Où va le processus de normalisation ?


Le jeudi 25 mai dernier la revue cubaine Temas a dédié son espace Último Jueves au processus de normalisation des relations diplomatiques entrepris par Cuba et les États-Unis le 17 décembre 2014.

Pour cette occasion, un panel de personnalités, historiens, chercheurs, directeurs d’institutions et de revues, journalistes, etc . . . se sont réunis durant deux heures pour un échange sur ce thème avec quelques cent quarante personnes au Centre Culturel Cinématographique « Fresa y Chocolate », dans le Vedado, la Havane.

par Disamis Arcia Muñoz, traduction Juanita Sanchez

Rafael Hernández, directeur de la revue « Temas »et animateur des débats qui ont eu lieu dans l’espace Último Jueves ce 25 mai, a présenté deux approches qui pourraient expliquer comment est perçu le processus de normalisation des relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis.

Il a parlé d’abord de ceux qui sont convaincus qu’il n’y a eu aucun changement dans le contenu sinon dans la forme et qui, entre autres choses, renforcent l’idée que sous l’administration de Donald Trump l’ultra-droite cubaine aux États-Unis domine ou maintient des quotas importants de pouvoir dans le processus de prise de décisions concernant les relations avec Cuba, et enfin qui ajoutent que, vues depuis la perspective nord-américaine, les conversations ne pourraient avancer que si l’île faisait des concessions.

Puis il a expliqué le fait que l’on reconnaît que les deux parties se sont engagées pour la première fois à maintenir un dialogue diplomatique à la place d’un affrontement et qu’il faudrait tenir compte de ce que malgré une rhétorique médiatique, après 125 jours de gestion, cette administration n’a annulé aucun des accords pris par son prédécesseur.

Les premières interventions avaient comme point de départ la nécessité de donner une réponse à la question suivante : dans quelle mesure la normalisation a-t-elle pu avancer dans la construction d’un pont ayant pour base les intérêts partagés ?

Pour Jesus Arboleya, historien et chercheur qui étudie les relations entre Cuba et les États-Unis, le mot « normalisation » peut conduire à un résultat qui n’est pas clair. Ce qui est « normal » n’est pas forcément « bon », alors le normal c’est quoi ?

La réponse doit dépendre de la mesure avec laquelle la politique actuelle satisfait les intérêts des deux pays. Il est de l’avis que le 17 décembre a marqué un changement d’un groupe de facteurs objectifs qui n’ont pas varié aujourd’hui avec la présidence de Donald Trump. « La marge d’incertitude autour de ce que fera la nouvelle administration est à gérer dans les limites marquées par la réalité ».

A la suite, José Antonio Arbesu, chef de la Section des Intérêts de Cuba aux États-Unis entre 1989 et 1992, a parlé des intérêts partagés, point fondamental du dialogue entre les deux pays, et il a conclu en disant que l’un des éléments qui deviennent nécessaires à la compréhension de ce processus, est lié à la politique intérieure et aux difficultés que l’administration Trump affronte dans ce sens : en fait, en ce moment les relations avec Cuba ne sont pas une priorité.

Pour sa part Gail Reed, co-fondatrice de Medical Education Cooperation with Cuba MEDICC (1997-2013), directrice de la revue MEDICC, sur la base de l’activité intense qu’elle a menée à Cuba, principalement dans le domaine de la santé, a évoqué les relations entre des institutions médicales cubaines et nord-américaines, particulièrement dans le domaine de la production des médicaments.

Pour la première fois dans l’histoire des relations entre les deux pays depuis 1959, des médicaments cubains sont entrés dans le processus « normal » de la FDA*.

Pour la première fois aussi le gouvernement étasunien a permis que des dons et des investissements nord-américains soient destinés à des institutions publiques.

Elle a signalé nonobstant que cette situation nouvelle représente aussi des nouveaux défis pour Cuba, face au tsunami de demandes de collaboration et d’accords commerciaux, « il revient à Cuba de décider qui seront les partenaires préférés ».

* FDA : Food and Drug Administration : agence fédérale des États-Unis chargée de protéger la santé publique à travers la régulation des médicaments et des denrées alimentaires.

La deuxième partie des interventions s’est articulée autour de facteurs, qui en ce moment ont une incidence non seulement aux États-Unis mais aussi à Cuba, et leur rapport avec les relations respectives internationales des deux pays.

Face à cette nouvelle question, Arboleya a mis l’accent sur les rapports antagoniques entre Cuba et les États-Unis qui ne vont pas se résoudre d’un coup même dans le meilleur des scénarios possibles. Devant une situation internationale qui ressemble à celle de l’administration précédente il considère que la priorité du sujet des relations avec Cuba a diminué, avec tout ce que cela peut entraîner.

En se plaçant dans la perspective de Cuba, Arbesu est de l’avis qu’il doit y avoir une continuité dans le consensus intérieur concernant les facteurs qui pourraient favoriser le processus de normalisation des relations diplomatiques, comme la continuité de l’ouverture économique, le maintien du compromis du paiement de la dette extérieure, parmi d’autres.

En ce qui concerne la politique étrangère de l’administration Trump, il a expliqué que dans le présent contexte où cette administration a besoin de réparer certaines erreurs comme celle de la proclamation de l’isolement, ou de la décision publique d’armer les milices kurdes, ni Cuba, ni non plus l’Amérique Latine ne se trouvent parmi les priorités du Département d’État.

D’après Sergio Alejandro Gomez, journaliste en chef de la Rédaction Internationale du Journal Granma, il faut ajouter qu’à l’heure qu’il est, la machine exécutive de la nouvelle administration est pratiquement paralysée, étant donné que bien des postes de deuxième ordre, dont la nomination revient aussi au Président, n’ont pas été annoncés 125 jours après la prise du pouvoir par Donald Trump.

Ce sont ici quelques réflexions faites par les membres de la table ronde au cours de ces deux heures de cet Último Jueves dédié à des investigations dans le chemin entrepris publiquement le 17 décembre 2014 pour une normalisation des relations diplomatiques entre Cuba et les Etats-Unis.


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