Construire une nouveau modèle de presse

L’Union des écrivains et Artistes de Cuba (Uneac) a organisé le soir du 12 février dernier, dans le cadre de son espace de débat au nom évocateur Faisons avancer les Escargots, un échange sur la nécessaire évolution des médias vers une plus grande interaction avec le public, dont le site Cuba periodistas a offert un résumé. Pascale HEBERT

Ricardo Ronquillo : construire un nouveau modèle de presse est une nécessité

Article de Cuba periodistas, 13 février 2020, traduit par Pascale Hébert

C’est aux émissions de débat dans les organes de presse publics du pays et à la possible incidence des auditoires participants sur la gouvernabilité qu’a été consacrée la première session de l’an 2020 de l’espace Faisons Avancer les Escargots de l’Union des Ecrivains et Artistes de Cuba (Uneac), ce 12 février à la salle Villena de l’organisation.

Photo : Yoandry Avila/ Cubaperiodistas

Animé par la journaliste Soledad Cruz, le groupe était formé de Ricardo Ronquillo, président de l’Union des Journalistes de Cuba (Upec) et membre de l’équipe éditoriale de Parlons Clair de Radio Rebelde, d’Arleen Rodríguez, coordinatrice de la Table Ronde et de Dianet Doimeadios, sous-directrice de Cubadebate.

Soledad Cruz. Photo : Yoandry Avila/Cubaperiodistas

Une première question ̶ Dans quelle mesure le reflet dans les médias de ce que les gens écrivent, signalent et qui constitue un motif de plaintes est-il pris en compte par les décideurs politiques ? ̶ formulée par Soledad Cruz, a ouvert le dialogue de cette session de soirée.

Dianet Doimeadios. Photo : Yoandry Avila/Cubaperiodistas.

Dianet Doimeadios a dit que, précisément, les commentaires des internautes constituent la plus grande force de Cubadebate. « Nous en modérons autour de mille quotidiennement, bien qu’il y ait des sujets qui, par leur sensibilité et leur impact sur la vie de la nation, en génèrent le double. Les statistiques internes du site nous indiquent qu’il y a des articles où le plus lu ce sont les opinions des lecteurs, à cause du riche débat qu’elles suscitent ».

De même, elle a exposé que toutes les opinions sont recueillies, analysées et remises aux organismes pertinents et au bureau de la Présidence de la République. Et elle a ajouté que les plaintes reçues qui ne sont pas publiées sont traitées avec les autorités liées aux différents scénarios.

Arleen Rodriguez. Photo : Yoandry Avila/Cubaperiodistas

En se référant aux dynamiques de la Table Ronde, Arleen Rodríguez Derivet a dit qu’elles étaient nées de la volonté de Fidel d’expliquer aux gens en profondeur certains évènements d’actualité : « ce qu’il y a derrière une nouvelle et derrière un gros titre déterminé ».

A propos des forums-débats qui accompagnent des thématiques qui revêtent un intérêt particulier dans l’opinion publique nationale, elle a fait observer qu’ils étaient nés comme une espèce de contrepoids à la comparution de fonctionnaires publics. La coordinatrice de la Table, a également indiqué qu’amener les représentants des institutions de l’Etat et du Gouvernement à interagir sur les réseaux sociaux avec les auditoires et à comparaître dans l’espace télévisé (que la source puisse faire face) ont constitué des tâches ardues pour cette équipe de travail.

Ricardo Ronquillo. Photo : Yoandry Avila/Cubaperiodistas.

Quant à Parlons Clair, espace d’opinion et de débat radiophonique basé sur les lettres que reçoit la station Radio Rebelde, Ricardo Ronquillo a expliqué que la grande limitation qu’a cette émission c’est qu’elle se trouve coupée des cycles éditoriaux du journalisme moderne, car elle est encore ancrée dans l’ère analogique.

Le Président de l’Upec a souligné, en outre, qu’auparavant la participation des publics à l’agenda des medias était vue comme une option, mais qu’aujourd’hui c’est un impératif si l’on plaide pour la survie des médias.

« Le saut dans les nouvelles technologies fournit ce que de nombreux théoriciens de la communication appellent un changement anthropologique. Les personnes ne reçoivent plus désormais mimétiquement un contenu : elles reçoivent et produisent comme des « prosommateurs ». L’organe de presse qui ne s’adaptera pas à cette nouvelle réalité est condamné à disparaître ».

De même, il a insisté sur le fait que dans la contemporanéité, la survie des médias et leur hégémonie dans l’intérêt des publics vont être étroitement liés à la construction de l’agenda public.

« Tout au long de la Révolution, nous avons conservé un modèle de presse trop vertical et d’une très haute dépendance institutionnelle. Il a fonctionné à un moment donné, mais aujourd’hui, il ne répond pas aux présupposés actuels de la communication ; c’est pourquoi construire un nouveau modèle de presse n’est pas une option mais une nécessité ».

Photo : Yoandry Avila/Cubaperiodistas.

« Pour que notre société puisse affronter les énormes défis qu’elle a à relever dans l’édification du projet de pays que nous nous sommes proposés et pour qu’elle trouve dans les circonstances du monde d’aujourd’hui les consensus nécessaires, le modèle de communication doit répondre aux mécanismes de contrôle populaire ».

https://www.cubaperiodistas.cu/index.php/2020/02/ricardo-ronquillo-construir-un-nuevo-modelo- de- prensa-es -una-necesidad/