Des nouvelles de l’atelier d’économie circulaire de la Vieille Havane
Nous avons publié le 14 janvier un article présentant le projet d’économie circulaire « Laboratoire créatif textile ‘Nouveaux points pour une réhabilitation’ » soutenu par le comité des Yvelines de notre association en partenariat avec la fédération du Secours populaire français.
De premières actions se sont déjà concrétisées.

Une première dotation de matériels a été remise en décembre dernier, une deuxième vient de l’être en février. Il s’agit de loupes, de ciseaux, d’aiguilles, d’épingles, de bobines de fils, de laine..., outils nécessaires afin de confectionner les vêtements, tissus, rideaux..., récupérés, pour trouver une seconde vie.
Leur prochaine demande porte sur un vidéo-projecteur, pour les cours, les conférences, qu’ils développent pour les différents publics qu’ils accueillent : scolaires, jeunes, étudiants, adultes, personnes âgées. Celui-ci devrait arriver sur place en avril. Ceci est rendu possible par l’activité du comité, par le partenariat noué avec la fédération des Yvelines du Secours Populaire Français qui s’est montrée particulièrement intéressée par ce projet.
Que des personnes se regroupent quotidiennement pour acquérir de nouveaux savoirs, savoir-faire, est très émulateur dans ces temps particulièrement complexes, cela ouvre des perspectives, c’est aussi un acte de résistance. La dynamique ainsi renforcée appuie cette population, leur montre qu’ils ne sont pas seuls et que dans l’action concrète, ils peuvent trouver des solutions pour améliorer un quotidien, si difficile soit-il.
Nous continuons à suivre au plus près les évolutions, afin de répondre au mieux en fonction des apports que nous pouvons mettre à disposition, afin de favoriser le développement de ces activités. En tant qu’activité sociale de proximité, socio-éducative et socio-culturelle, les retours qui nous sont renvoyés nous incitent à pousser plus loin nos investigations.
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Et le centre a accueilli une exposition d’œuvres de Boris Pérez Vázquez
Installé à la Casa de la Obra Pía dans la Vieille Havane, le centre a accueilli l’exposition « Entre tissus, fils et papiers » de l’artiste, membre de l’Association cubaine des artistes artisans (ACAA). Parmi les présents à l’exposition, la directrice du patrimoine du bureau de l’Historien de La Havane, Gladys Collazo, la directrice du plan directeur, l’architecte Patricia Rodríguez Alomá et des représentants de diverses institutions, des spécialistes, des amis, des collègues et des étudiants.
Les sources d’inspiration de l’artiste sont variées, son œuvre éclectique, puisant dans différentes techniques et s’inscrivant dans une forme de penser et de voir naïve. Il confie que, dès son plus jeune âge, il a toujours ressenti le besoin de déchirer et de composer un monde à son image, créant des croquis aux thèmes divers : motifs de jardins, paysages, où l’on perçoit un univers presque digne des contes de l’enfance.
Artiste autodidacte, Boris Pérez Vázquez a commencé très tôt à développer son savoir-faire textile et à cultiver ses connaissances théoriques, au sein même de sa famille. Après avoir terminé ses études secondaires et professionnelles, il s’est consacré au perfectionnement de ses compétences, de ses connaissances. Les arts du « cavandoli », du macramé, du crochet, de la broderie, de la dentelle à l’aiguille, du patchwork et de la confection de vêtements sont autant de techniques qu’il maîtrise avec une grande dextérité,une habileté et une expertise remarquables.
Les fils et les tissus sont une palette de couleurs qui l’inspire, à peindre avec les textiles ; les chutes de tissu se transforment en œuvres d’art originales aux couleurs vibrantes. Il explique, qu’il utilise la technique du collage dans ses créations vestimentaires : « je vois le vêtement comme un cadre et le corps comme son support, j’expérimente toujours pour obtenir le meilleur résultat visuel ». Ses broderies au point de croix, inspirées des recherches qu’il a menées pour la restauration et la réouverture du « Collège Santa Clara », sont réalisées, à partir d’échantillons confectionnés par les religieuses et leurs élèves.
La transmission du savoir est une constante dans sa carrière professionnelle. Il a participé à divers projets avec l’Office de l’Historien de La Havane (OHCH), notamment à la « Guilde des Brodeuses et Tisserandes de Bélen » et au Centre de développement de l’artisanat « Quitrín », où il a animé des ateliers pour différents groupes d’âge, y compris pour les enfants et les jeunes en situation de handicap. Actuellement, il est assistant d’enseignement à l’Institut supérieur de design de l’Université de La Havane (UH), au sein du cours « Atelier de couture textile ».
Son œuvre a été présentée dans de nombreuses expositions individuelles et collectives et figure dans la décoration d’hôtels et de collections privées. Elle a également été utilisée dans des films, des émissions de télévision et des installations muséales pour les musées municipaux de Quivicán. Ses œuvres les plus récentes sont visibles dans les galeries du musée Casa del Marino et dans l’Aula Magna du Collège Santa Clara, dans le centre historique de « La Habana Vieja ».
L’exposition personnelle « Entre tissus, fils et papiers », a été inaugurée le 7 janvier à la Casa de la Obra Pía, avec comme commissaire René Gutiérrez Mayrata, et conceptrice de la proposition Arianet Valdivia Mesa.




