Sur les traces de Victor Hugo., par Maxime VIVAS

dimanche 15 avril 2007

UN VOYAGE PACIFIQUE ET CULTUREL...

Un de mes récents livres (un essai co-écrit), traduit en espagnol, devant être présenté au public de la Foire internationale du livre à Cuba en février 2007, l’idée m’est venue de faire un voyage, pacifique et culturel, dans ce pays où un de mes ancêtres débarqua sous l’uniforme d’une armée espagnole qui eut été mieux inspirée de s’abstenir de l’aventure coloniale. C’est en tout cas ce que dit Victor Hugo dans deux magnifiques textes qu’il rédigea en 1870 pour les femmes cubaines et les insurgés.

La Foire internationale du livre de Cuba est une manifestation gigantesque. J’y ai rencontré quelques Français et une foule considérable de Cubains qui se pressaient en interminables queues pour entrer, puis pour acquérir quelques-uns des millions de livres imprimés pour l’occasion.

En marge de l’événement, j’avais un projet de livre sur « Victor Hugo et Cuba », dont l’écriture avait débuté en France, et que je voulais étayer par une documentation disponible sur l’île. Pour cela, j’ai passé des heures à la Maison Victor Hugo de La Havane, créée en 2005 par la volonté de l’association française CUBA COOPERATION avec le soutien du Sénat français..

C’est dans ce lieu magique que Iraida I. Espada Costales, l’accorte bibliothécaire, m’a prêté un ouvrage non traduit en français (et quel dommage !) : «  CUBA-FRANCIA, Los frutos de la amistad » de Marie-Dominique Bertuccioli et Juan Andrès Neira Franco, aux éditions Ciencias Sociales, 2002. Cet ouvrage révèle que, depuis des siècles, il existe entre Cuba et la France, une multiplicité de liens profonds et durables au-delà des vicissitudes de l’Histoire et des cahots interétatiques. Ces liens sont affectifs, certes, mais aussi culturels, politiques et économiques.

Au ministère cubain de la Culture, j’ai eu l’occasion de rencontrer Carmen Suárez León, auteur d’un excellent (et érudit) ouvrage : «  José Marti et Victor Hugo. Au carrefour de la modernité » Il est disponible en France dans une traduction lumineuse de Jacques-François Bonaldi (Coédition Le Temps des Cerises et Cuba Coopération, 2002). Là sont mis en évidence la fascination que Victor Hugo exerça sur José Marti et le génie de ce dernier, prosateur, poète, penseur qui fut l’égal de son maître.

Victor Hugo est officiellement honoré dans l’île depuis 1937 par un monument à sa gloire, édifié dans un square de La Havane bordé par les rues H, I, 19 et 21. A la droite de son buste - exagérément jupitérien et un tantinet effrayant - une plaque de bronze coiffée du blason de la ville indique :

« EL MUNICIPIO DE LA HABANA CONSAGRA ESTE PARQUE A VICTOR HUGO DEFENSOR DE NUESTRA INDEPENDENCIA E HIJO DE FRANCIA PATRIA UNIVERSAL DE LA CULTURA Y LA DEMOCRACIA MARZO 23. 1937(1) »

Evitons tout quiproquo : si l’honnêteté n’y suffisait pas, les lois d’airain de la chronologie interdisent de suggérer que cet auteur français du XIIXème siècle s’est un jour coiffé du béret du Che. On vient de voir que la gloire de Victor Hugo dans l’île fut d’ailleurs antérieure à celle de l’emblématique guérillero au béret étoilé.
Cependant …

Patriote, notre poète se réjouirait que son nom et son œuvre soient brandis par quiconque l’approuve et le comprend quand il écrit qu’« aucune nation n’a le droit de porter son ongle sur une autre. » ou encore que « l’avenir nous promet la victoire de l’idée sociale ; mais il nous promet plus encore, il nous promet sous tous les climats, sous tous les soleils, dans tous les continents, en Amérique aussi bien qu’en Europe, la fin de toutes les oppressions et de tous les esclavages. »

Optimiste, il sut rassurer les Cubaines réfugiées à New York : « N’en doutez pas, votre persévérante patrie sera payée de sa peine, tant de sang n’aura pas coulé en vain, et la magnifique Cuba se dressera un jour libre et souveraine parmi ses soeurs augustes, les républiques d’Amérique ».

Et pour tous les citoyens du monde, il a appelé de ses vœux le jour où « l’unité, la sainte unité humaine déposera au front de toutes les nations le baiser de paix ».

Au terme d’un séjour de trois semaines, fait de rencontres, de recherches et de lectures, j’ai donc regagné l’Europe, enrichi de deux découvertes : celle de l’empreinte française à Cuba depuis des siècles et celle de la gloire de notre poète national dans les Caraïbes.
Deux bonnes nouvelles que j’entends bien populariser dans l’Hexagone par le truchement d’un livre dont je viens d’achever l’écriture et dont le titre pourrait être :

« Victor Hugo à La Havane
Et deux siècles d’influence française à Cuba ».

Maxime Vivas.
Journaliste, écrivain



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