Face au grondement de la guerre, Cuba continue de choisir la vie. Et ce choix nous concerne tous.

Alors que les conflits se multiplient dans le monde entier et que le langage de la force semble remplacer de plus en plus celui de la diplomatie, un message qui vaut la peine d’être écouté vient de Cuba.
C’est un message de paix, de raison et de défense de la vie face aux tambours de guerre que certains secteurs de l’establishment américain continuent de faire retentir de manière irresponsable sur tout le continent américain.
Article publié par le journal italien "farido rome" (groupe progressiste) que nous avons découvert grâce à la sagacité de Danielle Bleitrach et du blog "Histoire et société" que je remercie. RG
Cuba, le choix de la paix sur la folie de la guerre
Alors que les conflits se multiplient dans le monde entier et que le langage de la force semble remplacer de plus en plus celui de la diplomatie, un message qui vaut la peine d’être écouté vient de Cuba. C’est un message de paix, de raison et de défense de la vie face aux tambours de guerre que certains secteurs de l’establishment américain continuent de faire retentir de manière irresponsable sur tout le continent américain.
Ces derniers jours, trois faits d’une importance politique extraordinaire ont été révélés qui, lus dans leur ensemble, révèlent une réalité très différente de celle propagée par les partisans de l’agression contre l’île socialiste.
Le premier cas concerne un mémorandum adressé au président Donald Trump par un groupe d’anciens responsables des secteurs du renseignement, de la diplomatie et des forces armées américaines. Il ne s’agit pas de militants révolutionnaires ou de sympathisants du gouvernement cubain. Ce sont des personnes qui ont servi dans l’appareil stratégique de Washington et qui connaissent parfaitement les mécanismes de la politique étrangère américaine. Sa conclusion est claire : toute agression contre Cuba serait vouée à l’échec. Parmi les signataires figurent d’anciens analystes de la CIA et d’anciens responsables américains du renseignement et de la diplomatie, qui préconisent de remplacer la logique des menaces par celle du dialogue.
Cette évaluation n’est pas basée sur des motivations idéologiques, mais sur une observation réaliste. Cuba n’est pas un pays prêt à se soumettre. L’histoire de la Révolution montre que le peuple cubain a résisté aux blocages économiques, aux sabotages, aux campagnes de déstabilisation et aux tentatives d’isolement international pendant plus de soixante ans. Envisager d’imposer un changement politique par la force aujourd’hui, c’est ignorer l’histoire et sous-estimer la résilience d’un peuple qui a fait de sa souveraineté une valeur indispensable.
Le deuxième élément est l’appel international de Cuba aux mouvements sociaux, aux organisations pour la paix et à la société civile mondiale. Face à l’escalade des menaces, l’île répond non pas par des mots de haine, mais par un appel à défendre la vie et la paix. Cette position renvoie à la meilleure tradition internationaliste de la Révolution cubaine, toujours opposée aux guerres impérialistes et en faveur de la coopération entre les peuples. L’appel dénonce le danger d’une nouvelle ère d’agression et rappelle à la communauté internationale ses responsabilités.
Le troisième fait, peut-être le plus important d’un point de vue politique, concerne l’opinion publique américaine. Un récent sondage montre que la plupart des électeurs américains rejettent l’idée d’une intervention militaire contre Cuba. Même aux États-Unis, il y a une prise de conscience croissante que la guerre ne mènerait à aucune solution. La plupart des citoyens préfèrent le dialogue, la coopération et la normalisation des relations entre les deux pays.
Ces trois éléments sapent le récit construit par les cercles les plus agressifs de la politique américaine. Il n’y a pas de consensus international pour l’agression contre Cuba. Il n’y a pas non plus de consensus interne aux États-Unis. Même d’anciens représentants de haute autorité de l’appareil de sécurité de Washington mettent en garde contre les risques d’une telle aventure.
Derrière les menaces contre Cuba se cache une crise plus profonde. L’ordre international unipolaire, forgé après la fin de la guerre froide, révèle toutes ses contradictions. De nouveaux acteurs mondiaux émergent, les processus d’intégration régionale se renforcent et la demande d’un monde multipolaire basé sur le respect mutuel entre les nations augmente. Dans ce contexte, Cuba continue de représenter un symbole d’indépendance politique et de résistance à l’hégémonie impériale.
C’est précisément pour cette raison que l’île reste la cible de pressions et d’agressions. Pas pour ce qu’il possède, mais pour ce qu’il représente. Cuba démontre qu’il est possible de défendre la souveraineté nationale, de garantir les droits sociaux fondamentaux et de construire des relations internationales fondées sur la solidarité. Ce témoignage continue d’inquiéter ceux qui veulent un monde totalement subordonné à la logique du marché et du pouvoir militaire.
Aujourd’hui plus que jamais, il est essentiel de relancer la mobilisation internationale pour la paix. La communauté internationale doit rejeter toute insinuation d’agression militaire contre Cuba et exiger la fin du blocus économique, qui continue d’affecter gravement la population civile. La paix ne se construit pas avec des porte-avions, des sanctions ou des menaces. La paix se construit par le dialogue, la coopération et le respect de la souveraineté des peuples.
Les voix qui s’élèvent aujourd’hui des États-Unis, ainsi que l’appel de Cuba et le rejet populaire de la guerre, montrent qu’il existe une autre voie possible : celle de la coexistence pacifique, du droit international et de la solidarité entre les peuples.
Face au grondement de la guerre, Cuba continue de choisir la vie. Et ce choix nous concerne tous.
Luciano Vasapollo
