À Cuba, dialogue pour la liberté artistique. Dans les médias, "répression et censure"

Un article de José Manzaneda, traduit par Rose-Marie Lou, publication originale sur le site CUBINFORMATION. Il relate les différents épisodes de ce que les médias ont appelé l’affaire du "Mouvement San Isidro".
AC, chercheur, écrivain connaissant bien Cuba, nous faisait part de sa réaction aux propos d’un de ses amis partageant les écrits mensongés des médias :
"Qu’est ce qui t’arrive ? dans quel monde vis tu ? as tu regardé le film" Cuba Network", avec ses témoignages vécus de sabotages à Cuba , avec ses manipulations, avec ces terroristes anti cubains, assassins notoires, connus, responsables de nombreux attentats, qui se promènent libres à Miami ... Ignores tu la guerre terrible que Trump inflige encore aux Cubains, n’est t il pas nécessaire dans ces conditions que l’état réagisse quand il se fait insulter et que se profile une manipulation susceptible de pousser la population à l’abandon ?"

À Cuba, dialogue pour la liberté artistique. Dans les médias, "répression et censure"

L’Espagne est l’Etat dans le monde où il y a le plus de condamnations d’artistes à la prison : quatorze l’année dernière . Mais sa presse remplit ses titres avec une prétendue "censure" artistique à Cuba, parce qu’il y a eu une petite manifestation, sans incidents, d’un petit groupe d’artistes, que le vice-ministre de la Culture a reçu et avec qui ils ont convenu d’un agenda de dialogue : "Nous sommes arrivés à un consensus sur les thèmes, les sujets que l’institution est disposée à traiter, avec la participation non seulement de ceux qui étaient hier au Ministère, mais aussi de la grande masse d’artistes et d’écrivains qui ont, bien sûr, beaucoup à dire" a expliqué le vice-ministre Fernando Rojas à la télévision cubaine.

Là-bas, faute de répression, il a fallu l’inventer. Une "immense opération policière", "un siège répressif erratique", "des policiers (...) prêts à agir" qui "menaçaient de sortir leur arme et tout", la "crainte que les batteries des téléphones ne s’épuisent, ce qui empêcherait de signaler les actions répressives du régime"... C’était le récit psychotrope de Jorge Enrique Rodriguez, correspondant d’ABC et de Diario de Cuba, non pas sur ce qui s’est passé, mais sur ce qui ne s’est pas passé à La Havane. Mais oui dans les rues de Paris, de Washington, de Bogota ou de Santiago du Chili.
Mais comment une "dictature" peut-elle dialoguer avec des jeunes qui, par ailleurs, soutiennent un collectif qui plaide ouvertement pour la chute du gouvernement, le soi-disant Mouvement San Isidro ? Quelque chose ne cadre pas.

Ce qui ne cadre pas c’est le flot d’informations sur la prétendue "censure" à Cuba, dans des journaux qui, le jour suivant, censurent l’information sur une autre action, lancée aussi de façon spontanée, mais pour la défense de la Révolution, et qui a réuni vingt fois plus de jeunes ; et qui ont ignoré la tentative de lynchage d’un journaliste, le Cubain Edmundo Garcia, alors qu’il couvrait une action anticastriste à Miami.

Des médias qui passent sous silence l’interdiction, par la Maison Blanche, des échanges culturels et des expositions d’artistes étatsuniens à Cuba. Ou le boycott institutionnel et l’annulation de concerts, aux États-Unis, des artistes de l’île comme Haila Maria Mompié, Alexander Abreu, Tony Ávila ou Paulito FG . Pensant qu’ils nous empêtrent dans les soi-disant "attaques à la liberté artistique" à Cuba , où, il est vrai, on surveille et on essaie de démanteler les plus de 70 projets de "changement de régime", que la Maison Blanche finance à ce jour, sous des titres tels que "Promouvoir la liberté d’expression des artistes indépendants" ou "Propulser artistes cubains de hip-hop comme leaders sociaux".

Des programmes d’ingérence politique qui sont interdits et sévèrement punis aux États-Unis, par la nommée loi Logan, à Cuba sont mis en œuvre, avec une impudence provocatrice : les membres du Mouvement San Isidro ont même publié, sur leurs réseaux sociaux, des vidéos de leurs promenades dans les voitures officielles de l’ambassade des États-Unis .

On nous dit aussi que Denis Solis, rappeur qui fait partie du "mouvement" en question, a été injustement condamné pour "outrage". Qu’a-t-il fait ? Insulter et menacer deux policiers qui ont amené chez lui une citation à comparaître, pour s’expliquer sur ses relations présumées avec des terroristes de Miami : "sbire", "tueur à gages", "poivrot en uniforme", "rat", "pédé", faisaient partie des insultes. Ce qui est sanctionné dans n’importe quel pays du monde. "Chien. Regardez-moi ça : une citation judiciaire. Je vais la garder pour me torcher les fesses avec. Je ne te reconnais pas, tu es un pénis en uniforme. Je ne te reconnais pas. Donald Trump 2020 , Donald Trump 2020 ! C’est mon président. Je ne reconnais pas ton bourreau, parce que je n’ai pas de président ici", a dit Solis .

Les agences et les médias se sont consacrés à répéter les mensonges des portails comme ADN, Diario de Cuba ou Cubanet, financés par 350000 dollars annuels chacun, de la part du gouvernement des États-Unis. Par exemple, nous lisons que "des personnalités du cinéma et de la musique cubaines comme Jorge Perugorría et Fernando Pérez ont participé à la manifestation". Ce qui est un mensonge : tous deux ont agi comme intermédiaires du dialogue avec le Ministère de la Culture, et n’ont pas fait partie de la manifestation.

En fait, bien que le noyau initial, d’une cinquantaine de personnes, ait soutenu le mouvement San Isidro, d’autres artistes ont ensuite rejoint le mouvement dans le but d’encourager le dialogue . C’est le cas du chanteur de Buena Fe, Israel Rojas, dont les mots sur Facebook ne laissent pas de place au doute : "J’y suis allé (...) parce que je suis conscient que contre Cuba se livre une Guerre de Cinquième Génération qui tente de déstabiliser et de diviser la société cubaine pour atteindre les objectifs impérialistes de domination". Ce n’est pas en vain qu’une partie du Mouvement San Isidro considère le dialogue avec le gouvernement comme une trahison : " Vous êtes des traîtres, des lâches, des profiteurs, des arrivistes, Vous ne pouviez pas le faire. Vous ne pouviez pas franchir le seuil du Ministère de la Culture pour refaire un autre pacte avec la dictature", a accusé la "dissidente" Omara Ruiz Urquiola

C’est le scénario caribéen de coup d’État « doux »que la CIA a essayé au Venezuela, en Iran, en Bolivie et en Biélorussie. Dans lequel se remarque l’utilisation, de plus en plus répandue à Cuba, des réseaux sociaux pour faire parvenir les Fake news à certains secteurs de la jeunesse .

Au fait, le gouvernement des Etats unis, quelle coïncidence ! - vient d’annoncer son programme de bourses "Jeune Cubain influent", pour la formation de leaders en valeurs démocratiques et en droits de l’homme. Courez, courez, le délai se termine... le 17 janvier .