Cuba : L’ambassadeur de l’Union Européenne et la guillotine démocratique

Un intéressant article qui montre l’attitude de l’Union européenne vis à vis de Cuba...et qui réprimande son Ambassadeur dans la Grande Ile pour avoir demandé avec 800 autres personnes, au Président des Etats-Unis, qu’il adopte ce que lui demande l’assemblée des Nations Unis, depuis des années, c’est à dire la fin de l’infame blocus.

Article traduit par Françoise Lopez et publié sur le site : http://bolivarinfos.over-blog.com. Merci à elle.
RG

Qu’arrivera-t-il à un chanteur cubain s’il dit que son pays n’est pas une dictature, s’il fait l’éloge de la coopération médicale de Cuba ou s’il salue le président Díaz-Canel ? A Miami, on annule ses concerts et on essaie de détruire sa carrière. Pour éviter la guillotine, le chanteur niera tout et commencera à vociférer contre le Gouvernement cubain en implorant le pardon de la mafia.

Qu’arrivera-t-il à un ambassadeur de l’Union Européenne à Cuba , Alberto Navarro, s’il lui arrive de signer avec 800 personnes une lettre demandant à Joe Biden de mettre fin au blocus de l’Ile ? On organise un scandale politique et médiatique et on demande la fin de sa carrière politique. Pour éviter la guillotine, l’ambassadeur est « dûment réprimandé », fait des excuses et déclare que cette lettre était « une mauvaise décision politique » et « une erreur. » C’est à dire que c’est une erreur de demander au chef de l’Empire de respecter les 28 résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies qui font la même demande.

C’est ça le liberté politique qu’on réclame à Cuba : la liberté d’obéir sans rechigner à ceux qui dominent le monde.

Nous allons voir comment a fonctionné la machinerie qui a fait pression sur l’ambassadeur Navarro. L’extrême-droite cubano-américaine et la « dissidence » interne donnent l’alarme. Leurs alliés, les droites du Parlement Européen, signent une lettre de protestation adressée à Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne. Les grands médias seront les collaborateurs nécessaires à cette stratégie de pression : « Ils demandent que l’ambassadeur soit renvoyé », « Plus de députés européens exigent que Borrell renvoie l’ambassadeur, « Les pressions augmentent pour que Borrell destitue l’ambassadeur, » … sont des titres des médias de ce moment-là.

Alors que la protestation de la droite s’amplifie, une autre lettre, signée par des groupes de gauche en soutien à Navarro, est à peine mentionnée dans les médias qui en appellent comme soi-)disant « experts » à des entités comme l’Observatoire Cubain des Droits de l’Homme qui a son siège à Madrid et propose « une reformulation des relations entre la bloc européen et La Habana. »

Et savez-vous ce que cela veut dire, sachant que cet Observatoire touche 370 000 $ par an du Gouvernement des Etats-Unis ? Cela signifie que l’actuel Accord de Coopération et de Dialogue Politique Union Européenne-Cuba doit être détruit pour revenir au régime de sanctions précédent.

Cela signifie aussi arrêter ce qu’on appelle les « rondes de dialogue sur les Droits de l’Homme qui ont eu lieu jusqu’à présent parce que lors de ces sessions comme lors de celles auxquelles Cuba a participé avec le Gouvernement de Barack Obama on aborde les Droits de l’Homme, oui, mais aussi dans l’Union Européenne. Celle-ci exprime ses critiques envers Cuba mais Cuba exige des actes, par exemple, face à la « discrimination raciale, à la xénophobie et aux formes connexes d’intolérance » sur le territoire européen. Cette réciprocité, évidemment, est passés sous silence dans les notes des agences de presse et des médias européens.

Ils gonflent les plaintes de « dissidents » comme Berta Soler, José Daniel Ferrer ou Guillermo Fariñas contre l’ambassadeur Navarro et passent sous silence qui ils sont. Ces dernières années, ils ont comploté aux Etats-Unis en faveur des 242 sanctions imposées par Trump à l’Ile et ils proposent même une intervention militaire contre leur pays.

Mais il y a eu 2 autres éléments qui ont fait éclater le colère de la droite, plus encore que la lettre contre le blocus signée par Navarro. D’abord, sa déclaration disant que « Cuba n’est pas une dictature » puisqu’il « n’y apas de société parfaite » et que d’Europe, « nous ne voulons pas donner de leçons au reste du monde. » Il reconnaissait ainsi qu’imposer des modèles politiques est un acte de colonisation indéfendable. Un gros péché, snas doute.

Il avait fait ces déclarations à Cubanet qui, loin d’être un « lédia indépendant cubain » comme nous l’avons lu dans la presse, est un site financé par la Maison Blanche à hauteur de 225 000 $ par an et qui osutient le blocus de l’île.

L’ambassadeur Navarro a aussi dépassé une autre ligne rouge : il a fait l’éloge de la coopération médicale cubaine en Europe contra le coronavirus : « Quand la pandémie sera passée, l’une de ses traces qui va rester sera cet exemple de solidarité que Cuba a donné, » a-t-il affirmé. Un message qui a porté un coup, sans doute, à la campagne de discrédit contre les missions médicales cubaines qui les associe à un soi-disant « négoce » de La Havane. 

Il y a quelques jours, le haut représentant de l’Europe Josep Borrell parlait de la Bolivie. Il qualifiait « d’événement inquiétant » l’arrestation de ceux qui ont dirigé le coup d’Etat de 2019 et exigeait « une procédure judiciaire transparente et sans pressions politiques. »

L’Union Européenne, rappelons-le, a reconnu ce Gouvernement putschiste dont la répression a fait 37 morts. Un enseignement démocratique de l’Union Européenne de plus pour l’Amérique Latine.

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/03/19/cuba-el-embajador-europeo-y-la-guillotina-democratica-video/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/03/cuba-l-ambassadeur-de-l-union-europeenne-et-la-guillotine-democratique.html