Louis BRAILLE...

jeudi 25 août 2011
par  Roger Grevoul

Un article sur Louis BRAILLE et sa méthode, paru dans le journal cubain JUVENTUD REBELDE traduit grâce à l’obligeance de notre amie Mireille TIXE COBIAN, membre de la direction de notre association.
A souligner que le Secours Populaire Français a financé dans le cadre du Programme de développement humaine que nous animons à Cienfuegos, des équipements et des machines Braille, pour l’école provinciale d’enfants aveugles. Voir à la fin de l’article une photographie de la rencontre à laquelle participait notamment Micheline LECOMTE, responsable de cette association en mission avec Cuba Coopération en Novembre dernier.

L’homme qui enseigna la lecture et l’écriture aux aveugles


Julio César Hernandez
Article paru dans digital@juventudrebelde.cu 11 août 2011

Dans une modeste maison du village de Coupvray, en France, naquit le 4 janvier 1809, un enfant entouré dans son foyer de l’amour des siens. Il s’appelle Louis Braille, il est le cadet de cinq enfants, il est doux de caractère et même un peu introverti.
A trois ans, il commença à connaître les difficultés de la vie d’un aveugle. Son père, René Simon est sellier, une tradition familiale. Il est toujours accompagné de ses enfants pendant qu’il travaille dans son atelier. Un jour, le jeune Louis, dans un moment d’inattention, se plante dans l’œil droit un outil qui a sauté de ses petites mains. Le coup dû à l’instrument pointu est fatal.
Le malheur ne s’arrête pas là : on ne connaissait pas les moyens médicaux pour extraire un œil infecté, ni les antibiotiques. L’enfant qui était en bonne santé contracte une infection qui provoque une cécité totale à l’âge de quatre ans.
Malgré le milieu modeste dans lequel Braille vit, l’affection de ses amis et voisins ne manquent pas. Ses parents insistèrent toujours pour que l’enfant soit traité comme les autres. Ile l’encouragèrent à apprendre à lire, lui laissaient une totale autonomie pour visiter le voisinage. Cela lui permit d’apprendre à s’orienter à l’aide de petits coups rythmés sur une touche en bois fabriquée par son père.
C’est lui qui enseigna à lire à son fils aveugle, grâce à des goujons ou clous tapissiers qui formaient le contour des lettres sur un tablette en bois ou un morceau de cuir. Les doigts de Louis parcouraient ces formes pour apprendre les lettres et les mots. Cependant, malgré les efforts des parents, il leur était impossible de fournir à l’enfant la formation dont il avait besoin.
Les Braille envoyèrent donc leur fils, à l’âge de neuf ans, à l’école de la ville. Le maître, Antoine Bécheret, fut surpris par les capacités intellectuelles de l’enfant, très développées, bien que son apprentissage ait été uniquement oral.

JPEG - 4.5 ko De l’étudiant à l’enseignant
Historiquement, les sourds et les aveugles n’avaient d’autre possibilité pour subsister que la mendicité. A l’époque de Braille, la France traversait des de grands changements dû à la Révolution. En 1784, l’Institut royal des jeunes aveugles avait été créé à Paris.
Le maître Bécheret connaissait l’institut et pensa que ce serait une grande chance pour son élève favori. La famille n’avait pas d’argent heureusement une aristocrate offrit son aide. Cette dame écrivit une lettre sans laquelle elle certifiait que Braille était une personne de bonnes mœurs.
Le 15 janvier 1819, l’étudiant fut admis à l’Institut où il entra le mois suivant. La solution pour l’apprentissage de la lecture consistait à reproduire les lettres en relief, afin de permettre aux élèves de lire par le toucher. On leur enseignait aussi les travaux artisanaux et la musique.
Les conditions de vie et sanitaires de l’Institut étaient si précaires que lorsqu’on parlait du centre, on faisait toujours référence à la pâleur des élèves .C’est très certainement ainsi qu’il contracta une maladie qui le suivit durant ses années jusqu’à sa mort.
Peu à peu, Braille s’adapta. Il avait soif d’apprendre et obtint de nombreux prix pour ses performances. Le temps passant, il devint enseignant et dès lors, travailla intensément à donner une forme définitive à son système de lecture et d’écriture.
A l’Institut, Braille apprit à écrire avec un crayon pour communiquer avec les voyants. En 1823, à l’âge de 14 ans, il fut nommé aide à l’atelier de chaussettes. Il occupa cette charge jusqu’en 1827 et en 1828, il fut nommé professeur. C’était un très bon maître, peu partisan des châtiments corporels qui étaient alors très fréquents.
Il enseigna de nombreuses disciplines et prépara des manuels d’histoire et d’arithmétique pour ses élèves. En plus d’enseigner aux aveugles, il enseigna à des enfants voyants qui s’inscrivaient à l’institut pour recevoir une instruction en échange d’une aide accordée aux jeunes aveugles.
L’idée du nouveau système
Mais lire les lettres en relief était lent et fastidieux. Les lettres étaient abordées par le sens de la vue et non du toucher, ainsi plus que lire, les non- voyants déchiffraient. C’était une incitation à rechercher un nouveau système.
En avril 1821, Braille fit la rencontre de Charles Barbier de la Serre (1767-1841), capitaine d’artillerie en retraite, qui avait développé un système connu comme « écriture nocturne », présenté à l’Institut avec l’idée qu’il soit utilisé par les élèves. Un monde de possibilités s’ouvrit alors au jeune Louis.
Le capitaine avait développé sa méthode quand il était dans l’armée, avec l’objectif de pouvoir communiquer dans l’obscurité et déjouer l’ennemi. Cette méthode présentait des inconvénients : ce n’était pas un alphabet mais la représentation de groupes de sons, sans signe de ponctuation ou autres éléments nécessaires à l’écriture complète. La base contenait 12 points permettant 4096 combinaisons, c’était trop complexe.
Après de nombreuses études du système barbier, un système plus adapté à la lecture des aveugles fut créé, avec de nombreuses modifications réalisées par Braille, qui, sans oublier l’apport de l’inventeur, présenta, à l’âge de trente ans et après de nombreux efforts, le système tel qu’on le connaît aujourd’hui.
Son grand mérite fut de parvenir à une méthode qui, psychologiquement, structurellement et physiologiquement, était adaptée au sens du toucher. Le triomphe du système est dû, entre autres caractéristiques, au fait que le signe en Braille était composé de 6 points qui s’adaptent parfaitement au toucher. Le système présentait toutes les lettres de l’alphabet, les chiffres, les signes de ponctuation et les symboles arithmétiques. Cela permettait de transcrire n’importe quel texte avec fidélité et précision.
Braille mourut jeune de la tuberculose. Les premiers symptômes apparurent à l’âge de vingt-six ans. Plus on reconnaissait son talent et la valeur de son invention, plus la mort s’approchait, l’empêchant de jouir de la reconnaissance méritée. En 1850, son état de santé s’aggrava tellement qu’il demanda sa retraite.
Le 6 janvier 1852, à sept heures et demie de l’après-midi, entouré de ses élèves et compagnons de l’Institut, celui qui par sa créativité et sa foi dans les autres, ne cessa jamais d’être le jeune Louis, mourut. Il avait quarante-trois ans, son corps fut emmené à Coupvray. Un siècle plus tard, le 21 janvier 1952, il fut transféré au Panthéon des hommes illustres de France. A Coupvray, dans une petite et modeste urne demeurèrent pout toujours ses mains.
Au Panthéon, Braille repose au numéro 25. A côté de lui, au numéro 24 repose une autre gloire française, Victor Hugo. Dans le registre, on dit de Louis Braille : « La Nation l’a reconnu comme bienfaiteur de l’humanité au centenaire de sa mort. » Il faudra le remercier à tout jamais de ne pas avoir abandonné ses semblables à l’obscurité.

JPEG - 129.5 ko Micheline LECOMTE, dirigeante du Secours Populaire Français, en mission à Cienfuegos visite l’école pour laquelle son association a fourni des équipements, notamment des machines Braille.


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