Une nouvelle inédite d’Hemingway : le Paris de la Libération, vu d’une chambre du Ritz

dimanche 12 août 2018
par  Michel Porcheron

Un texte – une short story d’environ 2000 mots- écrit par Hemingway en 1956 et depuis conservé au John F. Kennedy Presidential Library and Museum de Boston, vient de faire l’objet d’une première édition. C’est le Strand Magazine qui le publie, intitulé « A Room of the Garden Side », « Une chambre côté jardin ».

Une chambre du Ritz. Une chambre d’une suite ?

Ce texte fait partie d’un corpus de 4 ou 5 nouvelles de la même époque, au sein duquel seul « Black Ass at the Crossroads » a déjà été publié (en français, Cafard au Carrefour). En somme, il reste au moins 2 ou 3 autres nouvelles de l’auteur à découvrir sur le thème de la Seconde Guerre mondiale.

Ces textes font partie d’un grand nombre d’écrits de E.H. qui reste à publier. Si « Le Vieil Homme et la mer » est son dernier livre publié de son vivant (1952, en anglais et en français, traduction de Jean Dutourd), « Paris est une Fête » fut publié pour la première fois en 1964, également en anglais et en français (traduction de Marc Saporta), trois ans après la mort d’Hemingway. Au-delà du fleuve et sous les arbres, Les neiges du Kilimandjaro, Iles à la dérive, Le jardin d’Éden et L‘Eté dangereux font aussi partie de ses livres posthumes.

Un inédit d’Hemingway écrit en 1956 : choses vues d’une chambre du Ritz en 1944

Par Michel Porcheron

Hemingway, durant les dernières de sa vie, avait imaginé de nouvelles histoires autour de la Guerre et la Libération. Il en parle pour la première fois dans deux lettres de juillet et d’août 1956, adressées de sa Finca Vigia, son domicile cubain tant apprécié, à Harvey Britt et à Charles Scribner Jr.

Parmi ces histoires, il y a “A Room on the Garden Side”, une nouvelle de 2000 mots environ, que vient de publier la revue américaine The Strand Magazine. Soit une première publication depuis 1956…

A Harvey Britt, La Finca Vigia, 23 juillet 1956

« (…) Ai écrit deux histoires brèves par discipline et pour me remettre au boulot. Elles traitent du temps où j’étais avec les irréguliers [FFI] lequel a été une période très mouvementée de ma vie et à la fois la plus heureuse et la pire que j’ai jamais connue, vais peut-être en écrire 3 ou 4 de plus, en ai trop à écrire. Trois de ces histoires sont trop pénibles à écrire mais essaie de les écrire très simplement et délicatement, avec les vrais mots.

Je n’avais jamais eu l’intention de les écrire mais je pense maintenant que ce serait mal de ne pas les écrire »

« A Room on the Garden side » (14 p. manuscrites, une anecdote à l’Hôtel Ritz juste après la Libération de Paris) ; « The Cross Roads », intitulée aussi « Black Ass the Cross Roads » (26 p. dactylographiées, récit romancé réaliste d’une embuscade et d’Allemands en fuite sur la route d’Aix la Chapelle ) ; « The Monument » (14 p. dactylographiées) et « Indian Country and the White Army « (19 p. dactylographiées), description de combats d’Houffalize en Belgique. Il existe aussi des histoires sans titre.
Cf lettre suivante adressée à Charles Scribner, Jr. le 14 août 1956.]

À Charles Scribner, Jr., La Finca Vigia, 14 août 1956

Cher Charlie,

(…) Comme j’ai découvert qu’il m’était impossible de me remettre au livre sur l’Afrique sans écrire au préalable quelques textes par discipline je me suis mis à écrire des histoires ce qui est pour moi la chose la plus difficile à faire.

En ai écrit 5 que Mary a tapées. Ceci avec une que j’avais écrite pour me mettre en train après l’Afrique en fait six non publiées.

Les titres sont : Procurez-vous donc un chien d’aveugle ; Une chambre côté jardin (1) ; Les carrefours (2) ; Le Monument ; Pays indien et l’Armée blanche ; La Réputation usurpée.

Les cinq dernières histoires sont d’environ 1 200 à 4 500 mots chacune et je suppose qu’elles sont un peu choquantes car elles traitent de troupes et de combats irréguliers et de gens qui tuent vraiment d’autres gens. Il n’y a pas de révélations choquantes sur des troupes de caserne qui ne se sont jamais battues ni de patrouilles où quelqu’un ramène sur son dos un mort et l’écrivain devenu psychopathe ne déserte pas pour faire la connaissance d’un éditeur.

Rien n’est plagié de Tom Wolfe ni de Faulkner et quand un homme traite un autre homme de lope il le traite de lope. Je n’ai pas eu à endosser mon costume de rabbin pour les écrire et tout ce qu’il m’a fallu c’est une carte. Ce sont donc probablement des histoires très ennuyeuses mais certaines sont très drôles je crois. En tout cas vous pourrez toujours les publier après ma mort. J’en ai cinq de plus que je vais écrire maintenant ».

Ndlr- (1)- C’est cette short story « A Room on the Garden side » que vient de publier The Strand Magazine.

(2)- Sous le titre « Black Ass at the Cross Roads » (Cafard au Carrefour), ce texte a été publié pour la première fois en anglais en 1987 dans « The Complete Short Stories » de E.H et en français dans « Le Chaud et le Froid » (1995, Gallimard)

{{}}The Strand Magazine est accessible à cette adresse.

Voici la chronique de Sarah-Lou Bakouche pour le Figaro :

Dans une nouvelle inédite, Hemingway déclare sa flamme au Paris libéré de 1944

  • Par Sarah-Lou Bakouche /Publié le 03/08/2018 à 13:37 / Le Figaro.fr
  • Posté par Michel Porcheron

Le magazine américain The Strand publie un inédit d’Ernest Hemingway intitulé A Room on the Garden Side. Le texte, aux accents autobiographiques, raconte les grandes heures de la libération de la capitale française, vues d’une chambre du Ritz.

Guerre, Paris, alcool et discussions littéraires. Ces thèmes ne sembleront pas extraordinaires pour les amateurs d’Ernest Hemingway. Et pourtant, le Strand Magazine, magazine littéraire trimestriel américain, publie cette semaine une nouvelle inédite d’Hemingway intitulée A Room on the Garden Side (« Une Chambre côté jardin »), contenant tous les sujets affectionnés par l’auteur. Rédigée en 1956, elle fait partie des nombreuses œuvres jamais publiées qu’il a laissé derrière lui après son suicide en 1961.

L’histoire se déroule dans une chambre del’hôtel Ritz, au cœur de Paris, lors de la libération de la capitale par les Alliés en 1944. Le narrateur, Robert, est aussi le personnage principal du récit. Robert et ses compagnons soldats vont tous quitter la ville le lendemain. En attendant, ils boivent du champagne, débattent et parlent de la guerre. Kirk Curnutt, membre du comité de la Hemingway Society, explique dans le Strand que cette histoire « contient tous les éléments caractéristiques que les lecteurs adorent chez Hemingway ».

 » LIRE AUSSI - Hemingway : un sacré coup de jeune pour Le Vieil Homme

Le Paris d’Hemingway, intimité et grande histoire

Il n’est pas ardu de trouver des ressemblances entre Hemingway et Robert, que les soldats appellent par le surnom de l’auteur : « Papa ». En 1944, l’écrivain était correspondant de guerre et, à la Libération, il a effectivement commandé une tournée générale de champagne au bar du Ritz. L’écrivain avait une passion pour ce lieu qui évoquait sa vision de la vie au Paradis après la mort. L’un des bars de l’hôtel porte désormais son nom.

 » LIRE AUSSI - Sur les traces d’Ernest Hemingway à Paris

Cette nouvelle est également un hommage de plus de l’écrivain à sa ville favorite. Une déclaration d’amour bien particulière, à un moment où Paris, ébranlé par la guerre, sort tout juste de l’occupation nazie. Et la relation qui lie l’auteur et la ville lumière est une longue histoire faite pour durer. Après les attentats de 2015, la municipalité avait incité les Parisiens à réinvestir les lieux de loisirs par une grande campagne. Le slogan, « Paris est une fête », est emprunté à Hemingway.

Quelques jours seulement après les attaques terroristes, son récit autobiographique, publié en 1964, avait pris une dimension nouvelle et devenait symbole d’espoir, allégorie de la liberté et de la résistance parisienne. Le livre est alors en rupture de stock et gravite en tête des ventes. Le roman s’écoule à plus de 25.000 exemplaires par semaine, contre 100 avant le 13 novembre. Et ce, pendant plusieurs semaines.

Des piles de l’œuvre de Hemingway Paris est une fête en novembre 2015

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Une série d’écrits encore inconnus à l’aube du centenaire de sa naissance

Parmi les nombreux textes d’Ernest Hemingway sur la Seconde Guerre mondiale figurent une série de cinq nouvelles. Avant la publication de A Room on the Garden Side, seul Black Ass at the Cross Roads avait été publié.

« Vous pourrez les publier après ma mort », avait expliqué l’auteur à son éditeur. Cinquante-sept ans après le suicide d’Ernest Hemingway, ces manuscrits attendent leur tour, conservés précieusement dans la collection Hemingway de la librairie présidentielle John F. Kennedy à Boston. De quoi donner quelques idées aux éditeurs.

« A Room on the Garden Side », à retrouver dans le numéro 55 de The Strand, à acheter sur leur site Internet.

La rédaction vous conseille :

La première nouvelle d’Hemingway, écrite à dix ans, a été retrouvée en Floride 

A propos de Ernest Hemingway

Ernest Hemingway

Né à Oak Park, Illinois le 21 juillet 1899.
Décédé à Ketchum, Idaho le 2 juillet 1961.

A LIRE EGALEMENT AVEC INTERET :

https://www.actualitte.com/article/monde-edition/une-nouvelle-inedite-d-ernest-hemingway-publiee-pour-la-premiere-fois/90269

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1116117/ernest-hemingway-a-room-on-the-garden-side-roman-inedit-publication-magazine

https://france-amerique.com/fr/une-nouvelle-inedite-dhemingway-sur-le-paris-de-la-liberation/

https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Strand_Magazine

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