ENTRETIEN avec EUSEBIO LEAL SPENGLER

par COLLECTIF MEMOIRE DES RELATIONS FRANCO-CUBAINES
dimanche 20 septembre 2020
par  Posté par Gérard Galéa

Comme il est indiqué par ailleurs cet entretien a été réalisé en août 2001 par notre amie Marie-Dominique Bertuccioli, une « expat » conquise par la révolution cubaine, journaliste à Radio Havane. Marie-Do était depuis la création de l’association particulièrement attentive à nos actions. A chacune de nos missions elle réalisait un interview toujours très chaleureux. Elle a, à ces occasions « couvert » la pose de la première pierre de la Maison Victor Hugo (voir la photo jointe, aux cotés d’Eusébio Leal) et son inauguration.
Merci à Marie-Do et au Collectif qui nous permettent de revivre cette belle rencontre et à Marie-Claude Pollet, la maman de Marie-do, qui a transmis ce texte en français...
RG

COLLECTIF MEMOIRE DES RELATIONS FRANCO-CUBAINES (Août 2020)

Mail : memoirefrancocubaine2020@gmail.com

UNE LONGUE HISTOIRE

ENTRETIEN avec EUSEBIO LEAL SPENGLER

(Réalisé le 29 Août 2001)

EUSEBIO LEAL SPENGLER, né le 11 septembre 1942 et décédé le 31 juillet 2020 à LA HAVANE. Historien de la ville de LA HAVANE depuis 1967.

Il a dirigé une entreprise qui a comme objectif la rénovation de la VIEILLE HAVANE déclarée Patrimoine de l’Humanité en 1982. Ce mouvement allie la restauration des édifices et une grande œuvre de rénovation sociale.

Parmi ses très nombreuses décorations nationales et internationales, il a été promu par la France au grade de Commandeur dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur en 2013 lors d’une cérémonie qui s’est déroulée au musée Napoléon de LA HAVANE (ci-dessous).

L’historien de la ville reçoit du Président du Sénat français Jean-Pierre BEL (au centre) une reproduction d’un manuscrit de l’écrivain français Victor HUGO, sur un épisode de la Commune de Paris, en présence de l’Ambassadeur de France à Cuba : Jean MENDELSON (à droite)

MARIE-DOMINIQUE BERTUCCIOLI Dit « MARIE-DO » pour ses amis.

Née en février 1953 à Lyon (100 ans après la naissance de José MARTI (février 1853).

A 15 ans elle adhère à la Jeunesse communiste. Participe à Cuba, au Festival de la Jeunesse en 1978.

A fait une maîtrise d’histoire.

A Travaillé comme journaliste à Radio- Habana en français à partir de 1980.

Décédée beaucoup trop tôt, le 18 juin 2007 (le même jour que son amie Vilma ESPIN CASTRO).

Marie-Do a écrit 2 livres : « CHE, COMMANDANT, AMI » en 2000 en Français, et « CUBA-FRANCIA : LOS FRUTOS DE LA AMISTAD » en espagnol en 2001.

Marie-Dominique BERTUCCIOLI. (à gauche) en compagnie de son amie Vilma ESPIN CASTRO

Marie-Dominique aux cotés d’Eusebio Leal, lors de la première pierre de la Maison Victor Hugo en plein coeur du quartier historique de la capitale.


L’entretien que nous vous présentons est extrait de son livre : CUBA-FRANCIA : LOS FRUTOS DE LA AMISTAD (Editorial de Ciencias Sociales - 2002)

Nous leur laissons la parole :

Marie-Dominique :

« C’est à l’ancienne LONJA DEL COMERCIO, entièrement rénovée, qu’EUSEBIO LEAL, historien de LA HAVANE, nous a donné rendez-vous. Nous lui avions expliqué avant la rencontre, notre intérêt pour les liens très forts qui unissent Cuba et la France. Il nous répond d’une manière agréable et posée, comme si à ce moment précis des images de ce passé défilaient sous ses yeux... »

EUSEBIO LEAL :

« Au cours des premières années de ce que nous pourrions appeler la « Cuba historique » (je veux dire celle qui naît après le voyage de COLOMB et devient la possession de l’ESPAGNE dans les CARAIBES) les premières nouvelles de FRANCE sont toujours des nouvelles alarmantes.

N’oublions pas que les grandes guerres entre Espagnols et Français, notamment la grande bataille contre FRANCOIS 1er ouvre des blessures qui paraissent définitives. Elles ne pourront être effacées que lorsque, en 1700, un BOURBON de la Maison de FRANCE, Le DUC D’ANJOU (petit fils de LOUIS XIV) accède au trône d’ESPAGNE sous le nom de PHILIPPE V. Il y avait alors une seule famille qui régnait sur une partie de l’Europe et une partie du monde connu. Cet événement était appelé à avoir une influence extraordinaire.

François 1er Roi de France Philippe V (Duc d’Anjou) Roi d’Espagne

C’est perceptible immédiatement à La HAVANE : la bannière blanche à fleur de lys n’est plus le drapeau de l’ennemi à l’horizon de la mer, elle est devenue celui d’un allié. Des bateaux français font leur apparition à La HAVANE. Une des choses les plus surprenantes chez les nouveaux arrivants est leur manière de se vêtir. Leurs habits pleins de couleurs ornés de colifichets divers, aux formes si élégantes stupéfient les gens de la ville, habitués aux habitudes empesées de la Cour d’Espagne, fondamentalement à la coutume persistante des Autrichiens de s’habiller en noir. Ils tombent sous le charme.

Peu après, arrivent d’autres Français, ceux qui sont en Amérique. L’amiral PIERRE LE MOYNE D’IBERVILLE (le héros de la bataille d’Udson, le fondateur de la Louisiane, le héros de Terre-neuve) qui est à lui seul une légende française en Amérique car il a fondé aux côtés de SAMUEL CHAPELAIN le CANADA français, il meurt à LA HAVANE. Le fait que l’Amiral meurt des fièvres tandis que son bateau est ancré dans le port de la ville, laisse une empreinte profonde.

Statue de l’Amiral [Pierre sur le Malecon de LA HAVANE

Les témoignages bien connus de SAMUEL CHAPELAIN sur sa visite à CUBA l’attestent. Au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, il nous laisse dans ses lettres, ses impressions sur LA HAVANE. Elles sont très commentées et elles provoquent dans une certaine mesure, l’apparition de la collection de gravures de cette époque qui nous transmettent la manière dont les premiers Français voyaient la ville.

Ce fait sera magnifié par la présence de figures françaises importantes de l’art, de la gravure, et de l’illustration lithographique tels que :

HIPPOLYTE GARNERAY (1787-1858) a reproduit chez le Lithographe LANGLUME, à Paris (imprimeur et lithographe français du début du XIXe siècle), ses dessins réalisés pendant son séjour à Cuba en 1823-1824, précurseur de la gravure avec EDOUARD LAPLANTE qui réalise la merveilleuse collection des sucreries cubaines et des vues de la Place d’Armes alors que le Palais des Capitaines Généraux était à peine terminé.

Edouard LAPLANTE - Lithographies

Hyppolite GARNERAY

La prise de La Havane par les Anglais en 1762, est une véritable catastrophe pour l’alliance Franco-Espagnole.

La forteresse de SAN CARLOS DE LA CABANA est construite, c’est un ingénieur espagnol, SILVESTRE ABARCA, qui l’érige, mais SUR LA BASE D’UN PROJET FRANCAIS élaboré pour la défense de la colline.

La Havane, Forteresse de San Carlos de la Cabana, tours et canons ...
Forteresse : San Carlos De La Cabana

Il faut dire aussi qu’à cette époque, a commencé à se produire un phénomène triangulaire : l’Espagne doit remettre la Floride à l’Angleterre pour récupérer La Havane et reçoit de la France la Louisiane, la possession française la plus proche de notre île. Il y a donc, une interrelation très forte entre la Louisiane et Cuba, à tel point que cette possession française, devenue possession espagnole marquée essentiellement par la présence des Havanais, a eu une immense influence sur Cuba.

Mais c’est à la fin du XVIIIe siècle que cette influence devient idéologique, philosophique avec le mouvement des Lumières, le mouvement de l’Encyclopédie qui précède la Révolution française.

N’oublions pas que FRANCISCO DE MIRANDA, le héros légendaire, le Vénézuélien universel, est le seul latino-américain dont le nom apparaît, sur ordre de l’Empereur NAPOLEON, sur la liste des héros inscrite dans la pierre de l’ARC DE TRIOMPHE de Paris. MIRANDA commandait un des corps d’armée qui ont pris part à la bataille de Valmy pour sauver Paris et la Révolution. Et bien, MIRANDA avait vécu à LA HAVANE……...

Arc de triomphe de l’Étoile à Paris


À cette époque, les idées nées en France, la nouvelle pensée philosophique véhiculée par les livres, arrivaient subrepticement à Cuba. La France, en effet, était trop dangereuse pour une Espagne qui, bien qu’elle sortait de la période florissante de CHARLES III qui a été marquée par les Lumières, la rénovation et le changement, se basaient sur le principe de « tout pour le peuple » mais « sans le peuple ». Il s’agissait de faire face aux dangers que renfermait la Révolution.

Charles III (roi d’Espagne)

Il y a peu, je révisais les papiers de ma famille qui est arrivée à Cuba, dans la région de Pinar Del Rio en 1813. Quelle n’a pas été ma surprise lorsque j’’ai découvert dans le testament de FREDERIC SPENGLER, mon premier ancêtre à Cuba, qu’il avait dans sa plantation de café de CAYALABOS, plusieurs tomes de l’Encyclopédie et l’œuvre de BUFFON !! Il venait des cantons suisses, était passé par le sud de la France où il avait vécu et de là, dans les Caraïbes, à La Havane.

Buffon, Georges Louis Leclerc

Comment imaginer à Cuba ce miroir, ou plutôt, cette projection des Lumières venues de France ? Elles étaient déjà arrivées à la suite de la dispersion des propriétaires terriens d’Haïti et de la répartition en territoire cubain des colons de LOUISIANE devant lesquels les portes de l’île s’étaient ouvertes pour qu’ils s’y réfugient. C’est une époque de profonde influence française, d’influence des Lumières du contrat social des idées de la nouvelle philosophie, de la pensée des précurseurs du Socialisme Utopique. Cuba se trouvait à une période où les conditions politiques étaient favorables à cette influence française.

FERDINAND VII autorise peu après un groupe de Français à établir une colonie à Cuba : FERDINANDA DE JAGUA, qui deviendra la ville de CIENFUEGOS (du nom du gouverneur de Cuba à ce moment-là), et des privilèges sont concédés à son fondateur le BARON DE CLOUET. La ville est officiellement fondée le 22 avril 1819. De nombreux Bordelais viendront s’établir dans cette ville. Ils sont relayés par des vagues successives d’immigrants venus de la Nouvelle-Orléans, de Philadelphie, et de Baltimore.

C’est aussi le moment de la « francisation » d’une ville comme MATANZAS avec une autre famille qui s’établit dans l’ouest du pays.

De nombreuses familles françaises arrivent, et parmi elles, un peintre JEAN-BAPTISTE VERMAY qui venait d’une localité proche de Paris (Tournon en Brie) et qui faisait partie du cercle de LOUIS DAVID, des peintres de l’Empire.

Le buste et les cendres de Jean-Baptiste VERMAY

entourés de son triptyque sur la création de LA HAVANE dans EL TEMPLETE (VIEILLE HAVANE)


J’ai pu voir, lorsque j’ai rendu visite à Madame FILLOUX (elle est maintenant décédée, elle était l’héritière d’une famille franco-cubaine, une grande dame qui vivait dans une belle demeure près d’Amiens,) l’immense patrimoine que sa famille avait remporté lors de son retour en France après la chute de l’Empire : des lettres, des meubles, des gravures, des photographies et même des habits d’esclaves cubains.

La Havane est aussi secouée par les tentatives de certains membres de l’oligarchie cubaine de faire allégeance à l’Empire français compte tenu de la faiblesse démontrée par FERDINAND VII et la monarchie espagnole. Cela a amené à La Havane un émissaire de JOSEPH BONAPARTE qui a été accusé et ridiculisé en public pour avoir semé la sédition dans la ville.

Cela se traduit aussi par l’existence dans la petite localité de REGLA, d’un monument consacré à NAPOLEON et conservé aujourd’hui au MUSEO NAPOLEONICO et par la découverte au cours des fouilles archéologiques dans les maisons de La Vieille Havane, de divers objets qui traduisent une sympathie envers l’Empire français, par exemple, des médaillons représentant NAPOLEON, premier consul.

FRANCISCO PEREZ DE LA RIVA, un grand historien de cette époque conservait dans sa collection, des aigles impériaux, des drapeaux français en lambeaux et la cocarde tricolore que la Garde Nationale Française avait offert au Marquis DE LAFAYETTE. Elle avait été donnée à des hommes de la Garde Impériale qui sont venus se réfugier à Cuba.

N’oublions pas non plus la venue à Cuba du dernier médecin de NAPOLEON, le Docteur ANTOMMARCHI, (Corse comme lui) dont la tombe est à jamais scellée à SANTIAGO DE CUBA.

Tombe d’Antommarchi d’ANTOMMARCHI à SANTIAGO DE CUBA

Rappelons-nous la manière dont ALEJO CARPENTIER décrit « l’avalanche des Français blancs et mulâtres qui arrivent à Santiago avec leurs esclaves après la Grande Révolution HAÏTIENNE qu’il peint dans son roman « LE ROYAUME DE CE MONDE ».

Il y a toujours à Santiago de Cuba, de vieilles personnes qui appartiennent aux associations de la TUMBA FRANCESA.

La TUMBA FRANCESA (danse)

On parle toujours dans l’est de Cuba « le Patois », qui est un témoin des échanges entre Santiago de Cuba, la Martinique, la Guadeloupe, Haïti et Cayenne que ALEJO CARPENTIER décrit magistralement dans le « SIECLE DES LUMIERES ».

C’est ainsi que nous nous trouvons dans un contexte qui est favorable à l’influence des idées révolutionnaires, non seulement de la France de 1789 et 1790, mais aussi des années de l’Empire jusqu’à la mort de NAPOLEON le 5 mai 1821, mais également des idées de la Révolution de 1848.Toutes ces idées, à mon avis, ont eu une profonde influence sur CUBA qui entame, 20 ans après, sa guerre d’indépendance. Il ne s’est écoulé que vingt ans entre PARIS-1848 et CUBA-1868.

Nous pouvons observer aussi, comment le PARIS de 1870, et ce qui s’est passé plus tard, a influencé CUBA. Nous retrouvons à Las TUNAS, dans l’État-Major du général VICENTE GARCIA, un groupe de Communards auxquels on attribue l’attitude teintée d’anarchie du Général et sa proposition d’établir une République fédérale et sociale. C’étaient les idées en débat à ce moment-là, dans la FRANCE de VICTOR HUGO.

Le fait que VICTOR HUGO, l’homme le plus important de la pensée française de cette époque a reçu José MARTI conduit auprès de lui par le poète AUGUSTE VACQUERIE au cours de son bref passage à Paris, a beaucoup frappé les Cubains. L’impression que fait la France et Paris sur MARTI est immense. Ce qu’il écrit sur la REVOLUTION FRANCAISE, sur VICTOR HUGO, et sur PARIS insurgé est remarquable. Il va au MUR DES FEDERES, sur la tombe d’ABELARD et HELOÏSE, au théâtre de l’ODEON, parcourt les rues de Paris avec passion, le quartier Saint-Dominique, la Place Vendôme, la place des Vosges. Tout cela le conduit à dire avec tristesse : « Qu’il est bon que Paris ait tant de choses, qu’il est mauvais que nous en ayons si peu  ». Ensuite, il sera toujours attentif aux évènements se déroulant en France, Paris étant toujours présent à son esprit. Il mentionne, par exemple, les représentations de l’OPERA du théâtre GARNIER qui venait d’être inauguré. Ce qui le surprend le plus, c’est qu’avec la TOUR EIFFEL, la modernité se soit érigée un monument à elle-même.

CARLOS MANUEL DE CESPEDES, (appelé le « Père de la Patrie » car il a déclenché la guerre d’indépendance de 1868. Il meurt au combat en 1874) a aussi été profondément influencé par la France, lors de la première Constitution de la République en armes, l’Assemblée de GUAIMARO. La France est présente, très présente.

Il y a l’hymne national cubain qui n’est rien d’autre que la MARSEILLAISE revue et corrigée, remodelée aujourd’hui. Le 10 OCTOBRE, chaque année, au Palais des Capitaines Généraux, nous faisons interpréter la version originale qui est saisissante, car elle intègre à tous moments les accords de la MARSEILLAISE. C’est un chant qui rompt les schémas de la musique conventionnelle, car il absorbe des airs de l’hymne le plus subversif et le plus révolutionnaire qui parcourait le monde, (puisque l’INTERNATIONALE n’avait pas encore été écrite). Cette influence est très nette aussi dans le drapeau qui arbore les couleurs de la Révolution Française.

Je crois que cette influence, si profonde, arrive jusqu’à nos jours. ALEJO CARPENTIER a travaillé sur un livre sur PAUL LAFARGUE, un Cubain peu connu. On ne lui a en effet pas accordé l’importance à laquelle il avait droit, compte tenu de la place qu’il a occupée dans le mouvement socialiste mondial, au sein de l’Internationale et de la famille de MARX (LAFARGUE avait épousé sa fille).

Paul LAFARGUE

Grâce au documentaire soviétique « LENINE A PARIS » on a su que c’est LENINE qui avait fait l’éloge funèbre de LAFARGUE, je crois qu’il devrait y avoir partout ici des portraits de LAFARGUE, compte tenu de ce qu’il représente. C’était un petit Français né à Santiago de Cuba, comme FLOR CROMBET, par exemple, à cette différence près que l’un a été un petit franco-cubain qui a pris une dimension internationale et l’autre un des libérateurs de la première et la seconde guerre d’indépendance à Cuba.

Ensuite, il y a le phénomène des Cubains descendants de Français, il y a toute une vague de Cubains de l’est du pays, de la région de MATANZAS et de PINAR DEL RIO qui sont des descendants de Français, héritiers des aspects de la culture française.

C’est bientôt le 200e anniversaire de la naissance de JOSE MARIA HEREDIA, le très grand poète cubain, dont le cousin Français, qui porte le même nom, fut un des grands poètes en France. »

Marie-Dominique :

« On a l’impression que l’influence française se perd après l’intervention nord-américaine de 1901. Pensez-vous que cette influence persiste avant de ressurgir dans des relations d’amitié après le triomphe de la Révolution cubaine de 1959 ? »

« L’influence française s’est maintenue grâce aux femmes et aux hommes de culture qui nous permettent de comprendre ce lien.

Par exemple, la COMTESSE DE MERLIN, cette Havanaise qui est passée par l’Espagne, qui a eu GOYA pour professeur de peinture, qui a fondé un salon à Paris, comme tant d’autres à cette époque,qui réunissait des grands intellectuels et dont les lettres écrites sur Cuba sont d’une importance primordiale.

LA CONTESSE DE MERLIN

Les voyageurs français ont eu également, une grande importance dans ce domaine. Le livre de NARA ARAUJO (Anthologie Viajeros al Caribe Éditée par la Casa de las Americas) fait le point sur une série de voyageurs qui, dans leurs œuvres, reflètent la réalité de la vie à Cuba.

A.de HUMBOLDT, (Allemand) qui a le mieux connu l’Amérique et Cuba, il rencontre à Paris SIMON BOLIVAR. Cela a une grande importance, comme l’ont eu ses voyages à Cuba, sur la question de l’esclavage. N’oublions pas qu’il était accompagné dans ses voyages du Français, AIME BONPLAND.

Il y a eu en permanence des professeurs Cubains qui ont joué un rôle important en France. On peut en nommer un nombre important. Comment ne pas citer, JOAQUIN ALBARRAN, JUAN PEREZ DE LA RIVA, EDUARDO TORRES CUEVAS, ALEJO CARPENTIER, MARINELLO, etc.... qui ont été enseignants en France. Cela ne fait aucun doute, il faut faire connaître tout cela pour en faire une analyse approfondie.

Il y a des mots du Commandant FIDEL CASTRO qui répond à ce qu’avait dit CLAUDE CHEYSSON, Ministre français des Relations Extérieures sous le gouvernement de MITTERRAND. Ce texte a été publié largement dans GRANMA (10/8/1983) qui en a fait sa UNE. FIDEL y parle des relations franco-cubaines de manière très forte, très profonde.

{}Joaquin ALBARRAN JPEG - 7.9 ko JPEG - 5 ko Alejo CARPENTIER

Eduardo TORRES CUEVAS JPEG - 5.4 ko JPEG - 5.8 ko {}Juan MARINELLO

Nous ne pouvons pas oublier le Professeur ANDRE VOISIN, la personnalité française à laquelle la Révolution des premières années doit le plus sur le plan de l’agriculture. (Dieppe 1903- La Havane 1964, il est mort d’un infarctus). On a fait à VOISIN des obsèques nationales à Cuba.

André VOISIN et Fidel

Je pense donc qu’il y a des choses plus connues et d’autres moins, mais celles-ci sont sous-jacentes et toutes perdurent. Citons aussi PAUL ESTRADE et ses travaux sur Cuba, et sur JOSE MARTI. Citons JEAN LAMORE, qui a créé une relation des plus profondes entre l’Université de Bordeaux et celle d’Oriente (Santiago de Cuba) et a préparé une merveilleuse édition de CECILIA VALDES en Français.

Paul ESTRADE JPEG - 6.4 ko JPEG - 4.7 ko Jean LAMORE

Cela ne fait aucun doute, des artistes cubains ont triomphé et triomphent à Paris. C’est le cas en ce moment du peintre MOISES FINALE. Nous avons WIFREDO LAM, le plus connu, le plus universel, l’ami de PICASSO.


Nous pourrions parler de ces liens encore pendant longtemps... Nous avons FELIPE POEY, notre grand naturaliste qui transporte des spécimens pour démontrer ses connaissances en ichtyologie à l’Académie des Sciences à Paris

Felipe POEY

Que dire de notre musicien CLAUDIO JOSE BRINDIS DE SALAS, violoniste, un noir Cubain, qui se voit conférer la Légion d’honneur, et surnommé « LE PAGANINI NOIR »

Claudio BRINDIS DE SALAS

D’ailleurs, nous devrions réviser les registres de la légion d’honneur afin de dresser la liste de tous les Cubains qui l’ont reçue depuis sa création, il y a plus de 200 ans. Il faudrait en faire autant avec les Palmes Académiques.

En effet, lorsque l’on visite le MUSEE DES SCIENCES CARLOS FINLAY, on se rend compte que presque tous les savants cubains portent, sur leurs portraits, les palmes épinglées à leur revers, ce qui signifie que la France a eu connaissance au bon moment et avec force du mérite intellectuel, artistique, et scientifique des Cubains. »

Marie-Dominique :

« Il est en effet important de souligner que les liens ne se limitent pas à une influence de la France vers Cuba, mais aussi de Cuba vers la France, et qu’il y a eu, et qu’il y a toujours, un échange. »

C’est clair...C’est un échange...Les Cubains ont fait et font un apport important à la France.

JOSE LUIS PRATS n’a-t-il pas gagné le prix Marguerite Long à PARIS en 1977, et ALICIA ALONSO obtenu la plus haute distinction que confère la ville de PARIS en 1966 ?

La France a accordé de grandes marques de reconnaissance à la Culture Cubaine, mais la mémoire des choses se perd………

Alicia ALONSO

José Luis PRATS


Pour terminer, n’est-ce-pas à PARIS que s’est débattu le sort définitif de Cuba ? Le traité qui met fin à la domination espagnole et qui ouvre un chapitre singulier de l’histoire, est signé au QUAI D’ORSAY. C’est précisément là que sont conservés les documents, et les objets relatifs à cet événement qui a changé le cours de l’histoire, le 10 décembre 1898, entre les ETATS-UNIS et l’ESPAGNE, frustrant les Indépendantistes Cubains de la victoire conquise les armes à la main. …… »


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