Sortie de la biographie la plus complète du génie cubain des échecs, Capablanca

samedi 8 octobre 2016
par  Carlos RAJO Traduit par Catherine Traullé

Article publié sur le site "Nouveaux Espaces Latinos"

Après Fidel Castro, José Raúl Capablanca, joueur d’échecs et unique champion du monde latino-américain de ce “jeu de la science”, est sans doute le Cubain le plus célèbre de l’histoire.

À la différence de Castro, cependant, il n’y a pas beaucoup d’écrits sur lui. Non seulement parce qu’on ne peut comparer la vie d’un leader politique historique — on l’admire ou on le hait — à celle d’un joueur d’échecs, un jeu finalement peu pratiqué, mais peut être aussi parce que Capablanca a vécu il y a longtemps, ou parce qu’il n’y a pas de tradition de la biographie en Amérique latine, ou encore pour d’autres raisons. Mais le fait est qu’il n’est pas facile de trouver un livre qui raconte de façon détaillée la vie d’un personnage né, et ayant vécu en Amérique latine. En l’occurrence, ce personnage né dans la chaleur tropicale de la Havane, a, dès la deuxième décennie du vingtième siècle, conquis New-York par son talent de joueur d’échecs.

Miguel Angel Sánchez Martínez présente son nouveau libre à la librairie publique “West New York”

Ainsi, comme le génial nord-américain Bobby Fischer, qui dans les années soixante et soixante-dix, a fait que de nombreuses personnes se sont intéressées au jeu, ou comme le champion soviétique Gary Kasparov, qui dans les années quatre-vingt et quatre vingt-dix a attiré l’attention internationale sur le jeu d’échecs, il y a eu un Capablanca au début du vingtième siècle qui a rendu très fiers les Cubains et les Latino-américains, en devenant champion du monde du jeu des tours, des fous, des cavaliers, des rois, des dames et des pions.

José Raúl Capablanca enfant

Alors, on ne peut que saluer la sortie du livre il y a quelques mois, en édition originale anglaise, José Raúl Capablanca : a chess biography, de l’écrivain cubain Miguel A. Sánchez. Livre considéré par les critiques et les experts du jeu comme la biographie la plus exhaustive du génie cubain des échecs (on attend prochainement l’édition espagnole).

“Très jeune, Capablanca a été célèbre aux États-Unis, pas seulement dans le monde des échecs, mais aussi parmi l’élite de la société”, explique Sánchez, qui a passé des dizaines d’années à étudier sa vie. Son nouveau livre a pour base le précédent qu’il avait écrit sur le même thème dans les années soixante-dix, et qui s’intitulait Capablanca : légende et réalité et lui avait valu le Prix National de littérature à Cuba. “Capablanca a été le premier latino-américain à être reconnu aux États-Unis, pas seulement pour son talent, mais aussi pour son grand magnétisme personnel”, ajoute Sánchez. “Et c’était un génie inné des échecs”.

Comme nombre de Cubains, Sánchez a quitté Cuba un certain temps pour des raisons politiques. Loin de l’île, il a pu avoir accès à bien plus de documents d’archives, aux États-Unis, en Argentine et dans d’autres pays. Il a aussi pu contacter des membres de la famille de Capablanca. Le livre aujourd’hui publié est comme une nouvelle version enrichie du texte original de Sánchez. Tout est dans le livre. Aussi bien des détails sur son enfance à La Havane — il descend d’une famille d’émigrés espagnols — que sur sa conquête de New York, ou que sur tous les événements de sa vie, une fois devenu le grand maître du jeu d’échecs. On trouve aussi dans le livre tout un chapitre consacré à ce qui est arrivé en 1927 à Buenos Aires en Argentine, où, contre toute attente, — “le maracanazo des échecs”, comme l’appelle le journaliste du quotidien ABC Jorge Benítez — Capablanca a perdu au championnat du monde face au soviétique Alexander Alekhine.

Capablanca avait été champion du monde à La Havane en 1921, face à l’allemand Emanuel Lasker, événement également raconté en détail dans un des chapitres du livre. En plus des éléments biographiques, on trouve dans le livre le récit de nombreuses parties de jeu de Capablanca, décrites de manière à ce que tout amateur de jeu d’échecs puisse les comprendre et les apprécier. Il est difficile aujourd’hui, un siècle plus tard, de comprendre comment Cuba a pu “produire” un joueur d’échecs d’un tel génie. L’apprentissage du jeu nécessite normalement un contexte de tradition, des écoles, des maîtres, bref une histoire qui permette la formation d’un grand joueur. Au jeu d’échecs, il ne suffit pas d’avoir du talent, il faut aussi un environnement approprié pour progresser et devenir un grand maître.

Dans un chapitre, Sánchez aide à comprendre le Cuba à l’époque — un pays qui sort tout juste de la domination coloniale espagnole — et qui a une position particulière en Amérique latine, lui permettant d’être “un Eldorado du jeu d’échecs”, dit l’auteur. Que ce soit en raison de la proximité avec les États-Unis, de son ouverture globale à l’Europe et au monde ou de l’aide financière de mécènes cubains, tout ceci a fait que Cuba était, à la fin du dix-neuvième siècle, une étape pour les grands joueurs d’échecs, comme le nord-américain Paul Morphy, ou l’autrichien Wilhelm Steinitz, qui sont venus jouer à La Havane. Ainsi, Cuba était elle un terrain propice à l’épanouissement de l’enfant-génie Capablanca. Dans le livre, il y a une photo du petit garçon, âgé de quatre ou cinq ans, grimpé sur une estrade, en raison de sa petite taille, qui joue avec son père, son premier professeur. Sánchez dédie un chapitre à l’évolution de celui qu’il appelle “l’enfant prodige”.

“Reti (un grand joueur d’échecs de l’époque) disait que le jeu d’échecs était la langue maternelle de Capablanca. Et des années plus tard, Botvinnik (autre grand maître soviétique qui fut aussi champion du monde) a dit qu’il était impossible de comprendre ce jeu si on ne le regardait pas avec les yeux de Capablanca”, écrit Sánchez. Capablanca n’aura jamais la possibilité de redisputer le titre de champion du monde qu’il avait perdu face à Alekhine, celui-ci s’étant toujours dérobé. Il décèdera en 1942 à l’âge de 54 ans, à New-York, d’une hémorragie cérébrale, au moment où il quittait le “Manhattan Chess Club”, tenu par un Cubain, ce même club où il jouait des dizaines d’années auparavant, alors qu’il était tout jeune, prêt à conquérir le monde des échecs.

Il est habituel qu’avec le temps les grandes figures sportives du passé tombent dans l’oubli. Deux générations plus tard, personne ne se souvient du champion qui a tout gagné. Pour Capablanca, ce fut différent. En partie, comme l’explique Sánchez, “parce que la révolution a considéré comme une figure nationale ce maître vénéré des échecs. Et le Cubain moyen sait toujours qui était Capablanca”. Dans le reste de l’Amérique latine, parmi les joueurs d’échecs, même s’ils ne connaissent pas les détails de la vie du génie cubain, aucun n’a oublié Capablanca. “Le nom de Capablanca restera pour toujours”, affirme Sánchez. Le livre du journaliste et écrivain cubain aidera à entretenir la légende du grand génie latino-américain des échecs, qui restera un des Cubains les plus connus de l’histoire.

Source : http://www.telemundo.com/noticias/2015/12/23/se-publica-la-mas-completa-biografia-del-genio-cubano-del-ajedrez-capablanca


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