Le Jour où Cuba a choisi le socialisme

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Peu avant l’attaque de mercenaires à Playa Giron, attaques pilotées par les Etats-Unis et la CIA pour renverser le nouveau gouvernement cubain, des avions bombardiers étasuniens bombardent des bases aériennes cubaines le 15 avril 1961.

Fidel rassemble une foule dans La Havane pour honorer les victimes, il appelle à la mobilisation de tout le peuple et déclare alors le caractère socialiste de la Révolution.

65 ans après ce jour fondateur, la déclaration du caractère socialiste de la Révolution continue d’être un pilier essentiel de la nation cubaine.

Caractère socialiste de la Révolution 2

Le 16 avril 1961, Cuba se réveilla avec la douleur encore fraîche des bombardements. Mais aussi avec une décision qui marquerait à jamais le cours de la nation.

Quelques heures plus tôt, aux premières heures du 15 avril, des escadrons d’avions B-26 américains, peints d’insignes cubains pour simuler une rébellion interne, attaquaient simultanément les bases aériennes de Ciudad Libertad, San Antonio de los Baños et Santiago de Cuba. Le bilan était de sept morts et de plus de cinquante blessés.

Loin de faire plier le peuple, l’agressivité les a réunis.

Dans l’après-midi du 16 avril, une foule s’est rassemblée à l’angle de la 23e avenue et de la 12e avenue, devant le cimetière Colón dans le quartier du Vedado, pour dire au revoir aux victimes.

C’est alors que le commandant en chef Fidel Castro, devant des milliers d’ouvriers et de paysans armés de fusils levés, prononça les mots qui resteront gravés dans l’histoire de Cuba et d’Amérique latine :

« Ce que les impérialistes ne peuvent pas nous pardonner, c’est que nous sommes ici, ce que les impérialistes ne peuvent pas nous pardonner, c’est la dignité, l’intégrité, le courage, la fermeté idéologique, l’esprit de sacrifice et l’esprit révolutionnaire du peuple cubain. » 

Et immédiatement après, la proclamation définitive :

« C’est la Révolution socialiste et démocratique des humbles, avec les humbles et pour les humbles. Et pour cette Révolution, nous sommes prêts à donner nos vies. »

Au même moment, sous le rugissement de la foule qui répondit « Nous jurons ! » à la question de Fidel, le Jour du milicien naquit également et, symboliquement, le Parti communiste de Cuba comme force unifiée de l’avant-garde révolutionnaire.

Quelques heures plus tard, tôt le matin du 17 avril, environ 1 500 mercenaires de la brigade 2506 débarquèrent à Playa Girón et Playa Larga. En moins de 72 heures, les personnes en uniforme — ouvriers, paysans et miliciens étudiants ainsi que l’armée rebelle — infligèrent à l’impérialisme yankee sa première grande défaite militaire en Amérique latine.

Soixante-cinq ans après ce jour fondateur, la déclaration du caractère socialiste de la Révolution reste un pilier essentiel de la nation cubaine.

Les miliciens d’aujourd’hui, héritiers de ceux qui, en 1961, ont pris le fusil pour défendre leur souveraineté, mènent désormais leurs batailles dans la production, les services et la résistance quotidienne face à un blocus qui ne cesse pas.

Comme Fidel lui-même l’a dit des années plus tard : « Depuis la Baie des Cochons, le socialisme était à jamais cimenté par le sang de nos ouvriers, paysans et étudiants. » Et cette décision, prise à un moment crucial, guide encore aujourd’hui le destin de Cuba.