Pas de concession pour la traite de personnes à Cuba.

mardi 30 janvier 2018
par  Alejandra Garcia, Traduit par Gonzalo Dorado

Quand on parle du trafic de personnes, nombreux sont ceux qui pensent qu’il s’agit d’une question propre aux films du samedi et ne font pas le lien avec un phénomène qui, depuis quelques années, menace notre société.
Bien qu’à Cuba ce commerce illicite, le plus lucratif du monde, ne soit pas considéré comme représentatif – les chiffres des délits en lien avec les agissements propres au trafic de personnes totalisent 46 cas entre 2012 et 2015 – le gouvernement ne cesse d’adopter des mesures pour l’éviter.

Le trafic a commencé à se manifester dans le pays en même temps que les pratiques migratoires et les facilités accordées aux Cubains de voyager.


La Docteure Isabel Moya, Directrice de Editorial de la Mujer (Edition de la Femme), pendant la dernière période des sessions ordinaires de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire, a présenté le Plan d’Action pour apporter une réponse à la Prévention et Lutte contre le trafic de personnes et la protection des victimes jusqu’en 2020, Plan approuvé par la Fédération des Femmes Cubaines.
Elle a également attiré l’attention sur ce phénomène, associé au commerce d’êtres humains, en majorité des femmes et des enfants et dont le but principal est leur exploitation au travail et leur exploitation sexuelle.

« Le trafic a commencé à se manifester dans le pays en même temps que les pratiques migratoires et les facilités accordées aux Cubains de voyager », a-t-elle expliqué.

La nouveauté du phénomène dans la société fait que la population cubaine a une faible perception du risque.

« Éviter que le trafic n’augmente est aujourd’hui un grand défi. La meilleure prévention c’est d’expliquer, alerter les gens sur ce phénomène, surtout les jeunes femmes car ce sont elles les plus vulnérables » a insisté la spécialiste.

Aller au-delà du programme en suivant la trace

Vers le milieu de l’année 2017, le fait que 40 danseuses cubaines furent forcées à se prostituer en Turquie a eu un grand retentissement médiatique. Une supposée entreprise turque leur fit croire qu’elles participeraient à un projet de ballet dans un célèbre cabaret nocturne d’Ankara, la capitale de ce pays asiatique.

On leur retira leur passeport et furent retenues sous menaces dans un hôtel dès le jour de leur arrivée puis, chaque nuit pendant plusieurs mois, elles furent forcées à rendre des prestations sexuelles aux visiteurs de plusieurs clubs nocturnes de la ville jusqu’à ce que l’une d’elle parvienne à fuir et raconte ce qui lui est arrivé aux autorités de l’Ambassade cubaine de cette ville. Conjointement avec la police du pays, elles sauvèrent les jeunes femmes de ce cauchemar.

« Le cas violent des 40 danseuses n’est pas unique dans le trafic et l’exploitation de femmes cubaines, attirées par de faux contrats de travail à l’étranger », a raconté Moya.

Les autorités cubaines ont identifié d’autres faits où, dans le procédé d’attirance des victimes, les organisateurs se chargent de gérer lettres d’invitation ou autres documents migratoires, de façon directe ou à travers leurs relations.

« Par exemple, un habitant de Camagüey résidant à l’extérieur, conversa avec des jeunes femmes de sa ville natale pour qu’elles aillent danser dans un cabaret, cette fois aux États-Unis », a commenté Isabel Moya.

Cet homme s’occupa des visas et des billets d’avion. Cependant, quand les jeunes femmes sont arrivées dans ce pays, on les obligea à se prostituer pour rendre l’argent qui leur avait été avancé. En cas de refus, on s’en prendrait à leurs familles à Cuba. « Je sais où vous vivez » rappela Moya en rapportant les paroles de l’homme envers les danseuses.

« En se prostituant sans protection, l’une d’elle se trouva enceinte. Heureusement, elles purent s’échapper. Imaginez le traumatisme de ces jeunes, la majorité d’entre elles ayant entre 20 et 30 ans », a t-elle ajouté.

« Aucune d’elle n’aurait accepté ce « contrat » si elles avaient su que danser impliquait de se déshabiller et qu’elles seraient vendues comme marchandise sexuelle », a dit Moya.

« Alors ce n’est pas un film de fiction du samedi soir. C’est une réalité crue et dure. Nous devons être préparés » a-t-elle alors alerté.

Ne pas se laisser tromper par les supposées offres.

A presque un an du scandale international des jeunes cubaines forcées à se prostituer en Turquie, l’histoire pourrait se répéter. Sur revolico.com, un site privé d’annonces classées de Cuba, les offres de contrats à l’étranger pour jeunes danseuses n’ont pas cessé.

Avec une rapide recherche sur Google, on obtient plus de 40 résultats en relation avec des propositions de contrats à l’étranger pour jeunes danseuses cubaines, principalement en Turquie et beaucoup de ces offres ont été publiées sur le site susmentionné.

Bien que la majorité de ces annonces soit caduque, le fait qu’elles aient été publiées sur Google voici plusieurs mois (juillet, août, octobre, novembre) montre qu’elles sollicitent des danseuses et des modèles pour voyager dans un lieu ou un autre du monde.

L’annonce la plus récente date du samedi 13 janvier 2018 à 10 heures 20 du matin.
« J’offre des contrats à l’étranger pour danseuses » dit un supposé employeur ou intermédiaire qui ne s’identifie pas. En plus d’un passeport en cours de validité, il sollicite comme pré-requis fondamental un titre de danse.

« Bonne rémunération » dit l’annonce qui laisse voir dans un coin la somme de 850 CUC. De plus, on y voit que la danseuse « va voyager sans avoir à payer les frais de visa ». Une fois arrivée sur le lieu –Dieu sait dans quel coin du monde –
« on lui retiendra le coût de l’avion et du visa sur les trois mois de travail …ou quatre. OK ? ».

Probablement que les annonces et propositions de contrats continuent d’arriver, mais à partir de maintenant, vous, lecteur, vous connaissez l’histoire. « Ne nous laissons pas tromper par des offres faites par des inconnus, ne tombons pas dans le piège » a conclu Isabel Moya.

En résumé

• Cuba maintient une politique de Tolérance Zéro face à toute forme de traite humaine
• La législation cubaine qualifie de traite de personnes la « promotion, organisation ou incitation à l’entrée ou sortie du pays de personnes dans le but de se livrer à la prostitution ou quelconque autre forme de commerce charnel ».
• Le Conseil d’État de la République de Cuba a approuvé en février 2017 le Plan d’Action pour apporter une réponse à la Prévention et Lutte contre le trafic de personnes et la protection des victimes (2017-2020), outil fondamental pour l’action coordonnée entre l’État et les organisations de la société civile cubaine pour aborder ce grave délit.
• En avril 2017, le pays a reçu la visite de la Rapporteur Spécial des Nations Unies pour les droits humains des victimes de la traite des personnes, spécialement les femmes et les enfants, Mme Maria Grazia Gianmarinaro, laquelle a eu l’opportunité de constater de première main les avancées de Cuba sur le sujet comme de formuler des observations et recommandations adaptées.
• Dans le contexte cubain, l’attention est attirée par le fait que les faits détectés concernent dans la presque totalité des cas, des jeunes femmes professionnellement qualifiées contrairement à ce que l’on constate dans le reste du monde. Cela montre de toute évidence une baisse de la perception du risque.
• La FMC (NdT : Fédération des femmes cubaines) a présenté en juillet 2017 le Plan d’Action pour apporter une réponse à la Prévention et Lutte contre le trafic de personnes et la protection des victimes jusqu’en 2020.
• A cette occasion, Teresa Amarelle Boué, secrétaire générale de l’organisation, a indiqué que la plus grande force de la FMC sont les communautés où les membres de la Fédération travaillent aux côtés de spécialistes et d’autres organisations sur la prévention de ce phénomène et d’autres associés comme la prostitution, le proxénétisme et les brèches d’inégalité.
• Le Plan inclut la prévention, le combat, la formation et le soin porté aux victimes, blessées physiquement et psychologiquement.
• La Résolution 69/149 de l’Assemblée Générale des Nations Unies datant de décembre 2014, exprime que les mesures prises pour promouvoir l’égalité entre les sexes et redonner du pouvoir aux femmes et aux jeunes filles réduisent la vulnérabilité face à la traite. Sans aucun doute, c’est une des forces que montre Cuba face à ce danger.

(Publié dans Granma)

http://mesaredonda.cubadebate.cu/noticias/2018/01/20/sin-contratos-con-la-trata-de-personas-en-cuba/


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