Depuis plus de 30 ans, L’île a entamé une conversion agroécologique

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À la fin des années 1980, Cuba pratique une agriculture très industrialisée et largement orientée vers l’exportation en direction de l’URSS.
Avec l’effondrement du bloc soviétique au début des années 1990, Cuba perd son principal partenaire commercial et plonge dans une dramatique crise économique, aggravée par le blocus imposé par les États-Unis.
La production alimentaire (en autres) dégringole ; C’est la fameuse « période spéciale » caractérisée par l’urgente nécessité de se nourrir.
Un choc, mais qui a permis l’émergence d’un mouvement tout à fait différent : il a fallu réintroduire de la diversité dans l’agriculture pour avoir plus d’autonomie, moins de dépendance sur les importations de produits chimiques synthétiques.
C’est le développement de l’agroécologie.
Selon les statistiques de 2021, l’agroécologie cubaine produit plus de 70% de l’alimentation du pays, alors qu’elle ne couvre que 25 % des terres agricoles. C’est beaucoup d’agriculture citadine avec plus de 400 000 exploitations agricoles urbaines, qui produisent plus de 1,5 million de tonnes de légumes sans pesticides et sans engrais chimiques.
Aujourd’hui, le durcissement du blocus avec les nouvelles mesures imposées par les États-Unis a de graves répercussions sur l’économie du pays et nuit à la vie quotidienne des familles paysannes et de la population en général.
L’accès limité au pétrole, les coupures d’électricité récurrentes, ainsi que la pénurie de matières premières essentielles à la production agricole et industrielle sont parmi les conséquences les plus graves et les plus évidentes. Une situation très difficile, accentuée par les ravages causés par le récent cyclone Melissa.
C’est dans ce contexte que la IX Rencontre Internationale sur l’Agroécologie, la Souveraineté alimentaire, l’Education nutritionnelle et le Coopérativisme s’est tenue, réunissant 121 représentant·es de 15 pays. La délégation a eu l’occasion de découvrir diverses expériences d’agroécologie menées par des familles paysannes dans leurs exploitations, ainsi que le fonctionnement de différents types de coopératives agricoles, pour mieux comprendre le mouvement agroécologique de paysan à paysan (campesino a campesino) où le paysan est acteur de l’innovation technique et sociale.
L’objectif : parvenir à une agriculture durable qui garantisse la souveraineté et la durabilité alimentaires de l’Ile.

SR

La clôture de la IXe réunion internationale d’agroécologie s’est déroulée à Cuba

La Havane, 22 novembre (Prensa Latina)

La IXe Rencontre Internationale sur l’Agroécologie, la Souveraineté alimentaire, l’Education nutritionnelle et le Coopérativisme s’est achevée le 22 novembre au Palais des Congrès de La Havane, au terme de six journées de séances dans trois provinces de Cuba.

L’événement a été inauguré au Centre Intégré de l’Association Nationale des Petits Agriculteurs, dans la province d’Artemisa, avec la participation de représentants de 15 pays, puis s’est déroulé à La Havane et à Mayabeque.

Des représentants d’Argentine, du Brésil, de Colombie, du Salvador, du Honduras, d’Indonésie, d’Irlande, du Mexique, des Pays-Bas, du Paraguay, du Pérou, de Porto Rico, de la République Dominicaine, du Sri Lanka et d’Uruguay ont débattu de plusieurs thèmes relatifs aux dynamiques agricoles et écologiques tant dans le pays antillais qu’à l’échelle mondiale.

De même, Ils ont eu des échanges avec des producteurs au cours de visites effectuées dans des exploitations agricoles et des coopératives agroalimentaires dans les trois provinces de l’ouest.

La clôture a été suivie de l’enregistrement de l’émission télévisée Palmas y Cañas, avec la participation de tous les intervenants à la IXe Rencontre Internationale sur l’Agroécologie, la Souveraineté alimentaire, l’Education nutritionnelle et le Coopérativisme.

jcm/raj