La colonisation culturelle : une autre façon de dominer
Abel Prieto s’exprime

Prensa Latina se fait largement l’écho du convoi « Notre Amérique » vers Cuba. Si le sujet est intéressant, évidemment, nous aurons d’autres occasions d’aborder cette question.
Aujourd’hui, nous choisissons de rapporter un article dans lequel Abel Prieto, intellectuel cubain et ancien ministre de la Culture pendant de nombreuses années, alerte sur la colonisation culturelle, cette autre façon de faire la guerre, de dominer l’autre. Ici en France, nos parents ont connu la tentative d’introduction d’une monnaie « dollar » appelée l’AMGOT. La colonisation était en marche… Il a fallu résister pour s’autodéterminer…
Abel Prieto a raison d’alerter sur ce sujet car ceux qui connaissent Cuba voient bien la forte influence qu’exerce le voisin du nord, l’attrait du mode de vie (au-delà des difficultés quotidiennes), au risque d’y perdre son identité… voire son âme !
GD
L’intellectuel Abel Prieto préside un débat sur la colonisation culturelle
La Havane, le 19 mars (Prensa Latina) – L’intellectuel cubain Abel Prieto a mis en garde aujourd’hui contre les dangers de la colonisation culturelle et de la guerre médiatique en tant qu’instruments de domination impérialiste, lors d’une table ronde organisée par l’Association cubaine pour les Nations unies (ACNU).
Cette initiative en ligne, organisée en collaboration avec l’Alliance des organisations pour l’efficacité du développement en Amérique latine et dans les Caraïbes (AOED-ALyC), a été lancée dans le but d’aborder régulièrement des thèmes d’intérêt politique pour la région.
Lors de la première rencontre, intitulée « La bataille de la gauche contre la colonisation culturelle : un regard depuis Cuba », Prieto a dénoncé la stratégie du gouvernement américain visant à étouffer l’île par le biais d’un blocus économique et d’une campagne impitoyable, où la frontière entre vérité et mensonge s’estompe.
« Ils mentent et justifient leur politique agressive ; ils nous mènent presque à l’effondrement et nous accusent d’être un État défaillant », a-t-il affirmé, estimant que cette matrice de désinformation cherche à manipuler les émotions et les réflexes conditionnés, comme l’avait averti le Commandant en chef, Fidel Castro.
Le président de la Casa de las Américas de Cuba a souligné que la bataille communicationnelle doit s’accompagner d’une lutte décolonisatrice, qui encourage la pensée critique et la capacité de discernement chez les nouvelles générations, face à l’avalanche de contenus culturels et médiatiques idéalisants, principal instrument de domination de l’impérialisme.
« La grande victoire du colonisateur, c’est lorsque le colonisé remercie pour la nourriture empoisonnée », a souligné Prieto.
Dans son intervention, il a rappelé la tenue de la cinquième édition du Colloque international « Patria », du 16 au 18 avril dans cette capitale, consacrée au centenaire de Fidel Castro, au 65e anniversaire de la victoire de Playa Girón et à la proclamation du caractère socialiste de la Révolution cubaine.
L’intellectuel cubain a également mis en avant le programme gouvernemental « Sembrar Ideas, Sembrar Conciencia » (Semer des idées, semer la conscience), lancé par le président Miguel Díaz-Canel pour lutter contre la colonisation culturelle par le biais de l’éducation et de la politique culturelle.
La journée a été animée par Norma Goigochea, présidente de l’Association cubaine pour les Nations Unies, qui a remercié la plateforme OED pour sa solidarité avec Cuba en cette période de durcissement du blocus et de tensions internationales.
Des représentants de l’Association internationale des droits de l’homme et du développement social, du Réseau des intellectuels, artistes et mouvements sociaux pour la défense de l’humanité, de l’Association d’amitié Italie-Cuba, de la Société des écrivains du Paraguay, entre autres organisations, ont participé à cette rencontre virtuelle.
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