« Je suis au service de la Révolution et du sport »

mardi 22 septembre 2020
par   Alfonso G. Nacianceno García

L’athlète cubaine Omara Durand vient d’être élue protagoniste du meilleur moment des Jeux Paralympiques de cette dernière décennie.

Malvoyante, Omara Durand a décroché aux Jeux Paralympiques de Rio trois médailles d’or et battu deux records du monde.
Le premier aux 100 mètres dans la catégorie T-12 pour les malvoyants profonds avec un chronométrage impressionnant de 11 secondes 40 centièmes et aux 400 mètres où elle a arrêté les chronomètres aux 51
secondes 71 centièmes.

Admirer quelqu’un de loin laisse des espaces vides pour pouvoir apprécier en toute justice sa combativité, son dépassement de soi et sa volonté de s’imposer dans la vie. C’est ce que m’a fait ressentir la sprinteuse cubaine Omara Durand, même si j’ai toujours vu en elle le reflet de cette femme cubaine invincible face à la vie.

Plusieurs raisons nous avaient empêchés d’entamer un dialogue. Aujourd’hui – quel paradoxe ! –, la distance physique si nécessaire a permis d’engager cette conversation, grâce à la magie d’Internet.

– Vous aviez débuté la phase de réathlétisation, consécutive à votre blessure à la jambe gauche lors des Mondiaux de Dubai-2019, lorsque la pandémie s’est installée…

– J’ai commencé ma préparation en février, complètement remise, mais la COVID-19 a bouleversé mes plans. J’ai donc fait des exercices physiques à la maison pour maintenir l’équilibre entre mon poids et mon tonus musculaire.

« J’ai été affectée par le report des Jeux paralympiques de Tokyo parce que j’étais psychologiquement apte à donner le meilleur de moi-même. Il a fallu presque trois ans de préparation pour se qualifier et participer à l’événement. À présent, il faudra patienter.

« J’ai toujours été prête à réagir pour faire face à n’importe quel contretemps. Ce repos actif m’a permis de profiter davantage de ma fille, de passer plus de temps avec elle et le reste de ma famille. En outre, ces dernières années, j’ai subi plusieurs blessures musculaires, et maintenant je consolide ce rétablissement, en prenant soin de ma santé en général. »

– Allez-vous tenter de rééditer votre exploit de Rio-2016 à Tokyo, en raflant trois médailles d’or ?

– Dès que je reprendrai l’entraînement, je mettrai les bouchées doubles et je ferai tout pour arriver à la prochaine échéance sportive au top de ma forme.

Les médailles dépendront de l’effort que je fournirai sur la piste, je ne m’inquiète pas du tout de mes 28 ans. J’ai hâte d’entendre retentir l’hymne national cubain plusieurs fois dans le stade, et de voir hisser notre drapeau.

– À en juger par le programme des Jeux paralympiques, vous devrez enchaîner environ sept courses en près d’une semaine…

– Ma préparation est très intense, car je sais que je devrai participer à plusieurs courses sur 100, 200 et 400 mètres. Cependant, mon entraîneuse Miriam Ferrer, une grande professionnelle ultra-rigoureuse, fait tout ce qu’il faut pour me permettre de réussir sur ces trois distances.

– Quelle pensée domine votre esprit lorsque vous êtes dans le starting-block ?

– À ce moment-là, je n’ai pas le temps de penser à quoi que ce soit, je me concentre juste pour entendre le coup de feu et courir avec précision.

– Quelle est la différence entre préparer le 100 mètres et le 400 mètres ?

– Ce sont deux épreuves de vitesse, mais pour le 400, il faut travailler la résistance à la vitesse à l’entraînement, tandis que pour le 100, le travail consiste à insister uniquement sur la vitesse. Mon entraîneuse Miriam l’a planifiée de telle sorte que, dans la semaine, nous travaillons ces deux aspects en même temps, ce qui n’est vraiment pas trop compliqué pour moi.

– Pendant les jours de compétition intense, combien d’heures vous reposez-vous ?

– J’ai souvent dû participer à deux courses dans la même journée, de sorte que le temps de repos est très limité, mais à la fin de la journée, j’essaie de dormir huit heures, pour me détendre.

– Envisagez-vous de vous attaquer au 800 et au 1500 mètres à l’avenir ?

– Des épreuves aussi longues ne m’attirent pas vraiment. Je n’ai jamais couru sur ces distances, et je ne pense pas le faire. Pour moi, le 400 mètres est la distance maximale, ce qui est déjà beaucoup ! (lance-t-elle avec un grand sourire).

– Quelle est la relation avec votre guide Yuniol Kindelan ?

– Lorsque nous avons commencé à nous entraîner ensemble, nous avons eu quelques difficultés concernant le travail de synchronisation, notamment au niveau des bras et des jambes, mais nous nous en sommes sortis sans problème, bien qu’avec beaucoup de persévérance. C’est une très belle relation, nous sommes ensemble depuis cinq ans maintenant, il y a une complicité et une cohésion entre nous. Je remercie mon entraîneuse Miriam Ferrer d’avoir fait entrer Yuniol dans ma vie.

– Parlez-nous des membres de votre famille…

– J’ai une belle famille qui m’apporte un soutien inconditionnel. Ma mère Adis, mon frère Osmany, mon mari Noleysis, et ma fille, Ericka, font tout leur possible pour que je puisse me consacrer au sport. Ils s’occupent de tout et veillent à mon temps de repos.

– Quelle opinion avez-vous de vous-même ?

– Je suis au service de la Révolution, du sport et du peuple de Cuba.

– Que pensez-vous de ce peuple qui vous admire et vous est tellement reconnaissant ?

– Je ressens une profonde gratitude et un engagement sans faille envers les Cubains. Je représenterai toujours mon pays dignement. Sur les pistes, je continuerai à faire de mon mieux pour réaliser de bonnes performances et leur apporter encore plus de satisfactions.

LES FAITS MARQUANTS DE SON PALMARÈS

Omara Durand est née le 26 novembre 1991 à Santiago de Cuba.

– Deux médailles d’or (100 et 400 mètres) aux Jeux paralympiques de Londres 2012, dans la catégorie T-13, déficients visuels.

– Trois médailles d’or (100, 200 et 400 mètres) aux Jeux paralympiques de Rio de Janeiro 2016, dans la catégorie T-12, déficients visuels profonds.

– Plusieurs fois championne du monde, et plus récemment à Dubaï en 2009, aux Émirats arabes unis, dans la catégorie T-12, avec un chrono de 23,57 secondes sur 200 mètres, le meilleur temps de l’année. Elle a également remporté le 100 m (11,66 secondes) et le 400 m (52,85 s), restant invaincue aux championnats du monde depuis Christchurch, en Nouvelle-Zélande, en 2011. Elle a également gagné trois médailles d’or aux Championnats du monde de Doha, Qatar-2015 et Londres-2017. Lors de cette dernière édition, aucune médaille n’a été décernée au 200 m, le nombre d’athlètes requis n’ayant pas été atteint.

– Détentrice d’un record personnel de 11,40 secondes au 100 mètres ; 23,03 s au 200 mètres, et 51,77 s au 400 m. Elle a dominé les trois distances aux Jeux parapanaméricains de Lima-2019.


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