La France et Cuba renforcent leurs liens politiques et économiques

Par Waldo Mendiluza, correspondant de Prensa latina en France – décembre 2020

Paris (Prensa latina) – En 2020, les gouvernements de la France et de Cuba ont pris des mesures pour relancer leurs relations politico-diplomatiques, économiques et commerciales au cours d’une année caractérisée par des défis tels que le durcissement du blocus imposé à l’île par les États-Unis et l’impact de la Covid-19.

Des rencontres à haut niveau et la ratification par Paris de son opposition à l’embargo économique, commercial et financier imposé par Washington à La Havane ainsi qu’à sa nature extraterritoriale ont consolidé la nouvelle voie de rapprochement et de coopération tracée par les deux parties en février 2016.

Quant aux relations entre les deux pays, l’année a commencé et s’est achevée avec des actions majeures, parmi lesquelles les dirigeants sont convenus de projets de collaboration et se sont engagés à renforcer les relations bilatérales dans des secteurs comme la santé, les transports, les énergies renouvelables, le tourisme, l’agriculture, l’élevage, l’eau et le développement urbain durable.

Mi-janvier, le vice-premier ministre de Cuba, Ricardo Cabrisas, a été reçu à Paris par le premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, et le secrétaire d’État au Commerce extérieur et au Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, rencontres au cours desquelles les deux parties ont exprimé la volonté de donner un nouvel élan à leurs relations.

Quelques semaines plus tard, fin février, Jean-Baptiste Lemoyne a reçu le ministre des Affaires étrangères de Cuba, Bruno Rodríguez, qui a réaffirmé la priorité élevée que son pays accorde aux liens tissés avec la France, l’un des dix premiers partenaires commerciaux de la plus grande île des Antilles et l’une de ses principales sources de tourisme.

« Nous partageons des objectifs tels que la défense du multilatéralisme, la protection de l’environnement et la lutte contre les conséquences du dérèglement climatique », a précisé Bruno Rodríguez lors d’un bref passage après sa participation au débat de haut niveau de la 43ème session du Conseil des droits humains, à Genève, où il s’est entretenu avec son homologue français, Jean-Yves Le Drian.

Une nouvelle relance des relations s’est déroulée le 4 décembre lors de la 5ème Commission mixte économique et commerciale, un forum organisé au moyen de vidéoconférences à cause des restrictions imposées par la Covid-19.

La réunion a permis d’évaluer les résultats et de donner suite à l’Agenda économique signé au niveau gouvernemental en février 2016 ; les délégations participantes étaient dirigées par le ministre cubain du Commerce extérieur et des Investissements étrangers, Rodrigo Malmierca, et par le ministre français chargé du Commerce extérieur auprès du ministre des Affaires étrangères, Franck Riester.

Les fonctionnaires ont passé en revue les actions développées par secteur et ont ratifié la volonté de continuer à approfondir les relations institutionnelles et de coopération.

Durant le forum en ligne, la progression des activités de l’Agence française du développement dans la nation caribéenne a été reconnu, en particulier son action dans le domaine de la santé, avec le lancement cette année de la réalisation du projet de renforcement des compétences de trois instituts et l’octroi d’un crédit pour la mise au point de vaccins par l’Institut Finlay.

Malmierca et Riester ont également présidé le jour même la 5ème réunion du Comité d’orientation stratégique chargé de la gestion et de la coordination du Fonds de contre-valeur créé dans le cadre de l’accord bilatéral de restructuration de la dette.

Les deux parties ont constaté le bon fonctionnement de ce mécanisme de financement, destiné au développement de projets économiques à Cuba dans l’élevage et l’infrastructure hydraulique ; il sera étendu à la modernisation des établissements de soins et du secteur ferroviaire.

UNE FIN D’ANNÉE ENCOURAGEANTE

En ce qui concerne l’événement par vidéoconférences, le ministre délégué Franck Riester a mis l’accent sur la signature de trois projets d’un montant de 77 millions d’euros pour le développement de secteurs stratégiques de Cuba confrontés au durcissement sans précédent du blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis depuis soixante ans.

« Notre collaboration économique se renforce encore » a-t-il fait remarquer.

Franck Riester a réaffirmé l’opposition de la France à l’embargo de Washington et à sa dimension extraterritoriale qui frappe les entreprises françaises et celles d’autres pays de l’Union européenne.

La France a confirmé ainsi son opposition au blocus par une prise de position reconduite année après année en approuvant, lors de l’Assemblée générale de l’ONU, la résolution prise en faveur de la nécessaire levée du siège unilatéral de l’île, un document fermement entériné depuis 1992 dans l’instance multilatérale.

De son côté, le ministre Malmierca a insisté sur l’importance des commissions mixtes annuelles pour prendre la mesure des avancées et établir les directives futures, et il a salué le travail considérable effectué par La Havane et Paris dans le contexte difficile dû à la pandémie de la Covid-19.

Les hauts fonctionnaires ont confirmé que la 6ème session de la Commission économique et commerciale franco-cubaine se déroulera à Paris au second semestre 2021.

UNE VOLONTÉ DE COOPÉRATION

Dans une année frappée par la pandémie, de nombreux forums et réunions ont été annulés et d’autres réalisés sous forme de vidéoconférences, mais parmi ceux qui ont eu lieu en présence de l’ambassadeur de Cuba, Elio Rodríguez, celui-ci a fait part de la volonté de l’île de resserrer et diversifier avec la France les relations entre les peuples et les gouvernements, sur la base des liens d’amitié traditionnels qui les unissent.

Elio Rodríguez s’est entretenu avec des dirigeants, des parlementaires, des étudiants et des membres d’associations de solidarité envers la nation caribéenne auxquels il a exprimé l’engagement de Cuba dans le multilatéralisme, exposé les répercussions de l’embargo des États-Unis et souligné les potentialités des relations franco-cubaines.

Le diplomate a profité des différentes occasions pour saluer, sur le sol français, la solidarité envers Cuba exprimée sous la forme d’un rejet permanent de l’agressivité de Washington.

Cette solidarité s’est également affirmée avec des campagnes telles celle mise en œuvre fin avril pour demander l’attribution du Prix Nobel de la Paix aux brigades médicales Henry-Reeve et à leurs actions humanitaires et altruistes dans des dizaines de pays frappés, dans les quinze dernières années, par des catastrophes naturelles et des épidémies, ainsi que par le combat contre la Covid-19.