Omara Portuondo« embrasse fort encore »

vendredi 23 août 2019
par  Patrick Labesse

Devenue une star internationale il y a deux décennies avec le Buena Vista Social Club, la chanteuse cubaine n’a rien perdu de sa sensualité vocale.

Par Patrick Labesse(Le Monde)

Omara Portuondo« embrasse fort encore »

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Omara Portuondo et Roberto Fonseca en concert à Sète, le 1er août. PIERRE NOCCA

Zéro heure et vingt minutes, vendredi 2 août : la chanteuse cubaine Omara Portuondo clôt son récital à Sète (Hérault) par une célébrissime ritournelle amoureuse :Bésame mucho.

De Nat King Cole aux Beatles, en passant par Yvette Horner, Luciano Pavarotti, Cesaria Evora ou Fairuz, quantité de célébrités ont repris ce boléro depuis sa création à la fin des années 1930 par la pianiste mexicaineConsuelo Velázquez(1916-2005).

De retour au festivalFiest’A Sète,après son passage ici il y a trois ans, avec le cantaor gitan Diego El Cigala, Omara Portuondo est la tête d’affiche de la soirée, ouverte par la convaincante chanteuse et violoncelliste cubano-chilienne Ana Carla Maza.

Bésame mucho, tout le monde connaît, l’a sifflé sous la douche ou susurré à son amour du moment.

Le public du Théâtre de la mer entonne facilement :« Bésame, bésame mucho, Como si fuera esta noche la ultima vez »(Embrasse-moi, embrasse-moi fort, comme si cette nuit était la dernière fois). Et Omara Portuondo glisse ses commentaires entre les paroles : « no es la ultima ». L’allusion est claire. Pas question de laisser penser qu’on ne la reverra plus comme peut le suggérer l’intitulé (El ultimo beso,le dernier baiser) de son périple mondial qui passera par Paris le 30 août, au festival Jazz à la Villette.

Aujourd’hui, Omara Portuondo ne gambade plus quand elle se déplace, reste assise pour chanter, mais quelle voix encore !

Tournée d’adieu annonce Montuno Producciones, l’agence espagnole assurant son management.

Certainement pas, pure invention, lance la chanteuse sur un ton de défi, quelques heures plus tôt, dans le hall de son hôtel. Le pianiste Roberto Fonseca, son directeur musical, confirme :« Je ne l’imagine pas s’arrêter ». Le médecin, qui la suit dans tous ses déplacements depuis quelques années, renchérit : « D’un point de vue médical, je n’ai aucune raison de lui demander cela.  »

« La fiancée du feeling »

La dame élégante et joyeuse, infatigable et charmeuse –« la plus belle, la plus incroyable, la plus sexy… chanteuse de Cuba », dira pour l’introduire sur scène Roberto Fonseca, avant de lui offrir son bras – fêtera ses 89 ans le 29 octobre à La Havane, sa ville natale.

Sa carrière y a débuté dans les années 1940. Celle que les Cubains surnommeront au début de la décennie suivante,La Novia del filin la fiancée du feeling », en référence au style de jazz romantique inventé par des musiciens comme le pianiste Frank Emilio Flynn, avec qui elle chantera), enregistre son premier albumMagia Negraen 1958.

Quarante ans plus tard, elle devient une star internationale grâce à sa participation au projet Buena Vista Social Club (près de neuf millions d’albums vendus), porté à l’écran en 1999 par Wim Wenders.

Aujourd’hui, Omara Portuondo ne gambade plus quand elle se déplace, reste assise pour chanter, mais quelle voix encore ! Une douceur, une sensualité délicieuse dès les premières mesures deDrume Negrita, titre du Cubain Ernesto Grenet (1908-1981) que la chanteuse a enregistré sur son albumGraciaspour lequel elle a reçu un Latin Grammy Award, en 2008. Cette voix possède aussi une force insoupçonnée quand elle la lance sur uneguajiraqui enchante les danseurs (La Sitieraou la toujours fédératriceGuantanamera).

« Accompagner Omara est pour moi un honneur et une responsabilité », affirme Roberto Fonseca. Le pianiste, qui s’apprête à sortir chez Wagram Music un nouvel album,Yesun, raconte être allé la voir après un de ses concerts, quand il fréquentait encore une école de musique à La Havane, pour lui déclarer qu’il rêvait de pouvoir l’accompagner un jour. Omara Portuondo s’amuse de ce souvenir.

Cette bonne nature rit pour un oui pour un non :« La seule chose qui pourrait me fâcher, c’est qu’on me suggère que le moment est venu de prendre ma retraite ». Qu’on se le tienne pour dit, Omara Portuondo embrassera encore.

(mp)


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