Agenda de Cuba sur la tolérance zéro face à la violence du genre

Cuba approfondit des activités de sensibilisation et actualise les mécanismes et règles en rapport avec sa politique de tolérance zéro face à la violence du genre, priorité du gouvernement.

Comme l’a souligné le Président de la République, Miguel Diaz-Canel, « nous devons éliminer le moindre vestige qui reste dans notre société de violence ou discrimination envers les femmes ».

Cuba approfondit des activités de sensibilisation et actualise les mécanismes et règles en rapport avec sa politique de tolérance zéro face à la violence du genre
Photo : Archives RHC

Pour cela, les experts en ce domaine insistent sur la promotion d’une culture en vue d’éradiquer les stéréotypes, attitudes misogynes, inégalités de pouvoir (bases symboliques de la violence), en articulation avec les institutions, organisations et moyens de communication. La directrice du Centre National d’Education Sexuelle, Mariéla Castro, a identifié l’agression fondée sur le genre comme « un problème de siècles », cette haine envers la femme exprimée depuis un lieu de domination : « je suis ton maître », « je décide pour toi », est historique.

Clotilde Proveyer, professeure de la Faculté de Sociologie de l’Université de la Havane et chercheuse en la matière, explique que les lois par elles-mêmes sont insuffisantes, car « on ne peut pas attaquer la violence si on n’affronte pas les causes structurelles et culturelles qui la justifient dans la société ».

En ce sens, la Fédération des Femmes Cubaines a présenté récemment sa campagne appelée Ensemble, contre l’usage du fouet, laquelle fonctionnera de façon articulée à d’autres initiatives nationales et internationales comme Evolue, du centre Oscar Arnulfo Roméro, Unis-toi 2030 et Génération Egalité des Nations-Unies.

De même, le pays a mis en place un numéro unique de téléphone (103) pour répondre aux victimes de la problématique sociale et il conforte le travail de plus de 160 Maisons d’Orientation pour la Femme et la Famille réparties sur le territoire national.

De pareille manière, cette année, Cuba a mis en route le programme pour l’Avancée des Femmes, avec l’objectif de promouvoir l’égalité des droits, des opportunités et possibilités, inscrites dans la nouvelle Constitution de la République.

Pour la Vice Procureure de la République Alina Montésinos, la mise en œuvre légale demande non seulement l’élaboration d’une ou plusieurs lois mais aussi transversaliser en direction des institutions et législateurs la problématique du genre.

A cet égard, la juriste Yamila Gonzalez rajoute que la loi en soi ne résoudra pas seule le complexe traitement de cette question sociale si on n’a pas un cadre juridique, mécanismes substantiels, procéduraux, administratifs qui le soutiennent, en cours d’amélioration en ce moment.

Bien que la population en général ne justifie pas les agressions contre les femmes ou les hommes, une enquête nationale sur l’égalité du genre, menée en 2016, révèle que 39,6% des personnes interrogées ont déclaré être victimes d’agression à un moment de leur vie de couple et que 22,6% en ont été victimes tout au long de leur vie.

(Source : Prensa Latina)