« Cuba n’est pas une menace » manifestation de soutien à Cuba à Rome

"Si Cuba représente une menace, c’est une menace morale, de par son indépendance et l’exemple qu’elle donne à tous les peuples du monde. Cuba effraie ceux qui prônent une société fermée qui, pour défendre les privilèges d’une poignée de nantis, n’hésite pas à recourir à la discrimination et au racisme." Ces mots proviennent du texte introductif de l’appel à une manifestation en solidarité avec Cuba qui a eu lieu le samedi 11 avril à Rome.
Organisée par l’Association nationale d’amitié Italie-Cuba (Anaic) et la Fondation Gianni Miná, cette manifestation avait pour slogan « Cuba n’est pas une menace » et a rassemblé plusieurs organisations politiques, sociales, syndicales et de jeunesse qui ont participé à cette initiative.
UNE INITIATIVE DE SOLIDARITÉ
Depuis l’intensification du blocus et l’enlèvement du président Nicolas Maduro, privant Cuba d’un approvisionnement régulier de carburants, et l’imposition des droits de douane à tout pays fournissant du pétrole à Cuba, l’île des Caraïbes connaît une aggravation de sa situation, déjà très précaire, qui se traduit par des pénuries affectant plusieurs secteurs de l’économie ainsi que tous les aspects de la vie de la population de l’île. C’est dans ce contexte que les peuples et les pays du monde se sont mobilisés pour venir en aide à Cuba et apporter un soutien dans cette période terrible que traverse l’île.
Ainsi, en Italie et dans la poursuite de cette mobilisation de solidarité mondiale, l’Association nationale d’amitié Italie-Cuba (Anaic) et la Fondation Gianni Miná ont préparé l’organisation d’une marche nationale de soutien à Cuba. La veille de la manifestation, le vendredi 10 avril, une réunion des organisateurs s’est tenue au cinéma Nuovo Aquila. Lors de cette réunion, Stefano De Angelis de l’Union des travailleurs de base (USB), membre du comité exécutif national chargé des relations internationales du syndicat, a souligné la grande sensibilité et la préoccupation des travailleurs italiens concernant la situation que traverse l’île. Il a rappelé que de nombreux médecins cubains soutiennent aujourd’hui le système de santé publique en Calabre, démontrant ainsi, selon lui, que « Cuba représente un modèle différent et plus juste ». De son côté, Nicoletta Grieco, de la Confédération générale des travailleurs italiens (CGIL), a présenté l’initiative « Énergie pour la vie », promue par son syndicat en collaboration avec Anaic, l’ANCI (Association nationale des promoteurs sociaux) et l’Association nationale des partisans italiens. Il a indiqué que cette mobilisation a déjà permis de récolter 270 000 euros, qui serviront à acheter des panneaux solaires et des batteries, afin de garantir une plus grande autonomie énergétique dans les hôpitaux, les écoles, les usines et les centres culturels cubains.
La réunion, qui a duré deux heures, s’est déroulée en présence de l’ambassadeur cubain en Italie, Jorge Luis Cepero. Ce dernier a exprimé ses remerciements pour cette mobilisation et a souligné la justesse de son slogan, tout en rappelant que, malgré ce constat, l’île reste menacée par une agression militaire et qu’elle ne doit pas « baisser la garde ». Plusieurs autres organisations politiques ont participé à cette réunion, parmi lesquelles Pouvoir au peuple, le Réseau des communistes, le Mouvement Cinq Étoiles (M5S), et des organisations de jeunesse telles que l’Opposition étudiante alternative (OSA) et Cambiare Rotta.
APPEL NATIONAL
Pour faire de cette marche un succès et mobiliser le plus largement possible les Italiennes et les Italiens, les organisateurs ont diffusé un appel national.
"Cuba fait face à une agression sans précédent ces dernières semaines. Comme si 65 ans de blocus économique, commercial et financier ne suffisaient pas, le président américain a signé un décret déclarant Cuba « menace inhabituelle et extraordinaire » pour la sécurité des États-Unis, ce qui servira de prétexte pour imposer de lourdes sanctions (droits de douane) à tout pays osant exporter du pétrole vers l’île. Cette mesure vise à paralyser complètement l’économie cubaine, à affamer la population et à rendre impossible toute activité économique, assistance ou service. C’est une mesure grotesque pour une nation qui possède l’armement le plus sophistiqué au monde, avec des milliers de missiles nucléaires déployés sur des centaines de bases militaires à travers le globe. Par cette mesure, un président manifestement confronté à des difficultés dans son propre pays, tente de détourner l’attention des maux profonds de la société américaine (l’inefficacité flagrante des mesures économiques, les inégalités sociales croissantes et les actions violentes, racistes et discriminatoires des milices anti-immigrés). Si Cuba représente une menace, c’est une menace morale, de par son indépendance et l’exemple qu’elle donne à tous les peuples du monde. Cuba effraie ceux qui prônent une société fermée qui, pour défendre les privilèges d’une poignée de nantis, n’hésite pas à recourir à la discrimination et au racisme. Ses innombrables actes de solidarité, qui ont profité à des pays et des peuples sur tous les continents, témoignent d’une éthique bien supérieure à celle de ceux qui gouvernent les États-Unis. C’est pourquoi la menace brutale de Trump a suscité une vague d’indignation, y compris de la part de ceux qui défendent des positions différentes de celles du gouvernement cubain, comme la ferme position de l’Église cubaine et les préoccupations exprimées par le pape Léon XIV lui-même. Pendant les mois où la Covid-19 a semé la désolation, Cuba nous a soutenus, envoyant deux brigades sanitaires à Crema et à Turin. Aujourd’hui, face aux mesures génocidaires et néocoloniales du gouvernement américain, elle a besoin de notre soutien et de notre solidarité. C’est pourquoi nous lançons un appel aux forces sociales, politiques et syndicales qui ont à cœur les principes de la démocratie et de l’autodétermination des peuples, afin qu’elles organisent une manifestation nationale contre un blocus économique de plus en plus brutal qui vise à rendre la vie impossible à 10 millions de personnes, dans le but de détruire une expérience qui constitue encore aujourd’hui un exemple et un espoir pour de nombreux peuples. ».
Cet appel a recueilli de nombreux signataires parmi lesquels des personnalités du monde universitaire comme Grazia Tuzi, Maddalena Cannito et Filippo Barbera, du cinéma avec Moni Ovadia, Elio Germano et Jasmine Trinca, et du journalisme Angelo D’Orsi et Ettore De Lorenzo. Luigi De Magistris, ancien maire de Naples, et Carolina Morace, député Européenne figurent également parmi les premiers signataires.
LA MARCHE NATIONALE DE SOUTIEN A CUBA
Le lendemain, le samedi 11 avril, la manifestation de soutien envers Cuba a démarré dans la ville de Rome à 15h00 au Colisée et est arrivée à la Porta San Paolo. Elle a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Des banderoles, drapeaux cubains et italiens, chants et slogans contre le blocus américain ont rythmé ce cortège intergénérationnel et intersyndical. Les ouvriers, étudiants, représentants d’associations de solidarité et militants politiques ont marché ensemble, réaffirmant que « l’espoir d’un monde meilleur » ne se laisse pas étouffer par les sanctions. Au terme du parcours, les interventions des organisateurs ont rappelé l’urgence de briser l’asphyxie économique imposée à l’île, mais aussi la force de l’internationalisme prolétarien. À Rome comme à La Havane, la lutte continue, Cuba n’est pas seule.
URL : https://www.toscanatoday.it/fr/manifestazione-a-roma-per-liberare-cuba-dal-bloqueo-usa/
URL : https://www.radiogranma.icrt.cu/avanzan-en-italia-preparativos-de-marcha-nacional-en-apoyo-a-cuba/
URL : https://www.reutersconnect.com/item/cuban-solidarity-march-in-rome/dGFnOnJldXRlcnMuY29tLDIwMjY6bmV3c21sX01UMVpVTUEwMDBWR1lPUE0