« Victor Hugo : ennemi d’Etat » Bonus (4)

dimanche 2 décembre 2018
par  Michel Porcheron

« On aura toujours besoin d’un Victor Hugo »

Dans la série « Victor Hugo, ennemi d’État » en quatre volets, diffusée sur France 2, les 4 et 5 novembre, Yannick Choirat joue le rôle de l’écrivain, dans une période peu connue (1848-1851) de sa vie. C’est la première fois que Victor Hugo est incarné dans une fiction.

Voici des extraits d’entretiens avec Yannick Choirat /posté par Michel Porcheron

TELE 7 JOURS /Interview Hacène Chouchaoui

Qu’avez-vous ressenti à l’idée d’incarner un tel monument de la littérature ?

Yannick Choirat : J’étais ravi, mais assez démuni. J’avais lu Les Misérables et ses œuvres théâtrales, mais j’ignorais son parcours politique. En revanche, je sortais d’une pièce consacrée à la Révolution de 1789, Ça ira, où j’incarnais Necker. J’étais plongé à fond dans la politique et l’Histoire.

Comment vous êtes-vous préparé pour ce rôle ?

J’ai lu des biographies, notamment un essai de Jean-François Kahn, L’Extraordinaire Métamorphose, ou 5 ans de la vie de Victor Hugo, une œuvre qui évoque les années 1847 à 1851, traitées dans la série.

Qu’avez-vous appris sur lui ?

Je pensais qu’il avait toujours été un grand humaniste de gauche. Non : Hugo a été royaliste ! Il soutiendra fermement la monarchie lors de la révolution de 1848, avant de se rallier à la République.

Ça vous a choqué ?

C’était un poète institutionnel. Il appartenait à l’establishment en sa qualité de membre de la Chambre des pairs, où il siégera de 1845 à 1848. Il était aussi académicien et chevalier de la Légion d’honneur. Il croulait sous les reconnaissances et aimait ça. Après 1848, il deviendra un républicain forcené. Cette série déboulonne la statue, nettoie le vernis culturel, pour montrer l’homme avec ses contradictions, sa force, ses faiblesses et sa puissance de reconstruction.

TV MAGAZINE (Le FIGARO) / propos recueillis par Julia Baudin

Yannick Choirat est formidable dans le rôle du célèbre homme de lettres.

TV MAGAZINE. - Comment imagine-t-on se mettre dans la peau d’un personnage aussi important que Victor Hugo ?

Yannick CHOIRAT. - Cela a commencé dès les essais, notamment ceux où l’on m’a demandé d’entrée de jeu de lire un extrait du discours sur le suffrage universel, magnifique, que l’on retrouve dans la série. Et, plutôt que de me poser la question de l’homme, du mythe ou de la légende littéraire, c’est porter cette parole-là et montrer comment elle pouvait résonner aujourd’hui qui m’a tenu tout du long.

Voulez-vous dire que ses discours font sens aujourd’hui encore ?

Tellement sens ! Je ne suis pas juge, seulement témoin du monde dans lequel je vis, et pas un de ses discours n’est pas hautement actuel. D’où mon très grand plaisir. J’aurais voulu en dire plus…

Vous êtes comédien de théâtre. Était-ce la garantie pour France 2 d’une parfaite diction ?

Ce qui est drôle, c’est que, lorsque le rôle m’a été proposé, je travaillais depuis trois ans sur une pièce intitulée Ça ira (1) - Fin de Louis, de Joël Pommerat, qui traite de la création de l’Assemblée nationale, en 1789. J’étais donc aguerri à la rhétorique du discours politique. J’ai foncé. Et se retrouver pour la première fois dans l’histoire de la télévision dans la salle du Congrès du château de Versailles… Quel moment !

[« Cette série donnerait envie de faire de la politique » Yannick Choirat]

À aucun moment vous n’avez eu peur d’incarner Victor Hugo ?

Si on a peur, on n’y va pas. Et je n’étais pas seul. Producteurs, auteurs, acteurs, réalisateur… tous étaient formidables. Hormis les scènes de discours, impressionnantes, car j’étais l’unique orateur, je n’ai jamais eu le sentiment de porter seul la fiction. Et, pour ces scènes particulières, j’ai systématiquement travaillé en me raccrochant à des questions actuelles.

Cela vous a mis à l’aise ?

Ça donnerait presque envie de se lancer dans la politique !

Parler des grands hommes et de leurs combats relève-t-il selon vous de la mission de service public ?

C’est même ce pour quoi elle existe… Pour montrer que ce n’est pas parce qu’on parle de Victor Hugo que l’on va se faire suer devant sa télé !

LIRE AUSSI :

https://www.telez.fr/actus-tv/yannick-choirat-dans-victor-hugo-ennemi-detat-jai-essaye-de-ne-pas-penser-au-mythe/

https://www.rtbf.be/tv/thematique/fictionetserie/detail_les-confidences-de-yannick-choirat-sur-son-role-de-victor-hugo?id=10042619

Paris Match | Interview Amandine Bourgoin

Paris Match. C’est la première fois que Victor Hugo est incarné à l’écran, vous avez ressenti une pression particulière à vous glisser dans le rôle de l’écrivain ?

Yannick Choirat. Non pas tant que ça parce que je me suis vite rendu compte que ce n’était pas un biopic mais qu’on allait s’attacher à son engagement politique. On ne porte pas uniquement un regard romantique sur lui, on raconte la métamorphose d’un poète qui s’engage en politique et qui va remettre en cause toutes ses certitudes. Il y avait aussi énormément de discours à l’Assemblée dans le script, et c’est ce qui m’a motivé à faire ce rôle parce que ce sont des paroles qui viennent du passé mais qui doivent vraiment être réentendues aujourd’hui.

Que représentait Victor Hugo pour vous ?
Quand on m’a dit que j’allais passer le casting, j’avais en tête l’image de l’homme à la barbe blanche du Panthéon. On oublie qu’il a été jeune. Je ne connaissais pas l’homme qu’il était à 45 ans, sa transformation politique. J’ai tout découvert. J’avais « Les Misérables » et « Notre-Dame de Paris » en tête. J’ai découvert sa poésie, « Les Châtiments » qui un recueil à charge contre Napoléon III. En le lisant je me suis dit « Le mec, il était barré ». Il est parti dans un combat contre le premier homme de France. J’ai aussi lu des biographies, des essais qui m’ont permis de préparer le rôle et de le découvrir. Dans le film, on montre les failles et les contradictions du personnage. C’est un portrait à charge aussi sur certains choses, on n’a pas fait un portrait idéalisé de Victor Hugo, mais on a raconté l’homme plus que la légende.

Des aspects de sa vie vous ont-ils étonné ?
C’était un homme conservateur, monarchiste, qui ne voulait pas que les choses bougent au début parce qu’il pensait que la France n’était pas prête pour la République. Il va se laisser entraîner et toutes ses mesures progressistes vont prendre forme. C’est un véritable humaniste, un poète à l’Assemblée nationale qui a su dire des choses fondamentales et qui a su toucher les exclus et parler en leur nom. C’est au début un homme de droite qui passe à gauche en vieillissant, c’est rare cette transformation, elle est inédite. Aujourd’hui c’est plutôt l’inverse.

Dans la série on découvre aussi sa relation compliquée avec les femmes...
C’était un bourreau des cœurs et un bourreau des femmes tout court. Dans la série on le voit odieux avec sa maîtresse Léonie et avec son épouse. C’était un homme à femmes. Il a eu des maîtresses jusqu’à 82 ans. Il était insatiable. Il y avait quelques chose de très passionnel entre lui et ses maîtresses.

On découvre aussi Juliette Drouet, une maîtresse qui a eu un rôle particulièrement important dans la vie de l’écrivain...
Elle a joué un rôle énorme. C’était son assistante, sa scripte aussi, c’est elle qui recopiait ses textes. Elle lui a écrit 20 000 lettres durant leur relation, c’était un personnage assez étonnant. Elle était comédienne à la base, il lui a demandé d’arrêter. Il l’a presque séquestrée chez elle parce qu’il ne voulait que leur relation se sache...elle a duré 50 ans.

Avec ses enfants dans la série, c’est un père assez tendre...
Il l’est, mais on voit aussi qu’il y a eu quelques tensions parce que ses enfants ont tous eu du mal à s’émanciper de lui. Les gens autour de lui ont du mal à exister sans lui.

Vous participez à beaucoup de scènes où Victor Hugo clame ses discours à l’Assemblée nationale, où ont-elles été tournées ?
Dans la Salle du Congrès du palais de Versailles. Là où le président de la République rassemble aujourd’hui encore les membres du Sénat et de l’Assemblée nationale pour y faire des déclarations. Ça n’avait jamais été ouvert aux tournages, il y avait le nom des députés et des sénateurs dans l’hémicycle. C’était génial.

Dans la série, Victor Hugo ressemble à un acteur sur une scène de théâtre lorsqu’il est à la tribune...
Lorsque Hugo faisait ses discours, il était en représentation. On a vraiment l’impression que cet homme qui était aussi un dramaturge, abandonne un temps l’écriture pour devenir à la fois acteur, metteur en scène et auteur du réel de l’Assemblée nationale. Il va même jusqu’à prédire les paroles de ses détracteurs pour construire sa rhétorique. J’ai eu un grand plaisir à le faire.

Jouer Victor Hugo a- t-il réveillé votre fibre justicière, le révolutionnaire qui sommeillait en vous ?
Ça l’a confortée. Révolutionnaire je ne sais pas, mais ça a aiguisé ma conscience politique. Cette série sert à ça aussi. Pour moi elle est d’utilité publique. La série raconte tellement de choses sur une période qui se cherche et j’ai l’impression qu’on se cherche toujours. La démocratie, la République se redéfinit au regard des périodes que l’on vit. Il y a une nécessité à réentendre les mots de Victor Hugo. On aura toujours besoin d’un Victor Hugo.

(mp)


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