Brigades médicales « Henry Reeve »
Le Brésil sait être reconnaissant

On le répète souvent : Cuba et ses brigades médicales qui travaillent à travers le monde font œuvre de solidarité.
Les Etats-Unis – enfin, leurs dirigeants tellement démocrates – accusent l’Etat cubain de pratiquer le travail forcé, ce qui leur permet de justifier en partie leur politique de rétorsions et de blocus.
Prensa Latina publie cette semaine un article sur une de ces brigades présente au Brésil et la reconnaissance que ce pays exprime envers Cuba.
GD
Brésil : Cuba, la dignité qui résiste en blouses blanches
Brasilia, 15 août (Prensa Latina) Au milieu d’un nouvel épisode de tensions géopolitiques marqué aujourd’hui par les sanctions du gouvernement américain, le Président Donald Trump a lancé une double offensive contre le Brésil et Cuba.
Mais au-delà des mesures hostiles, ce qui a émergé, c’est un acte de fermeté politique et de solidarité internationale : le soutien du Président Luiz Inácio Lula da Silva à l’île des Caraïbes et la réaffirmation de l’héritage médical et humaniste de la Révolution cubaine.
C’est ce qu’explique l’analyste José Reinaldo Carvalho dans un commentaire publié vendredi sur le site Brasil 247.
Lula a répondu sans détour à l’offensive contre la plus grande des Antilles : « Il est important qu’ils (les États-Unis) sachent que notre relation avec Cuba est fondée sur le respect d’un peuple victime d’un blocus depuis 70 ans (...) », a-t-il déclaré, selon Brasil 247.
Ses paroles font écho à une histoire vivante de résistance : la médecine cubaine comme drapeau, comme bouclier, comme bras tendu vers le monde. Une tradition qui a trouvé son expression la plus visible et la plus héroïque dans la Brigade Henry Reeve.
Créée en 2005 à l’initiative de Fidel Castro après l’ouragan Katrina — lorsque Cuba a proposé plus de 1 500 médecins aux États-Unis, offre qui a été ignorée —, la Brigade Henry Reeve porte le nom d’un jeune Américain qui s’est joint à la lutte pour l’indépendance cubaine.
Une ironie historique qui souligne le contraste entre l’hostilité de Washington et la gratitude des peuples.
Depuis la première mission médicale en Algérie en 1963, Cuba a été présente dans les moments les plus difficiles : le choléra en Haïti, Ebola en Afrique, la pandémie de Covid-19.
Actuellement, plus de 60 pays sur quatre continents bénéficient d’une présence médicale cubaine. En Amérique latine, en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient, l’« armée en blouse blanche » se déploie non pas avec des armes, mais avec des stéthoscopes, des antibiotiques et des vaccins.
Le contraste est douloureux. Au Brésil, où le programme Más Médicos a permis depuis 2013 d’apporter des soins primaires à des millions de personnes dans les banlieues et les zones rurales, les médecins cubains ont été la cible d’attaques idéologiques. Sous le gouvernement de Jair Bolsonaro, l’initiative a été démantelée, puis reprise par Lula.
Pour Carvalho, la coopération médicale cubaine est une expression concrète d’altruisme. La philosophie « des médecins, pas des bombes » est devenue une marque distinctive de Cuba et est reconnue comme un patrimoine moral de la diplomatie mondiale et un exemple lumineux de solidarité en ces temps sombres.
Selon les propos de l’analyste, repris par Brasil 247, le message est clair : « En envoyant des médecins dans des endroits où peu de gens veulent ou peuvent aller, Cuba réaffirme l’idée que les soins médicaux sont un droit et un acte d’humanité ». Une leçon que le monde a peut-être encore besoin d’apprendre.
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