Le Musée Napoléonien de La Havane nous ouvre ses portes

mercredi 4 janvier 2012

LE MUSEE NAPOLEONIEN (Première partie

Article paru dans la revue OPUS HAVANA, traduit par Mireille Tixe Cobian membre de la direction de l’association Cuba Coopération France.

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Ce dont personne ne doute, c’est que Napoléon Bonaparte (1769-1821), empereur des français (1804-1815) et roi d’Italie, fut une star de l’histoire. Posséder un musée consacré à la recherche de l’influence que sa personnalité exerça à tous les niveaux-des champs de bataille à l’environnement familial- est un privilège des cubains.

Il existe quelques musées napoléoniens dans le monde, qui s’appellent ainsi parce qu’ils contiennent des objets qui ont appartenu à la famille Bonaparte ou ont un lien avec l’empereur et sa saga. Bien entendu, les plus importants sont en France : le musée d’art et d’histoire militaire, à Fontainebleau, le musée national du château de La Malmaison et la Maison Bonaparte en Corse, son île natale. Il y en a un aussi à Rome.

Ce n’est que récemment-en 2008- qu’a été créé le premier musée napoléonien en Amérique continentale : la galerie Empire du musée des Beaux –Arts de Montréal qui contient la collection donnée à cette institution du riche homme d’affaires canadien Ben Weider, fondateur de la Société napoléonienne internationale
.
Cependant, le musée napoléonien de La Havane est le plus important du continent américain- en plus d’être le seul en Amérique latine- tant par l’ampleur et la diversité de ses collections que pour l’intérêt de celles-ci qui ont nécessité leur préservation quand il a été décidé de la présenter au public, en 1961.
La majorité des objets sont arrivés à Cuba grâce à la fascination qu’exerçait le Grand Corse sur le magnat sucre, Julio Lobo, « millionnaire séfarade, célèbre pour sa survie miraculeuse face à la montée et à la baisse du cours du sucre » selon la brève référence que lui consacre Alejo Carpentier dans son roman La consécration du printemps qui l’inclut parmi ceux qui assistent à une fastueuse fête de la société havanaise des années 30.

Avec plaisir et perspicacité, Lobo s’est consacré à la collecte de tous les documents ou objets en lien avec Napoléon qu’il admirait beaucoup. Il réunit la plus grande collection hors de France ce qui lui valut la reconnaissance de la sphère culturelle en plus de sa fameuse réputation d’habile financier.
On sait peu de choses sur l’origine de ces biens, ni de la méthode d’acquisition et classement de leur propriétaire qui les conservait dans sa propre demeure, située aux rues 4 et 11 du Vedado.

Ce qui est certain, c’est que dans les années 50, Lobo prit conscience qu’il était nécessaire d’organiser sa bibliothèque napoléonienne, ce pourquoi il embaucha Maria Teresa Frayre de Andrade, précurseur de la bibliothéconomie à Cuba, assistée d’autres spécialistes.
Après le triomphe de la Révolution en 1959, le magnat quitta le pays et laissa sa précieuse collection dont une partie a été dispersée- surtout les documents et les livres- bien que la majorité des biens (quelques 7000 pièces) aient pu être conservées.
JPEG - 4.4 ko C’est dans ces circonstances que, en 1961, fut créé le Musée napoléonien de La Havane, dont le siège, depuis le début a été la palais Dolce Dimora, l’ancienne résidence du célèbre homme politique italo-cubain Orestes Ferrara.
Appartenant au Ministère de la Culture, ce n’est qu’en 2005 que cette institution est passée sous l’égide du Bureau de l’Historien de la ville qui entreprit immédiatement sa restauration.
Ainsi, plus de 190 ans après le décès de Napoléon, cette institution renaît comme preuve de l’image et du mythe napoléon, son origine, sa nature et son évolution
.
« Ici, dans cette île des Caraïbes qui repousse certains et en subjugue d’autre, nous ré ouvrons cet espace qui reconnaît l’héritage impérial » déclara Eusebio Leal afin de souligner l’importance de cette réouverture pour le patrimoine cubain, français et universel.

LE MUSEE NAPOLEONIEN (deuxième partie)

JPEG - 10 ko La réouverture du Musée Napoléonien de La Havane a été précédée d’une phase de restauration très importante dans laquelle sont intervenus les spécialistes du Bureau de l’Historien. Grâce à la Direction du patrimoine culturel, et en particulier aux cabinets de restauration et de peinture de chevalet, il a été possible de mener à bien cette tâche.

Il faut savoir que ce musée possède plus de 7400 pièces, presque toutes de premier ordre : peintures, gravures, sculptures, meubles d’époque, équipements militaires et armes, objets d’art décoratif, numismatique et une extraordinaire collection de livres rares et précieux en français, anglais et espagnol.
Les menuiseries, les fenêtres, les lampes, les décors, les tapisseries, les planchers, les ferronneries, les peintures ont été l’objet d’un minutieux travail.

Par exemple, la bibliothèque-qui compte environ 100 mètres carrés de superficie en bois- a été soumise à un processus ardu afin d’effacer les traces d’un traitement erroné et enlever les couches de recouvrement d’une manière adéquate. On a aussi restitué sa splendeur au reste du mobilier, qui était gravement détérioré, ainsi qu’aux lampes, certaines de très grande taille, aux céramiques et aux collections d’armes. On mentionnera en particulier le traitement de la collection de peinture dont a bénéficié la majorité des pièces
.
Au total, 40 tableaux ont été restaurés, avec une intervention minimale. Ces œuvres nécessitaient différents traitements : 22, de grande taille, ont été restaurées sur place, tandis que les autres ont pu être transférées au cabinet de restauration et traités par une équipe de spécialistes.

En général, l’état de conservation des œuvres était assez bon, elles présentaient une bonne adhérence de la peinture et un bon état du support (toile, métal ou bois) ce qui facilita la restauration. Dans quelques cas, il a été nécessaire de nettoyer la surface de la peinture, puis de retoucher les parties manquantes, les retouches maladroites ont été éliminées puis refaites.

Mais les cadres étaient très détériorées par l’attaque de xylophages, ce qui nécessita leur fumigation et leur restauration complète. Certains étaient si atteints qu’ils durent être remplacés.
Pour le 20 octobre, Jour de la Culture cubaine, le travail de conservation-restauration était terminé avec succès.

La peinture néoclassique : rencontre fructueuse entre l’art napoléonien et l’art cubain.

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En plus d’être attrayantes pour le plus large public, les collections du Musée Napoléon de La Havane sont l’occasion pour les étudiants en histoire de l’art d’une étude chronologique et thématique. La pinacothèque permet de s’initier à l’étude de la peinture française des 18° et 19° siècles dont l’influence parvint jusqu’à Cuba en la personne de Jean Baptiste Vermay qui fonda en 1818 la première Ecole gratuite de peinture et de dessin de La Havane, laquelle devint en 1832 l’Académie de San Alejandro.

De plus, on doit à ce peintre néoclassique les tableaux déposés à l’intérieur du Templete représentant la messe fondatrice de la ville et l’acte d’inauguration du temple par l’évêque, Espada mécène et promoteur des idées de réforme dans la société cubaine.
Il est avéré que Vermay (1774-1833) fut le disciple de Jacques Louis David et il est prouvé qu’il jouissait d’une certaine reconnaissance dans les cercles artistiques sous l’Empire de Napoléon I°.

Ainsi, son tableau La mort de Marie Stuart est conservé précisément dans un musée napoléonien, au château d’Arenberg, en Suisse, où résidait Hortense de Beauharnais, épouse de son frère Louis Bonaparte, et à qui il donna des cours de peinture. On affirme qu’avec ce tableau, Vermay gagna la médaille d’or à l’Exposition de peinture de Paris en 1808,à laquelle il participa avec le maître David et les disciples Gros, Gérard et Girodet, entre autres

Ce n’est donc pas pure coïncidence, mais la preuve d’un lien fructueux, que des toiles de Gérard, Robert Lefévre, Bosio, Meissonnier et Belanger- entre autres peintres napoléoniens- aient été restaurées par les spécialistes qui il y a quelques années ont aussi restauré les tableaux havanais de Jean Baptiste Vermay dont le Cabinet de restauration de peinture de chevalet du Bureau de l’historien porte le nom.

TROISIEME PARTIE des articles de "Opus Habana" constituée par le discours d’Eusebio LEAL( traduction de Mireille Tixe Cobian.

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QUATRIEME PARTIE - un article de Lysbeth Daumont, jeune bibliothécaire de la Vitrine de la Wallonie pour "Opus Habana" (traduction de Mireille Tixe Cobian)

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