L’OTAN et les guerres actuelles
Cuba donne son point de vue

Cuba n’exprime aucune sympathie envers l’OTAN. C’est logique, de leur point de vue.
Cette organisation est dominée (dirigée ?) par les Etats-Unis, ce n’est un secret pour personne, elle tire les ficelles et intervient directement et militairement sur plusieurs théâtres d’opérations comme « ils » disent ou alimentent les conflits.
De ce fait, Cuba qui subit un blocus infâme de la part des Etats-Unis et qui, dans le même temps, montre sa solidarité avec les peuples du monde dit « tiers » par l’envoi d’enseignants et d’équipes médicales, Cuba ne peut que condamner l’OTAN.
L’analyse donnée dans la chronique publiée par Juventud Rebelde est donc intéressante.
GD
L’OTAN, un sommet à la croisée d’intérêts divergents
Par Juana Carrasco Martin
Publié par Juventud Rebelde le 23 juin 2025
Mardi, la ville néerlandaise de La Haye sera le siège du sommet de l’OTAN. C’est pourquoi, ce dimanche, des centaines de personnes ont manifesté contre le sommet et contre la guerre déclenchée par le cartel Trump-Netanyahu contre l’Iran.
Un point à l’ordre du jour du bloc belliciste : l’augmentation des dépenses militaires de ses pays membres, alors que le conflit en Ukraine se poursuit, que les agressions militaires illégales et injustifiées contre la nation iranienne s’intensifient et que les populations en Europe - et dans le monde entier - veulent vivre en paix. Comme l’a déclaré l’un des manifestants à l’Associated Press : « Alors pourquoi dépenser de l’argent pour la guerre ? ».
Donald Trump a exigé à maintes reprises que les Européens dépensent leurs euros et leurs livres sterling pour acheter de nouveaux armements plus puissants et pour l’entretien des troupes. Il demande aux 32 membres de l’alliance de consacrer 5 % de leur produit intérieur brut (PIB) à ce qu’il appelle la « défense », alors que près d’un tiers d’entre eux n’atteignent même pas les 2 % qu’ils se sont fixés comme objectif actuel.
Ce chiffre donne une idée du débat qui s’annonce sur le sujet, surtout si les chefs d’État réticents à cette augmentation ne reculent pas devant ce qu’ils considèrent comme « déraisonnable et contre-productif ». C’est ce qu’a déclaré l’Espagnol Pedro Sánchez, qui a demandé à Mark Rutte, le tout nouveau secrétaire général de l’OTAN, de trouver une « formule plus souple » ou d’exclure l’Espagne de son application, demandes qui ne peuvent que susciter la colère de son partenaire majeur, celui d’outre-Atlantique, qui se mêle de tout.
Ce lundi, le président français Emmanuel Macron, qui se trouvait en Norvège, a ajouté une autre source d’irritation pour le prétentieux résident de la Maison Blanche : « Les attaques américaines en Iran ne sont pas légales », il doit y avoir une « voie diplomatique ». D’ailleurs, le gars de Washington assure — en se regardant le nombril et en se demandant à quel point son nez pouvait s’allonger — que son « Marteau de minuit » a causé « des dégâts monumentaux » aux installations nucléaires iraniennes. Les autorités de Téhéran ont annoncé qu’ils répondront à cette attaque, seul Téhéran sait quand, et qu’elle aura « des conséquences durables ».
Il n’y a aucune preuve de dommages aussi importants, mais on constate en revanche que le coût pour le budget des États-Unis est considérable, puisque le Pentagone a indiqué que 125 avions avaient participé à cette opération aérienne et maritime, planifiée depuis des mois : sept bombardiers B-2, des avions ravitailleurs, des avions de reconnaissance et des chasseurs de combat ; et qu’ils avaient utilisé 75 bombes (dont des bombes anti-bunker) et des missiles Tomahawk.
On comprend pourquoi Trump veut que les autres pays gaspillent leur argent dans la guerre — pardon — dans la défense.
Dans cette situation compliquée, je dois admettre que l’équipe de Washington est prudente. « Il existe un risque de manifestations contre les citoyens et les intérêts américains à l’étranger. Le département d’État recommande aux citoyens américains du monde entier de redoubler de prudence », tel était le message d’alerte accompagné d’une liste des risques potentiels par pays.
Nous verrons bien ce qui se passera au cours du sommet entre les pays membre de l’OTAN, et je ne pense pas que Trump parvienne à leur causer le « préjudice monumental » de les obliger à accepter de dépenser 5 % de leur PIB, d’autant qu’il s’est discrédité en décidant de s’engager dans une autre guerre, économique celle-là, avec les sanctions contre la Russie, ce qui s’est plutôt retourné contre lui.
Cependant, les gouvernements européens ne veulent pas non plus se mettre à dos le tout-puissant, qui les menace de retirer son argent et son arsenal militaire du Vieux Continent. Ah, Trump, pomme de discorde ! Dans une Europe divisée, mais persuadée de disposer d’une « sécurité » dissuasive si elle développe son arsenal militaire, et qui croit en grande partie qu’il est de sa responsabilité de s’opposer à la Russie.
Tout est en pleine évolution, et le monde est au bord du brasier infernal, presque de tous côtés, alors que les peuples exigent, veulent la paix... mais leurs dirigeants ne les écoutent pas.