Cienfuegos et les préoccupations écologiques

mercredi 31 octobre 2018
par  divers auteurs, Traduit par Pascale HEBERT

Le quotidien de Cienfuegos 5 de septiembre informe régulièrement sur les recherches menées par les scientifiques de la province et sur leurs contributions aux progrès de la science, pour le bien de l’humanité. La défense de l’environnement et de la biodiversité sont des préoccupations majeures de Julio León qui consacre ses efforts à la préservation de la flore autochtone, de Rafaela Soto qui recherche les principes actifs des plantes médicinales locales et des chercheurs du Centre d’Etudes Environnementales qui se sont penchés notamment sur l’étude des pollutions marines au sud de l’Ile.
Pascale Hébert.

JULITO, PROTECTEUR DE LA FLORE ET DE LA FAUNE DE CIENFUEGOS

Article de Miguel Ángel Castiñeira García* ( Quotidien en ligne 5 de septiembre 1er octobre 2018)

Le plus remarquable chez Julio c’est que tout en n’ayant pas fait d’études dans le domaine de la botanique il est considéré aujourd’hui comme l’une des personnes qui ont le plus de connaissances sur la flore endémique de notre pays, spécialement la flore endémique de Cienfuegos. / Photo. Courtoisie de la personne interviewée.


Julio León Cabrera, « Julito » comme l’appellent certains, est un hombre qui même à l’approche de la soixantaine est fort comme un chêne et qui a tellement d’énergie qu’il la transmet aux plus jeunes.

Ses études les plus importantes ont porté sur les bambous, à la demande du Général de l’Armée Raúl Castro Ruz, il y a plus de 30 ans, pour tenter d’inscrire la plante en question comme objectif économique du pays. « J’ai étudié fondamentalement les bambous exotiques mais, bien entendu, j’ai aussi commencé à étudier les bambous endémiques de Cuba, qui n’entrent pas dans l’activité économique, mais qui sont importants.

Une fois, je me trouvais avec mon épouse dans les bois, au Karst de Buenos Aires. Je cherchais une espèce de bambou endémique de cet endroit, et alors elle me demande de vérifier derrière quelques cailloux parce qu’elle ne voulait pas tomber sur une quelconque bestiole. Et c’est ainsi, par hasard, que j’ai trouvé la plante que je cherchais depuis 15 ans ». Il me raconte cette histoire comme s’il m’avait toujours connu.

Le plus remarquable chez Julio c’est que tout en n’ayant pas fait d’études dans le domaine de la botanique, il est considéré aujourd’hui comme l’une des personnes qui ont le plus de connaissances sur la flore endémique de notre pays, spécialement la flore endémique de Cienfuegos. Opérateur de radio diplômé, il a travaillé pendant 15 ans au radar météorologique du Pico San Juan, tandis qu’il collaborait déjà avec le Jardin Botanique de notre province. « Cela fait treize ans que je travaille au « Jardin », mais, en tant que collaborateur, cela fait déjà plus de quarante ans », affirme-t-il. 

En ce moment, Julito est en train d’œuvrer à l’actualisation de la Liste Rouge de la Flore de Cuba, dont la publication est prévue pour 2020 « Pour moi, c’est avant tout une fierté, c’est une chose à laquelle je ne m’attendais pas. Je ne suis même pas diplômé de cette spécialité et pourtant ils ont fait appel à moi. Appartenir au groupe des spécialistes en plantes cubaines est sans aucun doute un but pour tout botaniste.

En plus de la tâche en question, Julio se trouve impliqué dans différents projets, parmi eux, Faire communiquer les paysages, qui a à voir avec la conservation et avec la manière de parvenir à la communication entre des écosystèmes montagneux. « C’est un projet très important pour le pays. On est en train de travailler sur tous les aspects de la biodiversité et sur la relation avec les paysans. L’objectif est de parvenir à les convaincre de semer des espèces autochtones dans leurs fermes, et ainsi de parvenir à la communication entre tous les écosystèmes. Je suis aussi impliqué dans un projet Certification et Sècheresse. On est en train de travailler sur le secteur de la côte sud de Cienfuegos qui va de Yaguanabo jusqu’au fleuve Cabagán, un des secteurs les plus secs de Cuba ».

La flore de Cienfuegos est pour lui un motif de fierté. « Notre flore, en dehors du fait qu’elle se trouve menacée, est très riche en ce qui concerne la quantité d’espèces endémiques, et notre mission est de la conserver pour que les générations futures puissent aussi en profiter ».

D’après Julio, il est primordial de travailler au sauvetage des espèces mais surtout de l’écosystème. « Nous n’avons rien fait si nous sauvons une plante et si nous pensons qu’elle est importante parce que c’est la seule qui reste. Si nous ne sauvons pas toute la végétation qui lui est associée, nous n’avons rien fait, parce qu’elle ne vit pas là par caprice, elle vit là parce qu’elle a là toutes les conditions pour se développer. Nous devrions en savoir davantage sur l’écologie et sur la protection des espèces ».

D’autres poursuivront certainement la tâche de León Cabrera, La flore et la faune locale le méritent bien. « Ça m’intéresse de travailler avec des jeunes, je le fais et ça me plait. Les jeunes sont très importants. Ils sont porteurs de fraîcheur d’esprit et de connaissances nouvelles. Mon conseil est qu’ils étudient, qu’ils étudient, qu’ils étudient et qu’ils se rapprochent de ceux qui ont le plus d’expérience. Généralement, les botanistes sont des personnes très ouvertes qui enseignent et qui aident beaucoup. C’est notre devoir de parvenir à ce que les générations futures puissent profiter des plantes qui sont aujourd’hui au bord de l’extinction ».

Depuis tout petit, Julito a commencé à ressentir une immense attirance pour la botanique, une passion qui des années plus tard ferait de lui un spécialiste de la conservation de la flore. Le grand spécialiste qu’est aujourd’hui Julio León Cabrera.

*En collaboration avec Raúl Edel Padilla Morales, étudiant en Ingénierie Agronomique de l’Université de Cienfuegos

FELA, LA FEMME QUI PARLE LE LANGAGE DES PLANTES

Article de Magalys Chaviano Álvarez (Quotidien en ligne 5 de septiembre 4 octobre 2018)

Rafaela Soto Ortiz vient juste de recevoir le Prix Annuel de l’Association Cubaine des Techniques Agricoles et Forestières (ACTAF), dans la catégorie Créativité de la Femme Rurale. Et, alors qu’elle, fragile seulement en apparence, croit qu’elle ne le mérite pas, ses collègues affirment le contraire. Professeur de l’Université de Cienfuegos (UCF), elle a consacré toute sa vie à l’étude des plantes, des plantes médicinales tout spécialement. Celle-ci est précédée par des recherches de terrain et elle est avalisée par l’exercice pédagogique et la formation universitaire des nouvelles générations.

Rafaela Soto Ortiz et son élève Arrianny, expérience et jeunesse conjuguées dans la botanique. / Photo : Dorado

« J’ai beaucoup travaillé mais je n’ai jamais pensé que ce soit si important, au point de recevoir ce prix. Comme je l’ai déjà dit, j’exerce à l’UCF, je suis spécialisée dans la thématique des plantes médicinales et ces derniers temps, chargée de diriger des thèses et des mémoires de fin d’études en général, à la Faculté des Sciences Agronomiques.

Chaque étude suppose une recherche et celle-ci est validée et reste comme référence pour ceux qui viennent derrière. En même temps on génère beaucoup d’information, parce que de la connaissance découle toute l’activité qui inclut aujourd’hui l’obtention de médicaments à partir des plantes, qui ne sont pas seulement les connaissances et les teintures qu’on se transmet de génération en génération, mais leur utilisation dans l’industrie de la Pharmacologie.

Parmi les résultats les plus récents de mon travail, on compte un relevé, sur tout le territoire, de l’état de conservation des espèces médicinales, avidement effectué, qu’il m’a pris beaucoup de temps de réaliser, mais qui est là pour être utilisé et dont j’espère qu’il sera d’utilité »

J’échange avec celle qui a été son élève, Arrianny Pérez Fernández, déjà spécialisée en ingénierie agronomique. Celle-ci, diplômée depuis deux ans et actuellement professeur de l’UCF, commencera sous peu son doctorat, pour lequel elle bénéficie du tutorat de Rafaela, son professeur.

« Je veux que ma thèse soit une recherche complète sur une espèce de plante médicinale. Avec Rafaela, ma prof, j’en suis à la phase initiale, nous travaillons à déterminer laquelle ce sera spécifiquement. Le sujet m’intéresse, mais il ne s’agit pas seulement de son traitement pour la production de médicaments mais aussi de l’utilisation de la plante pour l’obtention dans des conditions optimales des principes actifs qu’elle contient. Je compte sur la précieuse expérience et sur les connaissances de ma directrice de thèse, nécessaires pour ce projet que j’ai commencé récemment et dont j’espère qu’il portera ses fruits. Je me sens fière de son prix. »

J’ai fait la connaissance de Rafaela Soto Ortiz lors du Congrès National Plantes Médicinales 2018, parrainé par l’ACTAF et par le Groupe Technique National, qui s’est déroulé à Cienfuegos. Je suis assise parmi l’auditoire, je participe à la joie causée par son prix, qui est national et qui revient à une compatriote de notre ville ; et plus tard, je suis sa conférence et je pense que ceux qui voient cette femme marcher dans la rue ou prendre l’autobus, pourraient ne pas remarquer sa grandeur et en même temps son humilité, ces valeurs sur lesquelles elle s’appuie pour cultiver chez ses élèves l’amour des plantes médicinales, là, sur les bancs de la Faculté des Sciences Agronomiques de l’UCF, où elle leur apprend le langage que parlent les plantes, celles qui guérissent.

LES RECHERCHES DES SCIENTIFIQUES DE CIENFUEGOS DIVULGUEES LORS DE MARCUBA 2018

Article de Ismary Barcía Leyva ( Quotidien en ligne 5 de septiembre 17 octobre 2018)

Quelles options propose la science pour freiner l’érosion hydrique à Rancho Luna, l’une des destinations touristiques du centre de l’Ile ? Quels sont les taux d’hydrocarbures et de mercure dans les sédiments et dans les organismes de la baie de Cienfuegos ? Quel est le degré de présence dans la baie des micro-plastiques, qu’on appelle polluants émergents ? Comment la sécheresse influe-t-elle sur la dynamique de cet écosystème ?

Des réponses sur les impacts humains et sur la gestion des risques sont fournies par les chercheurs du Centre d’Etudes Environnementales de Cienfuegos au cours du symposium consacré à ces sujets, l’un de ceux qui sont inscrits au programme de MARCUBA 2018.

Photo Ismary Barcía

Une trentaine de résultats scientifiques de notre province sont présentés au cours du XIème Congrès International des Sciences de la Mer, qui se tient cette semaine (du 15 au 19 octobre) au Palais des Congrès de la capitale.

Des diagnostics sur des zones de mangrove polluées par des déversements d’hydrocarbures et l’évaluation des eaux destinées à la consommation dans les lacs de barrage de la province sont communiqués sous forme de d’exposé oral et de panneaux.

En même temps, des études sur la température et sur l’influence qu’ont les vents sur la circulation marine au sud de l’Archipel, apportent à ce MARCUBA 2018 des connaissances sur des dilemmes à l’échelle mondiale, comme les phénomènes extrêmes et le changement climatique.

Des preuves sur de fréquents épisodes d’apparitions d’algues toxiques et de celles qui provoquent la ciguatera*, la caractérisation des récifs coralliens cubains et une méthode pour évaluer les taux de calcification des coraux sont d’autres contributions de la science de Cienfuegos d’aujourd’hui, pour les côtes et pour la mer de demain.

*Forme d’intoxication alimentaire causée par l’ingestion de poissons contaminés par une micro-algue toxique qui prolifère sur le squelette des coraux morts. (note du traducteur)

www.5septiembre.cu/julito-protector-de-la-flora-y-la-fauna-cienfueguera/

www.5septiembre.cu/fela-la-mujer-que-habla-el-idioma-de-las-plantas/

www.5septiembre.cu/investigaciones-cienfuegueras-en-marcuba-2018/


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