Paname à La Havane

lundi 26 novembre 2012
par  Michel Porcheron

C’était au tournant du siècle, quelques années auparavant et quelques années après. La scène française et mondiale connaissait le come-back de deux bien jeunes octogénaires, l’un était un Parigot-Antillais, le second un joyeux compère de Santiago de Cuba. Henri Salvador et Francisco Repilado Compay Segundo, 4 ans de plus, n’allaient jamais se rencontrer. Hélas (pas seulement pour nous). On rêvera toujours d’un duo sur scène, ou en studio. Tout sur le plan artistique les unissait.


« Paname à La Havane », ce n’est qu’une chanson. Douce

JPEG - 9.6 ko C’était au tournant du siècle, quelques années auparavant et quelques années après. La scène française et mondiale connaissait le come-back de deux bien jeunes octogénaires, l’un l’aîné de dix ans, un joyeux compère de Santiago de Cuba et le second un Parigot-Antillais. Francisco Repilado Compay Segundo et Henri Salvador n’allaient jamais se rencontrer, pas même se croiser. Hélas (pas seulement pour nous). On rêvera toujours d’un duo sur scène, ou en studio. Tout sur le plan artistique les unissait. JPEG - 6 ko

Francisco Repilado Compay Segundo, (18 novembre 1907 - 14 juillet 2003) et Henri Salvador (18 juillet 1917- 13 février 2008), outre leur formidable talent depuis longtemps reconnu, dès les années 40, apportaient alors, au superlatif, authenticité, naturel, charisme et joie de vivre estampillés.
Dans son dernier CD « Tant de temps » (posthume 2012) Monsieur Henri chante « Paname à La Havane » . Ce n’est rien d’autre qu’une rime riche et une belle chanson.

Comment se fait-il que le Titi de Paname et le Muchacho de Santiago, qui avaient tant de choses en commun, n’aient pas au moins fait connaissance ? Quant à un duo…Compay et Salvador dans le même studio, sur la même scène, on en rêvera toujours. Au lendemain de la sortie de « Compay Duets » de 16 chansons, en 2002, manifestement dédié à un public international, la revue spécialisée française, Platine écrivait : « À quand un duo avec Henri Salvador ? ».

Compay Segundo a bien enregistré de son côté avec un autre compère octogénaire français, Charles Aznavour (1924) la chanson « Morir de Amor » (Mourir d’amour, 1971) pour son CD « Calle Salud  » (1999)…

Lequel Aznavour est allé même enregistrer aux studios Abdala, à La Havane, une partie de son disque « Colore ma vie » (2007, 12 chansons, paroles et musique de Ch. Aznavour), coréalisé (sans plus de précisions, sur la pochette) par le maestro cubain du piano Chucho Valdés. La mention « enregistré à Cuba » pouvait laisser espérer quelque chose de plus précisément cubain, au moins dans les arrangements.

Salvador lui partit enregistrer à Rio de Janeiro ce qui allait être son dernier album « Révérences » (2006).

Et ces points communs entre Monsieur Henri et Don Francisco ? La même origine Caraïbe, la guitare, ils dormaient avec, leurs voix de velours qui n’avaient pas changé, ou si peu, depuis leur jeunesse d’état civil, le charme, le statut de gentlemen, l’élégance naturelle, le sourire du visage comme celui de l’âme et deux splendides come-backs simultanés d’octogénaires juvéniles, quelques tours du monde…

Mais Henri Salvador est passé à côté de toute rencontre ou influence de la musique cubaine, à l’exception de l’interprétation en français (1949, paroles de Jacques Larue) du boléro Quizás, quizás, quizás (1947) du compositeur cubain Osvaldo Farrés (1902-1985), mélodie popularisée par Pérez Prado et surtout Nat King Cole (1958) dans ses diverses interprétations en espagnol.

http://www.deezer.com/fr/track/5353270
par Nat « King » Cole : https://www.deezer.com/fr/album/1557427

Que l’on sache, H. Salvador ne s’est jamais rendu à Cuba. Alors que la musique brésilienne l’a toujours accompagné. Il débarque en décembre 1941 à Rio de Janeiro, au sein de l’orchestre de Ray Ventura, obligé de fuir la France en guerre. Il fait toute la tournée (Argentine, Brésil, Chili, Uruguay) pendant 4 ans. Au Brésil, Salvador qui parle de mieux en mieux le portugais, est de plus en plus célèbre, il est en passe d’y rester et devenir une grande vedette, mais il décide de faire ses bagages. Paname lui manque. Pendant ces années là, il n’a pas l’idée de repasser par Cayenne, ni de connaitre Pointe-à-Pitre ou Fort-de-France. Alors une escale à La Havane…

De retour à Paris, il aura la carrière solo – multibranche et multicolore- que l’on connait, des années 50 à ses adieux au music-hall, le 21 décembre 2007, au Palais des Congrès, à Paris.

Dans la carrière de chacun de nos deux artistes, le tournant du siècle allait donc être un tournant exceptionnel. Ils allaient être enfin reconnus au plan mondial, et mieux pour leur véritable valeur artistique, à l’âge ou bien de leurs collègues, amis et autres vivent une retraite souvent subie, pas toujours dorée.

Tout (re)commençait à 80 ans.

L‘album d’Henri Salvador « Chambre avec Vue » (2000), qui sera suivi de « Ma chère et tendre » et de « Révérences  » presque de la même veine, est dans la carrière d’Henri Salvador ce que « Yo Vengo Aquí (1996) et Calle salud (1999), deux disques d’or, ont été pour le Compay Segundo, en même temps qu’il devenait un des piliers du Buena Vista Social Club dont le succès fut colossal. Jamais dans le monde, un disque d’artistes cubains n’avait connu de telles ventes, par millions d’exemplaires.

C’était la vraie reconnaissance à la fois de la profession et du public, avec le retentissement qui va avec : Henri Salvador reçoit enfin deux Victoires de la musique en 2001 : celle du « groupe ou artiste interprète masculin de l’année » et celle de « l’album de variétés de l’année » pour Chambre avec vue. Il recevra en 2002 « la Victoire du meilleur spectacle ». Difficile de faire mieux.

« Il s’en est fallu de peu que ce trophée soit à titre posthume ! », déclara, dans un éclat de rire, Salvador. « Aujourd’hui, je réalise ce dont j’ai toujours eu envie, être un crooner en langue française ». En langue française parfaite. Inspiré depuis toujours par le seul crooner de l’histoire (avec peut être Dean Martin ?) Nat « King » Cole, son frère de Montgomery, Alabama, né aussi en 1917, un jour de mars. « Je lui dois tout »

Quels prodigieux albums ceux de leur renaissance ! Les années -ni rien d’autre- n’avaient donc pas pesé sur eux. Ils avaient à nouveau la vie devant eux

(mp).


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