L’agriculture cubaine s’est mise à l’heure du bio

jeudi 19 août 2010

L’agriculture cubaine s’est mise à l’heure du bio
par Gwendal Perrin, Mercredi 18 août 2010

Après une grave crise alimentaire due à l’effondrement de l’empire soviétique, l’agriculture cubaine s’est progressivement tournée du côté du biologique. De quoi assurer une certaine sécurité alimentaire à la population de l’île
L’embargo américain et la chute du bloc soviétique avaient laissé Cuba dans une situation alimentaire plus qu’inquiétante. Ce qui lui a permis de sortir la tête de l’eau est le développement local de l’agriculture biologique.

L’île, à vrai dire, n’a pas vraiment eu le choix. L’arrêt brutal des fournitures en pétrole, auparavant venu d’URSS, a mis à mal le modèle agricole productiviste et intensif alors en vigueur à Cuba. Les grandes fermes d’Etat, basées sur le modèle des sovkhozes soviétiques, utilisaient alors pesticides, insecticides et autres engrais chimiques tous importés du grand frère moscovite, un fait qui – certes – assurait quelques revenus d’exportation à Cuba (tabac et sucre notamment) mais n’assurait même pas les besoins alimentaires de sa propre population.

La fin des approvisionnements en produits pétroliers a contraint le régime castriste à revoir intégralement sa copie. Les fermes d’Etat productivistes se sont ainsi muées en coopératives agricoles biologiques, transformant la tradition agricole cubaine d’une culture intensive à une culture extensive des terres. Un choix à la fois bon pour l’environnement et, ce que comprendront les officiels cubains les années suivantes, pour la sécurité alimentaire des onze millions d’habitants de l’île.

Le début des années 90 constitua en effet une période très rude pour la population locale, avec une baisse drastique des rations alimentaires et la multiplication des problèmes de santé – notamment de malnutrition. La situation semble s’être un peu arrangée ces dernières années, même s’il est politiquement compliqué d’en explorer tous les contours sur place.

20% des surfaces agricoles cubaines seraient ainsi aujourd’hui passées en mode biologique, essentiellement dans le domaine de l’horticulture. Mais la principale culture d’exportation de Cuba, le tabac, reste encore sous la coupe d’un productivisme dangereux pour l’environnement, l’utilisation de traitements chimiques et d’organismes génétiquement modifiés (OGM) en assurant le développement.

Cette dynamique, qui semble être appelée à se poursuivre, est en tout cas un signe encourageant pour permettre à l’ensemble de la population d’assurer sa sécurité alimentaire. « Ce qui se passe à Cuba est remarquable » note Laura Enriquez, sociologue à l’université de Berkeley en Californie. « C’est remarquable qu’ils aient décidé de prioriser la production alimentaire. D’autres pays dans la région ont opté pour l’option néolibérale et exportent ce pour quoi ils sont bons, et importent de la nourriture ». Ce, qu’au fond, faisait Cuba du temps de l’Union Soviétique. Après avoir commencé à tirer un trait sur ce passé, l’île pourrait bien être intentionnée d’aller jusqu’au bout de sa démarche.



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