La culture, un droit inaliénable

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Le monde de la culture à Cuba n’échappe pas aux conséquences du blocus pétrolier et autres mesures et menaces du président étasunien et de son secrétaire d’État. Comment créer, se produire, jouer, organiser une exposition quand il est si difficile de se déplacer, que les coupures de courant sont interminables, que plusieurs équipements ne peuvent être entretenus, que les prix des matériaux sont au plus haut et, surtout, que les préoccupations du quotidien sont si prégnantes ?

Plusieurs événements importants ont été annulés ou reportés ces derniers mois. Dernier en date, le Festival Isla Verde (Île verte) qui devait tenir sa 4ème édition début juin sur l’île de la jeunesse et qui a été reporté à une date ultérieure si les conditions le permettent.

Cela ne signifie en rien que les activités culturelles sont suspendues, tout au contraire. Mais leur forme change, moins de « gros » événements, plus d’activité dans les quartiers, des horaires différents pour les représentations théâtrales, une économie de moyen.

Visite d’une exposition par une école du quartier au musée Casa de la ObraPia

Comme le déclarait le ministre de la Culture Alpidio Alfonso Grau début février, la vie culturelle, le travail des institutions concernées, les activités de création et de promotion artistique, ainsi que le travail des artistes et des organisations ne vont pas s’arrêter, « nous allons nous rendre dans les communautés, sur les scènes proches des lieux de résidence de nos artistes (...) l’art et la culture sont des droits inaliénables du peuple, qui doivent être défendus et promus même en période de crise ». La culture n’est pas simplement un refuge face aux difficultés économiques ; c’est un outil de transformation sociale, un vecteur de changement et de revendication des droits.

Exemples de ces adaptations, le Festival Isla Verde maintiendra ses activités sur l’Île de la Jeunesse dans le cadre de la Journée mondiale de l’environnement, ainsi que la mise en place d’actions communautaires et d’espaces d’échange axés sur la conscience écologique et le lien entre culture et durabilité.

Le public au Festival Isla Verde 2025

Dans un autre registre le Ballet national a repris ses représentations début mai, « même si les temps sont durs, rien ne nous arrêtera : nous continuerons à danser, car chaque spectacle fait battre un peu le cœur de Cuba », a récemment affirmé la direction du ballet dans un communiqué, ajoutant « nous nous retrouverons pour prouver que l’art est plus fort que n’importe quelle tempête ».

Le BNC, Ballet National de Cuba

Il faut également signaler le travail remarquable du Bureau de l’Historien de la ville de La Havane qui invite durant tout le mois de mai à (re)découvrir le centre historique à travers une programmation qui mêle concerts, expositions, représentations théâtrales, séances de cinéma, visites patrimoniales et activités pour tous les publics.

Réception de « los abuelos » (les grands-parents) au Couvent de Belén pour un échange sur l’Office de l’Historien et ses fondateurs

Comme à l’accoutumée, l’objectif est de dynamiser la ville par la culture et de faire de chaque lieu une expérience unique. Les différents centres culturels (Maison de l’Afrique, Planétarium, Musée de la céramique contemporaine, Musée d’art colonial, Musée des chemins de fer, Musée Napoléon, Musée national numismatique, etc) accueilleront des propositions variées, avec une programmation particulière en direction des personnes âgées et des jeunes et adolescents.
La Maison Victor Hugo n’est pas en reste avec des activités autour du livre, des concerts et une rencontre de collectionneurs cubains d’art français.

À la Maison Victor Hugo pour la Semaine de l’Europe, début mai
« L’arbre aux mille voix », une installation de l’artiste français Daniel Hourdé réalisée dans le cadre de la 15ème Biennale de La Havane (2024-2025) près de la Place d’armes dans la Vieille Havane