Cuba change, les cubains aussi...

vendredi 14 octobre 2011
par  Roger Grevoul

Dans un article de Granma International, le journaliste Félix Lopez, fait part de sa vision des changements qui s’opèrent, en ce moment dans la vie des cubains.
"Les Cubains parlent sans détour de leur quotidien, des changements qui se mettent en place, de la lenteur de la mise en œuvre d’autres mesures, des bureaucrates qui perdent du terrain, des corrompus assis au banc des accusés, de la nécessité que le journalisme soit plus proche de la réalité"
C’est un langage nouveau...

Paysage urbain et défis futurs

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FÉLIX LÓPEZ

Cuba a commencé à changer... À La Havane, il semblerait que deux capitales se livrent combat pour conquérir le même espace : une ville qui s’est endormie dans le temps, bruyante, dont les peintures s’effritent, une ville qui a survécu à une surpopulation cosmopolite, à toutes les pénuries,y mais aussi à la négligence. Et l’autre, celle qui voit le jour dans les nouvelles cafétérias, les « paladares » ou restaurants privés, salons de coiffure, gymnases, chambres en location, et annonces de toutes sortes – plus ou moins réussies quant à l’esthétique –, qui nous indiquent la présence, de plus en plus nombreuse, de vendeurs de disques piratés, de charpentiers, de mécaniciens, de maçons, de couturières et de masseurs.

La physionomie des Cubains change elle aussi. Voyez celui-ci qui faisait semblant de travailler huit heures par jour, dans une entreprise qui ne produisait rien et pour un salaire que même un magicien ne saurait faire durer jusqu’à la fin du mois : le voici qui tente sa chance comme travailleur à son compte, ce qui signifie que désormais, il doit assumer d’être responsable de tout, sans compter sur l’État . À lui d’apprendre à gérer le capital, la microéconomie, les impôts, la discipline et la légalité. Ils sont aujourd’hui 333 000 à se consacrer aux 181 activités autorisées dans le secteur privé. Ils ont choisi de faire face à toutes ces difficultés et de se prouver qu’ils sont capables de se prendre en mains.

Peu à peu, d’autres bonnes nouvelles ont fait irruption dans le paysage urbain. Ainsi, à n’en pas douter quand vient l’après-midi, les rues sont plus animées grâce à la présence des lycéens qui ont quitté leurs établissements des zones rurales pour regagner la ville. Ce qui oblige à réfléchir aux loisirs qu’il faut mettre à leur disposition, à un enseignement qui s’approche de plus en plus de celui de nos rêves, et à l’attitude que nous devons assumer pour en faire des hommes et des femmes de bien. Il est urgent pour Cuba – et ceux qui l’aiment le savent – de préserver ce qui a fait sa grandeur, de grandir en tant que nation, de perfectionner son économie et les formes de participation afin que nos enfants s’y sentent bien et souhaitent y rester pour grandir avec leur île.

Il existe aujourd’hui de nouvelles manières de réfléchir, de débattre et d’analyser les perspectives présentes et futures du pays, même si elles ont fait une irruption moins remarquée dans les médias qu’au sein de la société.

Les Cubains parlent sans détour de leur quotidien, des changements qui se mettent en place, de la lenteur de la mise en œuvre d’autres mesures, des bureaucrates qui perdent du terrain, des corrompus assis au banc des accusés, de la nécessité que le journalisme soit plus proche de la réalité, capable de démontrer, comme le dit un ami, que « La Révolution, cela veut dire que les gens vivent, que les gens respirent, que le salaire vaut quelque chose, que l’argent doit servir à renforcer des valeurs spirituelles, que la qualité des émotions signifie qualité de vie, et que le sacrifice n’est pas une fin en soi mais un moyen ».

À ce débat légitime né au sein du peuple, veulent aussi se joindre ceux qui haïssent et méprisent la voie de l’indépendance que les Cubains ont choisie il y a plus d’un demi-siècle. Il y a de tout dans cette tentative : politologues, cubanologues, gens de bonne foi, et même des terroristes. Certains augurent l’échec de Cuba, d’autres osent même diaboliser ce que nous applaudissons parce que nous le jugeons nécessaire. Un autre, qui a accès à des médias internationaux importants a lancé cette « théorie » pour démontrer que nous avons abdiqué : « Le travail indépendant crée une petite bourgeoisie à Cuba, inverse la politique de la « période grise » et fait fi de l’avertissement de Lénine pour qui « la petite bourgeoisie est l’ennemie jurée du socialisme ».

Il en résulte que les ennemis de la Révolution cubaine sont aujourd’hui plus léninistes que Lénine. Ne se rappellent-ils pas les convulsions qui les ont saisis lorsque, le 18 décembre 2010, le président Raul Castro détruisait en une seule phrase leurs rêves de restauration du capitalisme à Cuba : « La planification et non le libre marché sera le trait distinctif de l’économie, et l’État ne permettra pas la concentration de la propriété. « Ceux qui ont choisi de diaboliser et de criminaliser les travailleurs installés à leur compte ont opté pour une voie mesquine et risible, car indéfendable. Ces travailleurs sont le moteur du développement futur ; Sans aucun doute, leur présence a fait irruption dans le panorama urbain pour y rester.


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