De nouvelles liaisons aériennes mais un nombre de touristes toujours inférieur aux attentes

Une industrie touristique toujours à la peine malgré de nouvelles liaisons et des nouveaux vols depuis de nombreux pays.
Une nouvelle liaison touristique relie désormais l’aéroport international Frank País García, dans la ville de Holguín, à Francfort-sur-le-Main, en Allemagne, afin d’encourager la venue de visiteurs vers le célèbre pôle nord-est de Cuba et ses stations balnéaires. Le terminal d’ Holguín prévoit d’atteindre environ 60 opérations internationales pendant la haute saison touristique actuelle, l’hiver étant une période clé pour l’économie touristique.
À la liaison avec Francfort s’ajoutent de nouveaux vols en provenance de la République tchèque, des liaisons régulières avec Moscou avec un vol tous les dix jours, alors que les voyages en provenance du Canada, opérés par diverses compagnies aériennes desservant ce marché, sont en augmentation.
Malgré ces nouvelles encourageantes et l’annonce de nouvelles mesures visant à relancer le secteur, l’industrie touristique est toujours à la peine. Au cours des dix premiers mois de 2025, l’île a accueilli 1 477 892 visiteurs internationaux, soit 19,9 % de moins qu’au cours de la même période en 2024, selon les statistiques officielles alors que le mois d’octobre enregistrait le résultat le plus faible de ces quatre dernières années. Cela confirme qu’il sera pratiquement impossible d’atteindre l’objectif du gouvernement qui était de 2,6 millions de visiteurs en 2025 et très difficile de dépasser les 2,2 millions de 2024.
Par pays, le Canada, la Russie et les États-Unis se confirment comme les trois principaux marchés émetteurs de visiteurs en volume, bien que tous trois enregistrent des baisses par rapport à 2024 (moins 36,2 % pour la Russie et moins 18 % pour le Canada par exemple). Parmi les 10 premiers pays d’origine, seuls l’Argentine et la Colombie ont vu leur nombre de touristes augmenter depuis le début de l’année, avec respectivement plus de 8 % et 9 % en termes interannuels.
En conséquence, les hôtels à Cuba ont enregistré un taux d’occupation de 18,9 % au cours des neuf premiers mois de l’année, selon les données de l’Office national des statistiques et de l’information (ONEI), ce qui signifie que quatre chambres sur cinq sont restées vides dans les établissements touristiques entre janvier et septembre.
Dans le même temps, les recettes touristiques ont chuté de 12,1 % alors que le tourisme est essentiel aux plans de relance économique du gouvernement, en raison de sa contribution au produit intérieur brut et des recettes en devises qu’il génère, qui figurent généralement parmi les plus importantes, avec les services professionnels et les transferts de fonds.
Les difficultés que rencontre ce secteur trouvent leur source dans les conséquences du blocus et des campagnes menées par les États-Unis, et les derniers événements (passage de l’ouragan Melissa dans la région orientale, épidémie actuelle de dengue et de chikungunya notamment) tout comme la crise énergétique qui se poursuit sont des facteurs aggravants.
Des témoignages de touristes s’étant rendus très récemment dans l’île confirment que le secteur n’est pas épargné : le manque de combustible affecte le transports des visiteurs, oblige à limiter l’utilisation des groupes électrogènes dans les hôtels lors des coupures de courant ; la qualité du service et de la nourriture laisse à désirer, de nombreux établissements sont fermés, singulièrement dans la Vieille Havane, faute de clients ou de personnel du fait de l’épidémie, etc.
Cubadebate