En politique et en diplomatie, tout ne peut être révélé en temps réel.

L’opinion de René Gonzalez, héros de la République de Cuba

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René González, Héros de la République de Cuba, met une fois de plus en lumière une vérité dérangeante mais nécessaire : en politique et en diplomatie, tout ne peut être révélé en temps réel.

Un article qui nous est adressé depuis La Havane par notre ami Eduardo Canciano.

RG

René Gonzalez appelle à faire confiance à l’expérience de Cuba en matière de processus de négociations avec les Etats-Unis

René Gonzalez rappelle que si les négociations qui ont permis la libération de ses trois camarades et le rétablissement des relations avec les États-Unis avaient été rendues publiques prématurément, elles n’auraient probablement jamais abouti.

Et il a raison ; il existe des processus où le silence protège ce qui est en jeu, il ne le trahit pas. Cela ne signifie pas pour autant discréditer ceux qui ont demandé des informations. Au contraire, René reconnaît que demander des explications est un droit et qu’il est logique que les journalistes, les professionnels des médias et les citoyens souhaitent en savoir plus.

Mais il souligne également une réalité valable dans tous les pays : c’est au gouvernement qu’il incombe, à certains moments, de décider de ce qui peut être rendu public sans compromettre des négociations en cours.

Demander des informations est légitime ; gérer ces informations de manière responsable l’est également.

Quand Trump se met à vanter les mérites de Cuba et des négociations, René González – avec l’autorité de quelqu’un qui sait de quoi il parle – nous rappelle que les fanfaronnades ne sont pas la vérité. Si tout ce qu’il dit était vrai, la loi Helms-Burton serait déjà pleinement appliquée à Cuba, et des personnalités comme Marco Rubio se poseraient en garants de notre destin.

Ce n’est pas le cas. Par conséquent, face au spectacle médiatique, il défend la discrétion de l’État cubain comme un moyen de protéger les intérêts du pays.
René insiste également sur un point essentiel : parfois, le plus important dans une négociation n’est pas ce qui est annoncé devant les caméras, mais ce qui se discute en coulisses.

Des dialogues non déclarés existent bel et bien. Et tout porte à croire que, d’une manière ou d’une autre, la table des négociations entre Cuba et les États-Unis est actuellement utilisée.

Dans ce contexte, son appel est clair : faire confiance à l’expérience accumulée par la Révolution dans ce type de processus, sans pour autant perdre de vue qu’il ne faut jamais baisser sa garde face au gouvernement américain.

De nombreux exemples de pactes trahis, du Venezuela à l’Iran, incitent à la prudence et incitent à ne pas croire aux promesses naïves. Par conséquent, si le moment de négocier arrive, la position de René est ferme et fidèle à 65 ans d’histoire : le dialogue, oui, mais sans renoncer aux principes, sans sujets tabous, et toujours sur la base de l’égalité et du respect mutuel.

Que certains « découvrent » seulement maintenant que Cuba est disposée à négocier en dit plus long sur leur ignorance – ou leur opportunisme – que sur la position réelle du gouvernement cubain, hier comme aujourd’hui.

Et cela laisse même ouverte une possibilité que beaucoup à Washington préfèrent ignorer : même une personnalité comme Trump pourrait un jour comprendre qu’une relation respectueuse et mutuellement avantageuse avec Cuba lui apporte davantage de gains politiques et économiques que de se lancer dans une nouvelle aventure conflictuelle dont nul ne peut prévoir les conséquences sur la politique intérieure américaine.

Telle est la réflexion de René González : négocier, oui, mais avec mémoire, avec dignité et en préservant nos principes.

CubaSouveraine