Angola-Cuba : une solidarité historique qui perdure

« Nous vous remercions pour cette magnifique visite, au cours de laquelle nous apprécions l’héritage de la vie et l’exemple de courage, de solidarité et de patriotisme de Fidel, qui devra être suivi par les jeunes générations » Ces mots écrits par Carolina Cerqueira, présidente de l’Assemblée nationale angolaise, en visite diplomatique à Cuba, témoignent de l’amitié et de l’admiration que le peuple angolais porte à Cuba et à sa révolution.
La venue de la présidente de l’Assemblée nationale angolaise sur l’île des Caraïbes s’inscrit dans un contexte de rapprochement et de renforcement des relations entre les parlements angolais et cubain.
LUTTE POUR LA LIBÉRATION NATIONALE ET GUERRE CIVILE
Cuba et l’Angola entretiennent une relation de longue date, basée sur une histoire commune de lutte de libération nationale, de combat anti-impérialiste et anticolonialiste et de défense de la souveraineté nationale.
Ces liens remontent aux années 60, à l’époque où l’Angola était encore une colonie portugaise. Durant cette période, Cuba aidait l’un des principaux leaders anticolonialiste Agostinho Neto, à constituer un groupe pour mener des actions armées contre les dirigeants coloniaux portugais, dans le but d’obtenir l’indépendance. Cette armée qui se constitua en un mouvement politique marxiste-léniniste et indépendantiste, prit le nom du Mouvement pour la Libération de l’Angola (MPLA).
En 1975, peu de temps après la Révolution des Œillets au Portugal, l’indépendance de l’Angola fut proclamée. Le MPLA, qui avait libéré la capitale, a dû faire face aux attaques d’anciens mouvements de libération nationale de l’UNITA et du FNLA, qui tentaient de renverser le nouveau gouvernement et qui était soutenu par des États étrangers. Face à cette menace pour la souveraineté angolaise, Cuba a intensifié son soutien au MPLA pour l’aider à défendre l’indépendance du nouvel État.
Le contexte était particulièrement difficile dans la mesure où les grandes puissances étrangères s’étaient immiscées dans le conflit. Les Etats Unis, l’Occident, le Zaïre (l’ancien nom de la République démocratique du Congo) et l’Afrique du Sud (qui avait occupé une partie du territoire de l’Angola, avant la proclamation de l’indépendance) soutenaient alors les mouvements de l’UNITA et du FNLA contre le mouvement marxiste du MPLA, qui lui était soutenu par Cuba et l’Union Soviétique.
Pour aider le nouveau gouvernement et les nouvelles forces armées de l’Angola, Cuba leur octroya, au début du conflit, une assistance militaire, avec des livraisons d’armes et de matériel puis envoya des troupes directement sur le terrain.
Les troupes cubaines et l’armée angolaise combattirent ensemble pendant plusieurs décennies contre les groupes de L’UNITA et du FNLA. Ces groupes armés bénéficiaient du soutien direct des administrations américaines qui leur fournissaient le soutien politique, militaire et économique.
AIDE MÉDICALE ET INFRASTRUCTURES
À partir des années 80, l’aide cubaine a évolué et s’est concentrée sur le lancement de plusieurs programmes de développement d’infrastructures. Ainsi, le gouvernement cubain a permis la venue de médecins, d’enseignants et d’ingénieurs en Angola pour aider à la reconstruction du pays et à poser les bases d’un état stable et fonctionnel malgré la guerre civile qui y faisait rage, et les multiples incursions et attaques de l’Afrique du Sud sur le territoire.
Les Cubains ont également permis l’envoi d’enseignants dans des programmes d’alphabétisation du pays, et accordé des bourses aux Angolais pour étudier dans les universités cubaines.
Enfin Cuba a aussi participé à un programme de construction de logements pour la population.
Toutefois, une présence militaire cubaine était toujours requise pour lutter contre les attaques des groupes armés et de l’Afrique du Sud de l’apartheid.
Il faut souligner que, sous la présidence de Ronald Reagan (qui soutenait fermement l’UNITA), l’Afrique du Sud a bénéficié d’une grande liberté d’action.
En plus de son aide logistique, Pretoria a lancé une série d’opérations militaires pour harceler le pays et sa population.
CUITO CUANAVALE ET ACCORDS DE PAIX
En 1988, la bataille de Cuito Cuanavale, dans le sud-est de l’Angola, marqua le point culminant des agressions sud-africaines. Cuba n’eut alors d’autre choix que d’intervenir militairement une nouvelle fois. Face à l’escalade militaire des suds africains, Fidel Castro permit l’envoi de renforts et obtint de l’URSS des équipements militaires modernes et sophistiqués.
Cet acte de résistance et la résilience dont firent preuve les forces armées cubaines contraignit l’Afrique du Sud à se retirer en août 1988 et à accepter le plan des Nations unies pour l’indépendance de la Namibie.
Cette défaite sud-africaine fut considérée par Nelson Mandela comme "le tournant dans la libération du continent du fléau de l’apartheid". L’engagement de Cuba est encore aujourd’hui honoré, les soldats cubains tombés au combat figurant sur le mur du souvenir du Freedom Park à Pretoria.
Peu de temps après les négociations de paix et la conclusion de l’accord qui s’ensuivit, Cuba mit en œuvre son programme prescrit de retrait de ses troupes d’Angola, qui s’acheva en mai 1991.
Cette même année, la guerre civile prit officiellement fin en Angola.
Après les accords de paix, les relations entre l’Angola et Cuba sont restées fortes et amicales, marquées par des missions diplomatiques régulières.
Cette solidarité historique, forgée sur le champ de bataille de Cuito Cuanavale, perdure.
L’Angola continue de témoigner son soutien à Cuba, notamment en condamnant régulièrement le blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis.
Les deux nations maintiennent des liens étroits, fondés sur une coopération durable et un respect mutuel.
VISITE OFFICIELLE DU 13 SEPTEMBRE
C’est ainsi que le samedi 13 septembre 2025, Carolina Cerqueira présidente de l’Assemblée nationale angolaise, a démarré une visite de plusieurs jours sur l’île des Caraïbes.
L’objet de la venue de la présidente de l’Assemblée nationale angolaise était de renforcer les liens interparlementaires entre les deux peuples.
Carolina Cerqueira, qui fut accueillie par la traditionnelle cérémonie militaire de bienvenue par Esteban Lazo Hernández, membre du Bureau Politique du Comité Central du Parti et président de l’Assemblée nationale du Pouvoir Populaire et du Conseil d’État, débuta sa visite officielle par le dépôt d’une couronne de fleurs au monument national de José Marti.
Elle échangea ensuite avec des directeurs et des scientifiques de l’Institut Finlay de Vaccins, parmi lesquels son directeur général et membre du Conseil d’État, Yury Valdés Balbín.
Toujours le même jour, une entrevue au Capitole national fut organisée et les délégations cubaines et angolaises ont paraphé ensemble des accords de coopération interparlementaire.
Le dimanche, Carolina Cerqueira et Esteban Lazo Hernández ont visité le centre Fidel Castro Ruz. C’est à cette occasion que la présidente de l’Assemblée nationale angolaise a prononcé ses remerciements en signant le livre des visiteurs.
Elle a ensuite réaffirmé l’amitié et la solidarité historique avec le peuple cubain et sa contribution héroïque dans la lutte commune pour défendre l’indépendance et la souveraineté nationale de l’Angola.
Carolina Cerqueira conclura sa visite le 15 septembre et sera accompagnée lors de son départ à l’aéroport de la Havane par Homero Acosta Álvarez, le secrétaire de l’Assemblée nationale cubaine.
Cette visite, qui témoigne d’ une histoire commune de résistance et de lutte, intervient également à une période où les deux nations commémorent le 50e anniversaire de l’indépendance de l’Angola et de l’établissement de relations diplomatiques. Le partenariat renforcé entre l’Angola et Cuba souligne ainsi une amitié durable, ancrée dans une histoire commune de lutte et de solidarité, et tournée vers un avenir de coopération mutuelle.
URL :https://www.monde-diplomatique.fr/2014/10/CONCHIGLIA/50867
URL :https://www.cadenagramonte.cu/noticia/fr/12649/cuba-et-angola-deux-parlements-freres
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