Les 50 ans de l’Ensemble folklorique national

dimanche 20 mai 2012

L’ENSEMBLE folklorique national de Cuba atteint l’âge mythique de 50 ans, et il y parvient en pleine vitalité. Son actuel directeur, Manolo Micler, a affirmé à cet hebdomadaire qu’il célèbre cet anniversaire en restant fidèle aux objectifs de sa création : « Chaque époque a son esthétique, sa façon de faire, et surtout durant ces dernières années, le monde de la danse, du spectacle en général, a connu des changements importants. Nous ne sommes pas un musée, nous ne faisons pas de reproductions ethnographiques, mais des interprétations folkloriques inspirées des traditions. »

L’ensemble folklorique national de Cuba atteint l’âge mythique de 50 ans, et il y parvient en pleine vitalité.

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MIREYA CASTAÑEDA

« C’est ainsi que le groupe est né », a affirmé en conférence de presse au siège de l’Ensemble – rue 4 et Calzada –, un de ses fondateurs et actuel conseiller, Rogelio Martinez Furé : « Notre projet, c’était de créer une compagnie professionnelle de danse folklorique. Une compagnie héritière des traditions populaires, non de reconstruction ethnographique, car c’est le peuple qui fait le folklore. Personne ne peut imiter un bembé (fête afro-cubaine religieuse ou non), une conga de Los Hoyos, ou le chant d’un vendeur à la criée. »

On voulait « monter une compagnie traditionnelle qui, sans trahir la vérité folklorique, respecterait les principes des arts de la scène, et présenterait des œuvres avec un scénario, une mise en scène, des costumes et des lumières », a-t-il expliqué.

Rogelio Martinez Furé, prix national de Danse 2002, nous confie qu’aujourd’hui il réalise combien ce fut audacieux de transformer des joueurs de percussion amateurs et des danseurs populaires en professionnels. L’Ensemble s’est inspiré des grandes compagnies folkloriques mexicaines (Rodolfo Reyes, chorégraphe mexicain, est un des fondateurs), du Mazowce, le Ballet national polonais, des ballets africains, du Ghana, et même de l’Opéra de Pékin.

JPEG - 14 ko Pour rester fidèle à la mémoire des événements, il s’est souvenu qu’au début du 20e siècle, Don Fernando Ortiz publiait ses premières œuvres scientifiques, qui présentaient les caractéristiques fondamentales du folklore, et il évoque Argeliers Leon, dans les années 60, directeur du Département du Folklore du Théâtre national, mais aussi le soutien que lui ont apporté Isabel Monal, alors directrice du Théâtre national, des personnalités du théâtre comme Gilda Hernandez, Raquel et Vicente Revuelta, « qui nous prêtèrent la terrasse du Théâtre Studio dans la rue Neptuno ».

Ces premiers danseurs, entre 30 et 40 ont été sélectionnés parmi des maçons, des femmes au foyer, des vendeurs ambulants, « des hommes et des femmes du peuple qui exerçaient les emplois les plus divers, et qui avaient appris ces danses au sein de leurs familles, et les avaient conservées par tradition. La sélection se réalisa sur la base des connaissances et des compétences artistiques de chacun, évaluées par des épreuves. Parmi les 56 membres au départ du groupe, il y avait des personnes qui connaissaient les chants et les danses de plusieurs traditions comme la Yoruba (Niger-Congo), la Congo, l’Abakua (fraternité originaire du Sud-Est du Nigeria), et la Rumba ».

Le 7 mai 1963, l’Ensemble débuta au théâtre Mella avec un premier spectacle composé par le cycle Yoruba, le cycle Congo, le cycle Abakua, et des Rumbas et des Comparsas (danses de Carnaval).

Dès le début, nous avons eu un grand succès, et nous avons conquis le public international avec près de cent tournées en Europe, en Amérique, en Afrique, en Asie, et des représentations sur de prestigieuses scènes de plus de 300 villes, dont Paris, Moscou, Leningrad, Lima, Mexico, New York, Madrid, Florence, Varsovie, Alger, Bogota, Washington D.C., et Berlin.

Tous les spectacles de l’Ensemble enthousiasment par leur mouvement, la précision de la danse et des gestes, les couleurs des costumes et les lumières de la scène, jusqu’aux tambours, aussi bien sacrés que profanes, joués par de véritables maîtres de ces instruments, notamment les tambours bata (tambour sacré de la religion Yoruba). Chaque représentation donne aux diverses expressions de musique et de danse toute leur dimension esthétique.

Le répertoire de l’Ensemble folklorique de Cuba compte plus de soixante œuvres comme Congos reales, Danses populaires, Sones y Apalencados, El Alafin de Oyo, Ciclo Arara et Triptyque oriental.

Y sont inclus des danses et des chants apportés par les esclaves africains, des danses de salons, des sons, des rumbas, des défilés de carnaval et des chants de vendeurs à la criée, mais aussi le zapateo (danse d’origine espagnole) et le sucu sucu (originaire de l’île de la Jeunesse), représentant les traditions paysannes.

On se doit de mentionner les noms de certains de ses fondateurs : Nieves Fresneda, doyenne des danseuses, décédée le 1er novembre 1980 ; Zenaida Armenteros, première danseuse et chanteuse, prix national de Danse 2005, et Lazaro Ros, le plus grand akpwon (chanteur) de la musique d’origine africaine à Cuba (La Havane 1925-2005).

Lazaro Ros a effectué de nombreuses tournées avec l’Ensemble au cours des quelles il a enregistré des chants folkloriques pour les radios et les télévisions belge, algérienne et espagnole, pour la maison d’édition française Les Chants du monde, et la chaîne londonienne BBC. On compte dans son immense catalogue musical la collection de disques sur les chants yorubas Orishas Ayé ; Yemaya, nominés au prix Granmy, Oshun et Shango.

Au terme de la rencontre avec la presse, le directeur de l’Ensemble, Manolo Micler, a accordé une interview à cette publication, où il a précisé qu’actuellement la compagnie est composée de 24 femmes et de 21 hommes, dans leur majorité des diplômés de l’École nationale d’art, de cinq chanteurs et de 11 percussionnistes.

Des changements esthétiques en 50 ans ?

Chaque époque a son esthétique, sa façon de faire, et surtout ces dernières années, le monde de la danse et du spectacle en général a changé considérablement. Nous ne sommes pas un musée, nous ne faisons pas de reproductions ethnographiques, mais nous faisons des projections folkloriques inspirées des traditions.

Comme vous avez pu le voir (la compagnie a présenté des fragments à la presse), nous avons quelques exemples comme Oriki Obbatala, un chant à la paix et à la justice pour lequel nous avons choisi des chants d’une grande beauté musicale d’origine yoruba, et nous leur avons ajouté des textes de José Marti qui évoquent la paix et la justice. D’une certaine manière, changer les objectifs de ces manifestations, et nous proposons également Olokum de Santiago Alvarez, avec un langage plus contemporain.

Nous avons des chorégraphies d’Alberto Mendez comme El rio y el bosque que nous avons présentée pour le 45e anniversaire. Nous ne rejetons rien, au contraire. On doit s’approprier toutes les techniques pour enrichir et exalter nos traditions.

D’autres chorégraphes ?

Rodolfo Reyes, évidemment, Ana Luisa Caceres, Ramiro Guerra, Roberto Espinosa – et Micler lui-même, avec un nombre considérable d’œuvres crées pour la compagnie –, et des jeunes qui font leurs premiers pas.

Le répertoire actuel ?

Par exemple nous présentons Yoruba iyessa, le Cycle Yoruba avec la danse de Yemaya, le Cycle Abakua… il y a beaucoup d’œuvres. Nous conservons presque toutes celles du début. C’est important, car une compagnie qui n’a pas d’histoire ne peut pas survivre.


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