvernement cubain offre des possibilités illimitées de santé et d’éducation aux petites filles, aux adolescentes et aux jeunes cubaines, leur permettant d’accéder à leur indépendance sociale et à construire des projets de vie, en tant que professionnelles et techniciennes.

La directrice a également cité les législations en vigueur, comme le Code du travail, qui contient des chapitres visant à protéger les plus jeunes. « L’âge moyen pour l’insertion professionnelle est de 19 ans. Pour commencer à travailler, seules comptent les compétences, les capacités et les résultats du travail, indépendamment de l’âge et du sexe. »

Par ailleurs, il est ressorti des exposés de la rencontre que les stratégies du système de santé publique donnent la priorité à cette population qui, dès l’enfance, peut compter sur un programme de vaccination qui la protège de nombreuses maladies, en plus de la couverture de santé gratuite et accessible pour tous les groupes d’âge.

Autre exemple de protection sociale : les soins primaires prénatals et d’accès universel et l’accouchement institutionnalisé pour toutes les femmes enceintes, indépendamment du fait qu’elles vivent dans des zones rurales ou urbaines. Cela implique une attention particulière aux femmes qui vivent dans des zones difficiles d’accès, afin de garantir la santé maternelle et parvenir à des indicateurs de mortalité maternelle faibles. Quant aux mères adolescentes, elles bénéficient d’un suivi et d’un soutien strict pendant la grossesse, l’accouchement et la période post-partum.

DANS L’ŒIL DU CYCLONE

La population est la ressource la plus importante d’un pays. C’est pourquoi construire une société qui inclut chaque segment de la population est essentiel pour l’articulation de tout projet social, les adolescents et les jeunes occupant une place stratégique au sein de cette construction. De ce fait, savoir vers quoi ils se dirigent, ce qu’ils pensent, ce dont ils ont besoin et ce qu’ils veulent se révèle la première étape ...

À Cuba, les urgences et les défis auxquels les adolescents sont encore confrontés sont nombreux. Selon le CESJ durant la rencontre, il est indispensable de réfléchir à partir du genre pour axer les stratégies politiques d’attention aux jeunes et à l’ensemble de la population, afin de permettre une éducation populaire modifiant les fondations machistes de notre culture civique, qui est soutenue y compris par des femmes de tous âges. À cet égard, les perceptions du risque des maladies sexuellement transmissibles et de grossesse – ont signalé les intervenants – sont plus exprimées par les femmes et ce n’est pas pour des raisons génétiques, mais pour des raisons sociales.

Par ailleurs, la culture et d’autres considérations familiales ont une influence sur le fait que les hommes ne soient pas encore très nombreux, – ni les familles – à souhaiter bénéficier de « la loi de paternité » à la naissance des enfants, laquelle permet de mettre en place des stratégies au niveau de la famille favorisant l’incorporation rapide de la jeune mère aux études ou à l’emploi.

Il s’agit du Décret-loi 234 de la maternité de la travailleuse (2003), et de sa résolution complémentaire N° 22/2003, qui attribue les mêmes droits aux pères cubains d’obtenir un « congé de paternité » pour s’occuper du bébé durant sa première année de vie. Bien que cette loi soit une victoire, ce droit est confronté à bien des préjugés, des stéréotypes et de la résistance dans la société cubaine. En outre, les intervenants ont insisté sur le fait que le manque de services pour les soins aux personnes du 3e âge et oblige les femmes à se consacrer à leurs parents âgés, ce qui les force à renoncer à leurs projets de vie en tant qu’étudiantes ou travailleuses.

La chercheuse au Centre d’études démographiques de l’Université de La Havane Grisell Rodriguez, a déclaré à ce sujet à Granma international que cela fait partie d’un problème de « vie privée, où sont maintenus et reproduits des schémas de comportement sexiste, et où prévaut pour les femmes la surcharge de rôles ».

C’est un fait que les responsabilités assumées au sein de la famille font que beaucoup de jeunes femmes dotées de compétences professionnelles abandonnent leur possibilité d’occuper des postes de direction au niveau de l’État et du gouvernement en dépit des politiques qui leur sont offertes. À cela s’ajoute le manque de crèches et de jardins d’enfants du fait d’une forte demande, si bien que nombre d’entre elles sont confrontées au choix de renoncer aux études ou au travail pour prendre soin de leur progéniture, ont signalé les spécialistes. Concernant la santé sexuelle et reproductive, la grossesse chez les adolescentes figure parmi les préoccupations sur lesquelles devront se pencher les nombreux secteurs concernés.

Bien que les statistiques régionales soient largement supérieures au taux de grossesse adolescente enregistré dans le pays, à Cuba le taux de fécondité adolescente – qui selon des données de la direction des registres médicaux et des statistiques de santé du ministère de la Santé publique est de 51,8 pour 1 000 femmes de 15 à 19 ans –, est la preuve qu’il existe une faille dans ce sens.

« Lorsqu’une adolescente est enceinte ou a un enfant, sa santé, son éducation, sa possibilité d’obtenir des revenus et tout son avenir peuvent être compromis ; elle risque de tomber dans la pauvreté et l’exclusion », a déclaré la master Raida Semanat, chercheuse au département de la Famille et de la Sexualité au CESJ.

Par conséquent, a-t-elle dit, il est essentiel que les familles acceptent le droit des adolescents à l’information sur la contraception, parce que cela fait partie de leur droit à la santé. Elle a insisté sur le fait que combler ce fossé chez les plus jeunes, c’est leur garantir un projet d’indépendance et d’égalité des chances, en particulier pour la femme.

FAMILLE ET ÉCOLE ... UN CHEMIN À PARCOURIR

Mais cet investissement dans les adolescents et les jeunes ne saurait être séparé de l’investissement dans la famille, décisif pour renforcer le rôle de celle-ci par rapport à ces populations, a indiqué María Josefa Luis.

Selon la docteur ès sciences Keyla Estevez, responsable du département socio-politique de CESJ, « il existe deux institutions dans la société : la famille et l’école, qui ont la responsabilité de l’éducation. Elles doivent donc être complémentaires pour viser une meilleure formation de tous les jeunes. Aujourd’hui, nous ne sommes pas assez exigeants à cet égard. »

Ces deux institutions, a-t-elle dit, savent qu’il leur reste beaucoup à faire.

« Aujourd’hui, dans la société cubaine, les adolescents et les jeunes croient aveuglément et font ce que dit la famille. Notre dernière étude sur les adolescents a révélé que cette institution est celle qui décide pour les jeunes, par exemple, quant à leur avenir professionnel, leur relation avec leurs pairs ....

« Depuis Vigotsky et d’autres spécialistes qui ont étudié ces questions, on sait que l’activité principale de l’adolescent, ce sont les échanges avec ses pairs, bien s’entendre avec son groupe, et que celui-ci l’autodétermine, l’autorégule, exige de lui et l’autoévalue... » a-t-elle dit.

Cependant, que se passe-t-il aujourd’hui à Cuba ? a-t-elle insisté. « Le groupe ne se forme pas par affiliation (groupes, organisations comme la FEEM), mais en fonction de ses pairs, ce qui signifie que dans l’école cubaine elle-même il y des sous-divisions ».

Dans ce contexte, a-t-elle fait valoir, « là où la famille décide, et il est clair que c’est dans ces deux institutions que tout doit être décidé, nous devons faire en sorte que les investissements soient effectuées au sein de ces structures. Ce n’est la responsabilité ni des médias, ni d’un organisme spécifique. La société doit comprendre qu’elle doit s’unir en fonction de l’éducation des jeunes. Cela implique d’accepter les critiques. »

« Mais il faut garder à l’esprit qu’il s’agit d’une société qui a derrière elle plus d’une vingtaine d’années de situations économiques difficiles, où la famille s’est habituée à "résoudre les problèmes" d’une façon souvent ni conventionnelle ni éducative, tandis que l’école a traversé cette période difficile en ayant à surmonter le départ d’enseignants, des programmes d’études décontextualisés ... et une série de problèmes qui, dans les deux institutions, empêchent de donner une meilleure éducation. »

Selon Estévez Garcia, cela exige une plus grande prise de conscience, de procéder à des ajustements des programmes d’études, d’élaborer des cursus plus proches des individualités, qui donnent aux professeurs la faculté d’adapter les contenus d’enseignement aux conditions d’un lieu et d’insérer les sujets qui intéressent la communauté.

« Actuellement, le ministère de l’Éducation est en train de préparer une réforme dans laquelle les professeurs peuvent modifier le cursus institutionnel en fonction des particularités de l’environnement immédiat et de l’élève. Mais, avons-nous éduqué les gens à cela ? C’est ce que nous disons à un méthodologue municipal ou à un fonctionnaire de n’importe quel niveau qui doit demander comment fonctionne chaque centre, et s’adapter aux ajustements internes.

« Il faudra une période d’adaptation durant laquelle les gens pourront comprendre qu’ils peuvent désormais faire des propositions, et que de cela dépend de faire et changer une série de choses », a-t-elle dit.

Et d’ajouter qu’il est urgent que le cognitif aille de pair avec l’éducatif. « L’éducation civique est au programme actuellement pour combler ces lacunes, mais ce n’est pas suffisant. Comment se construit la conscience citoyenne ? Au jour le jour. Un professeur de biologie peut parfaitement donner un cours sur les cellules, transmettre à ses élèves que nous devons prendre soin de l’environnement et voir la vie dans son intégralité. C’est ce qui manque à l’école cubaine aujourd’hui. »

Dans ce sens, a-t-elle signalé, nous devons faire en sorte que les changements et les transformations soient envisagées en fonction de cet enfant, cet adolescent ou ce jeune, non comme un adulte, mais comme un garçon ou une fille, né dans un environnement familial, qui traîne des années de période spéciale, qui interagit avec téléphone portable à côté de son berceau ... si bien que l’éducation doit évoluer en fonction de ce contexte.

Pour la chercheuse du CESJ, l’école a également la responsabilité de la formation de la famille. À cet égard, elle a signalé que le programme par la voie non formelle [programme Éduque ton enfant] est l’un des espaces qui permet de la former sur de nombreux sujets, mais que l’on ne tire pas profit de tout son potentiel.

CONSTRUIRE UN AVENIR À TA MESURE

Dans ce sens, pour Estevez Garcia il faut promouvoir des politiques intégrales, des actions qui permettent aux jeunes de s’épanouir par eux-mêmes, des politiques à partir desquelles nous leur offriront des opportunités d’indépendance, d’autodétermination et de participation plus large et où ces jeunes construiront leur vie comme ils l’entendent. « Nous devrions être moins directifs et paternalistes. Participer implique pouvoir, vouloir et savoir le faire ».

Dans ce contexte, et aussi avec la volonté de préserver un ensemble de réussites et d’indicateurs obtenus, il est essentiel de promouvoir des espaces de participation et de renforcer ceux qui existent déjà. C’est pourquoi, il s’agit de « renforcer l’identité nationale chez nos jeunes, une catégorie en constant renouvellement » et que les nouvelles générations « s’approprient le meilleur de notre culture, la renforcent et la renouvellent », a déclaré le directeur du Cedem, Antonio Aja Diaz.

« Si nous voulons avoir dans l’avenir des citoyens participatifs, des révolutionnaires, formés, en bonne santé, joyeux, il faut s’occuper de cette étape, dont dépendra le citoyen de demain », signale la spécialiste Maria Josefa Luis.

À cet égard, elle a signalé que dans les sondages effectués par le CEJC, les jeunes – même s’ils reconnaissent qu’il en existe plusieurs – révèlent la nécessité d’espaces de communication et que leurs critères soient pris en compte. « Les espaces existent, mais ils ne sont pas toujours bien utilisés. Pour participer, il faut savoir le faire et là, il existe une brèche », a déclaré la spécialiste.

Antonio Aja partage cet avis : « Nos jeunes doivent trouver et reconnaître l’espace de la société cubaine comme celui de leur avenir et non seulement celui du présent », ajoutant que « la clé est de savoir comment nous faisons en sorte pour qu’ils s’approprient cette réalité et participent à la construction de cet avenir auquel ils aspirent, ce qui signifie leur donner la possibilité de prendre des décisions sur cette construction sociale. »

Et de poursuivre que dans la société actuelle, on ne saurait perdre de vue que pour ces populations il existe des sujets concernant la vulnérabilité que l’on ne peut laisser de côté, car ils font partie des réalités du monde auxquelles nous sommes exposés. À cet égard, il a mentionné des conduites, telles la toxicomanie, la prostitution, l’alcoolisme, dans lesquels l’école, la famille et les médias jouent un rôle décisif.

À L’HEURE DES NOUVEAUX CHANGEMENTS

Avec les nouveaux scénarios qui s’ouvrent dans le pays dans le domaine socio-économique, les jeunes Cubains doivent faire face à un certain nombre de préoccupations.

Selon la chercheuse Maria Josefa Luis Luis, alors qu’il a été souligné l’importance du fait que l’État garantisse l’emploi dans la sphère professionnelle et que la plupart des jeunes travaillent encore dans le secteur d’État, le rapprochement croissant au secteur privé est devenu une réalité. « Aujourd’hui coexistent la volonté de travailler dans le secteur public, pour garantir la sécurité de l’emploi et le désir d’avoir un emploi dans le secteur privé, pour satisfaire des besoins que le salaire ne peut pas couvrir. »

Cependant, les nouvelles formes de gestion imposent, aux jeunes également, de nombreux défis, face à des pratiques bien établies telle le fait par exemple que la plupart des contrats ne sont pas écrits mais verbaux. Il s’agit d’une alerte, car pour cette population la retraite est un processus lointain auquel elle ne pense pas du tout, a-t-elle dit.

« Entre 29 et 31% des travailleurs à leur compte sont jeunes, et environ 46% d’entre eux sont employés », a-t-elle indiqué.

Elle a également ajouté que les enquêtes montrent que les hommes propriétaires d’entreprises sont plus nombreux que les femmes, et proportionnellement, dans le cas des femmes, le nombre de jeunes femmes employées est supérieur au nombre de femmes propriétaires d’une entreprise commerciale. Dans le cas des filles, la chercheuse a révélé qu’aujourd’hui s’ajoutent d’autres limitations, car elles font face à des exigences qui peuvent concerner leur âge, la couleur de la peau jusqu’au fait d’être mère ou non, entre autres.

En outre, a-t-elle dit, la question de la journée de travail pose problème dans le contexte actuel, car même si elle est fixée par le Code du travail, c’est un défi de la faire respecter dans le secteur indépendant. « Les travailleurs peuvent protester quand cette journée dépasse huit heures, mais ils ne le font pas, car au patron, on ne lui demande rien... quand un contrat ne leur convient pas, ils quittent leur travail pour en chercher un autre. »

La connotation sociale du travail est un aspect qui de nos jours pose également des problèmes urgents, a-t-elle ajouté. Selon nos études, depuis toujours les jeunes Cubains considéraient le travail comme un moyen de se dépasser, une tendance qui a maintenant baissé face à l’hyperbolisation de la fonction économique :

« Le travail qui me convient est celui qui me permet de gagner davantage. Si nous abandonnons le soin des valeurs du travail en tant que fonction sociale, nous laisserons échapper des opportunités », a-t-elle dit.

« La rémunération ne peut pas faire perdre à nos jeunes la perspective, la volonté d’être utile à la société. », a-t-elle dit, mais cela passe par le fait que le travail à son compte – reconnu par l’État comme une option d’emploi –impose au secteur d’État d’être plus attractif.

UNE SOCIÉTÉ HARMONIEUSE

Faisant référence à la dynamique démographique qui caractérise Cuba aujourd’hui, où plus de 19% de sa population est âgée de 60 ans et plus, Aja Diaz a souligné la nécessité de promouvoir des actions qui favorisent un rapprochement intergénérationnelle.

« Il s’agit d’un processus irréversible. Il est donc important d’améliorer la structure par âge de la population, notamment au sein de la famille ; il faut que la jeune femme se stabilise et quelle ait les enfants qu’elle désire, mais il faut surtout cultiver cette relation entre les jeunes et les personnes âgées afin qu’ils sachent vivre ensemble », a-t-il dit.

La société cubaine doit changer d’urgence la relation qui existe entre les générations et la promotion d’un plus grand respect mutuel a été une réflexion permanente de la Dr Aja à notre journal. « Moins d’agressions verbales et de bruits, un plus grand respect de l’individualité, des personnes âgées et des femmes. Une plus grande compréhension entre les jeunes, car ils seront les personnes âgées de demain, et pour cela, ne devons pas attendre le développement économique », a-t-il précisé.

« Il ne faut pas attendre pour que dans les bus les plus jeunes cèdent leur place aux personnes âgées, qu’ils soient hommes, femmes ou enfants. Il ne faut attendre aucune ressource pour qu’à travers la famille, les médias, les établissements d’enseignement, un rappel à l’ordre soit lancé dans ce sens », a-t-il souligné.

Quant à Grisell Rodriguez, elle affirme que « même si nous sommes nécessairement préoccupés par le vieillissement, nous ne pouvons pas cesser de de penser aux jeunes, car c’est précisément sur eux que retombera la responsabilité économique de soutenir cette population vieillissante, mais aussi de vivre avec elle et d’apporter à la société ».

Des défis qui confirment cette lapalissade : du développement économique durable obtenu par la nation dépend que soient aplanies nombre des difficultés auxquelles les jeunes font face aujourd’hui ; tandis que d’autres ne dépendent que de la prise de conscience sociale.

Cependant, il faudra veiller également à ce que les politiques ou les lois adoptées par le pays pour renforcer et articuler ce développement soient efficaces et produisent des résultats significatifs à court et à long terme.

Le professeur Antonio Aja cite un exemple de la plus haute importance : la question de l’émigration. « En effet, il s’agit d’obtenir une circulation de la population cubaine, en faisant en sorte que le Cubain revienne vivre à Cuba, même s’il repart encore une fois, que la jeune femme veuille avoir ses enfants ici et que les familles veuillent vivre ici, parce que nous avons besoin de cette population. Il y a des années, nous pouvions nous permettre que des gens quittent notre pays, mais aujourd’hui nous en avons besoin, en particulier des jeunes, pour construire cet avenir, mais aussi une raison démographique ».

La migration est une variable qui touche les jeunes de manière spéciale, a souligné le Pr Antonio AJA, car ce sont les principaux protagonistes. Certaines de leurs caractéristiques les poussent à émigrer avec une plus grande fréquence que d’autres groupes de population.

« Il faut plus qu’une bonne lecture des données pour que les décisions prises soient plus efficaces », déclarait à Granma lors de sa récente visite à Cuba, M. Arie Hoekman, représentant du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) au Mexique et Directeur pour Cuba et la République dominicaine.

« Si nous prenions des décisions uniquement en partant des données concernant les jeunes : nombre, âge, niveau d’éducation, entre autres statistiques, cela ne serait pas correct, En effet, il nous faudrait prendre en compte leurs idées, leurs problèmes et ce qu’ils pensent par rapport à la façon dont nous devrions améliorer une société dont ils sont également partie prenante. »

C’est en cela que réside le plus grand défi.


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