La tragédie de Tchernobyl, 30 ans après le programme médical cubain (1ère partie)

Par Roberto Chile et Maribel Acosta Damas – 29 mars 2020 - Cubadebate

Il y a trente ans, un jour comme aujourd’hui, des enfants ukrainiens affectés par l’accident nucléaire de Tchernobyl sont arrivés à Cuba pour y recevoir des soins médicaux. C’est l’une des plus belles pages de solidarité dans le domaine de la santé à Cuba.

Enfants de Tchernobyl à Tarará - Photo : archive de l’équipe médicale

Au petit matin du 26 avril 1986, le quatrième réacteur de la centrale nucléaire de
Tchernobyl a explosé, à deux kilomètres de la ville scientifique de Pripiat. La tragédie a profondément secoué l’Ukraine, la Biélorussie et la Russie. Le nuage radioactif a survolé la totalité de l’Europe et le pèlerinage de centaine de milliers de personnes a commencé. Quelques experts considèrent cette date comme étant l’entrée dans le XXIème siècle.

Mais en même temps, il se passait autre chose qui allait transformer la vie de millions d’êtres humains et qui modifierait à jamais la carte du monde : la chute du Mur de Berlin et la désintégration de l’Union soviétique proclamaient une nouvelle ère.

À Tchernobyl, plus d’une centaine de villages ont été dévastés. La ville prospère qu’avait été Pripiat est devenue le fantôme d’elle-même. Il est encore bouleversant de la voir aujourd’hui. Deux ans après l’accident, les maladies provoquées par la radioactivité ont commencé à apparaître.

Sans ressources pour affronter la tragédie, avec des gouvernements et des systèmes de santé affaiblis, les peuples de l’ex Union soviétique se tournaient vers le monde pour demander une aide qui ne leur est guère parvenue, dérisoire et parcellaire.

Fidel accueillant des enfants de Tchernobyl – Photo : Orlando Cardona / Archive de Granma

Un pays a envoyé des médecins en Ukraine, il a constaté la souffrance et travaillé avec les médecins ukrainiens pour sélectionner les malades les plus atteints, et le 29 mars 1990, à 20 heures 46, est arrivé le premier groupe d’enfants, filles et garçons, en provenance de l’Union soviétique tout entière pour recevoir des soins.

Un homme les a accueillis au pied de la passerelle de l’avion et a tendu la main à chacun, selon ce que raconte Dimitri, l’enfant de Pripiat qui arrivait par ce vol, fils du liquidateur mort à Tchernobyl.

En ce jour de fin mars débutait le plus long programme humanitaire de l’histoire mondiale. Et durant vingt-et-une années consécutives, plus de 26 000 enfants de Russie, de Biélorussie et d’Ukraine ont bénéficié de soins médicaux gratuits à Tarará, une station balnéaire qui avait accueilli des gens riches avant de recevoir les enfants de cette île, puis qui a hébergé avec générosité d’autres enfants, malades physiquement et psychiquement, pour qu’ils puissent y être soignés.

Tous les médicaments et les découvertes scientifiques de cette île ont été mis à leur disposition. L’immense majorité a été guérie.

Aujourd’hui, nous retournons à Tchernobyl, à Pripiat, nous revenons sur les lieux (dans les limites que nous imposent les radiations), nous nous arrêtons devant, nous voyons la souffrance qui persiste ; nous observons là où tout a commencé et nous pensons à ceux qui ont offert un refuge, à ceux qui se sont enfuis et aux sauveteurs, au peuple qui a donné l’accolade, à l’homme de la passerelle de l’avion : Cuba et Fidel.

Boulevard principal de Pripiat, novembre 2019 – Photo : Roberto Chile

Espace de jeux pour les enfants à Pripiat, novembre 2019 – Photo : Roberto Chile

Ville de Pripiat, novembre 2019 – Photo : Roberto Chile

Manège dans l’espace de jeux de Pripiat, novembre 2019 – Photo : Roberto Chile

Le sarcophage qui enferme les radiations du réacteur n° 4, terminé en 2016 – Photo : Roberto Chile

Salle de contrôle du réacteur n° 4 sur le site de Tchernobyl, novembre 2019 – Photo : Roberto Chile

L’équipe des réalisateurs cubains dans la salle du réacteur n° 4, novembre 2019 – Photo : Roberto Chile

À suivre.