Journée des étudiants : L’école de l’intérieur

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A l’occasion de la journée des étudiants, l’auteur se rappelle lorsqu’il était étudiant :

On dit que la mémoire a ses propres couloirs, et qu’il suffit d’une odeur, d’une phrase perdue ou du son d’une sonnette imaginaire pour y revenir sans prévenir.

Ce matin, alors que je passais devant un lycée, j’ai entendu le murmure d’une salle de classe en pleine activité. Et c’était comme ouvrir une fenêtre à l’envers : l’écho des chaussures sur le sol ciré, la file précipitée du matin, les voix des professeurs qui nous appelaient par nos noms de famille, le soleil filtrant à travers les stores métalliques. Soudain, sans le vouloir, je suis redevenu étudiant.

Source : Cubadebate

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Image : Générée avec l’intelligence artificielle.

Lors de ce voyage soudain, des scènes semblaient être conservées comme dans un vieux carnet de notes : comme la ruée désordonnée vers la récréation lorsque la cloche sonne, le cahier « Chismografo » que tout le monde voulait lire, l’enseignant qui nous a demandé « deux minutes de silence » que nous n’avons jamais réussi à respecter, l’expérience de chimie qui a fini par éclabousser tout le laboratoire. C’étaient des épisodes minimaux, presque idiots, mais pleins de cette énergie que seule l’adolescence a et qui vous marque sans vous en rendre compte.

Être étudiant à Cuba est un mélange de routine et de découverte, de discipline et de beau désordre.

C’est se lever tôt, même si ça fait mal, c’est courir après le bus avec l’uniforme toujours non ajusté.

C’est recopier ses devoirs à toute vitesse, sentir le tremblement dans les jambes avant un examen qui semblait impossible et l’immense joie quand le « Bon » ou l’« Excellent » arrive à la maison avec l’odeur de la craie.

Mais c’est aussi apprendre à partager, à défendre des idées, à réparer des cahiers avec un morceau de carton, à prendre soin les uns des autres lorsque la vie à l’extérieur devient dure.

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Élèves de l’école secondaire primaire José de la Luz y Caballero. Photo : Abel Padrón Padilla/ Cubadebate (archive).

Cette expérience n’est pas seulement un souvenir personnel, mais un pays entier qui continue de se former chaque matin.

Pour l’année scolaire 2025-2026, environ 1 530 000 élèves ont intégré tous les niveaux d’éducation, de l’école primaire à l’université. Ils remplissent les salles de classe de plus de 10 700 écoles réparties à travers l’île.

À l’intérieur de chacune de ces institutions, les mêmes cycles se répètent année après année, et au centre de ce processus se trouvent les enseignants, qui parviennent à organiser des groupes entiers en pleine pénurie, tout en enseignant qu’être étudiant est bien plus que réussir la note. Eux aussi ils y reviennent chaque 17 novembre.

Ainsi, même si les couleurs de l’uniforme et des sacs à dos lourds sont abandonnées, même si les années s’accumulent en cheveux gris, responsabilités et emplois du temps stricts, on ne cesse jamais d’être étudiant, car apprendre reste un besoin quotidien, une urgence personnelle et une façon de voir le monde.

C’est pourquoi, lorsque la Journée internationale des étudiants arrive, beaucoup d’entre nous ressentent cette douce pointe de nostalgie. Célébrer cette date, c’est, au final, se rappeler que tout Cuba a été, et continue d’être, une grande école où chaque expérience marque, enseigne et transforme.

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L’étudiant. Photo : Abel Padrón Padilla/ Cubadebate (Archives).
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Pionniers de l’école primaire Heroic Guerrilla. Photo : Enrique González (Enro)/ Cubadebate (archive).
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Pionniers de l’école primaire Heroic Guérilla dans la municipalité de Habana del Este. Photo : Enrique González (Enro)/ Cubadebate (archive).