AgroSano : la première PME publique créée par l’Université de La Havane
Le principal produit développé par les laboratoires AgroSano, Biobras-16, stimule le développement et la croissance des plantes.

Cuba souffre, Cuba résiste mais Cuba innove malgré les ignobles mesures imposées par le blocus étasunien. Le partenariat entre AgroSano, première start-up issue de l’Université de La Havane et Tabacuba (Groupe entrepreneurial du tabac de Cuba) témoigne de la qualité des recherches et l’expertise des scientifiques cubains. Le principal produit développé par AgroSano, le Biobras-16, stimule le développement et la croissance des plantes. Son intérêt a déjà franchi les frontières, mais sa cette croissance se heurte à une limite : la production est restée cantonnée au laboratoire d’enseignement, ce qui a empêché son passage à une échelle commerciale.
La création d’Agrosano , société publique, représente un modèle d’innovation nouveau et viable et un nouveau modèle de financement. Cette initiative imaginée par le ministère de l’Économie et de la Planification aura un impact direct sur le développement durable du pays, l’innovation scientifique et l’application pratique des connaissances générées dans les salles de classe et les laboratoires de l’Université.
Le soutien de Tabacuba aura un impact important sur la productivité des champs et sur la substitution des importations. Il permet aussi de nourrir des espoirs pour le développement de l’agriculture urbaine.
DL
AgroSano : la première PME publique créée par l’Université de La Havane
Dans une démarche inédite pour le paysage universitaire cubain, l’Université de La Havane a officiellement créé AgroSano, la première PME publique de cette institution centenaire. Cette initiative vise à transformer les connaissances scientifiques en solutions concrètes pour le secteur agricole du pays.
AgroSano établit un lien direct entre les salles de classe, les laboratoires et les champs agricoles. Par la création de cette petite entreprise, l’université s’engage dans des initiatives ayant un impact direct sur le développement durable, l’innovation scientifique et la souveraineté alimentaire du pays.
Le principal produit développé par les laboratoires AgroSano, Biobras-16, stimule le développement et la croissance des plantes. (…) Il accroît le rendement agricole et la résistance des plantes en conditions de stress (pénurie d’eau, variations de température, ravageurs et salinité). Il est non toxique pour le producteur, la plante et l’environnement. Il améliore la qualité des récoltes, uniformise la floraison et prévient l’avortement des fleurs. (…) L’entreprise a livré un premier lot de 500 litres de ce produit à Tabacuba (…)
AgroSano a été incubée dans le cadre du projet d’accélérateur agricole, un agent du système d’innovation local qui articule des capacités multi-acteurs et multi-niveaux pour promouvoir des projets et des entreprises technologiques ayant un impact économique, social et environnemental sur les systèmes alimentaires territoriaux en faveur de la souveraineté alimentaire.
L’histoire du biostimulant Biobrás-16 a débuté par une découverte fortuite, un phénomène fréquent en recherche scientifique. En 1998, le jeune chercheur Francisco Coll et son équipe ont identifié des similitudes entre certaines molécules du produit qu’ils développaient et d’autres déjà connues pour leur capacité à stimuler la croissance des plantes. C’est alors que, grâce à des alliances stratégiques avec des institutions telles que l’Institut national des sciences agronomiques (INCA), ils ont décidé de tester et de valider le produit sur différentes cultures.
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Les agriculteurs utilisant le produit ont commencé à communiquer leurs résultats, ce qui a permis d’affiner les connaissances sur le produit et les méthodes d’application optimales pour chaque culture. Un effet positif et généralisé a été observé sur une large gamme de cultures, des légumes aux céréales en passant par les fleurs.
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Il a été testé sur des sols aussi divers que ceux du Costa Rica, de la Colombie, du Chili, de l’Équateur, du Venezuela, de l’Espagne, du Bélarus et de l’Ukraine. Cependant, cette croissance se heurte à une limite : la production reste pour l’instant cantonnée au laboratoire d’enseignement, ce qui empêche son passage à une échelle commerciale.